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Le rôle du diacre en dehors de l’eucharistie

mardi 20 septembre 2011

LIMINAIRE

Le service que les diacres accomplissent au nom du Christ est d’abord celui de la charité. Les diacres, établis dans leur ministère par une ordination, vont à la rencontre de leurs frères, ils sont à l’écoute de leurs attentes, et de leurs besoins matériels et spirituels. Le ministère diaconal, dans l’Eglise, est le signe du Christ « venu pour servir ». Le rôle des diacres dans la liturgie, relié à l’ensemble de leur ministère, manifeste la raison d’être et l’origine de ce service.

Un premier fascicule intitulé « Le rôle des diacres dans l’action liturgique » avait été publié en 1986. Il était le fruit d’une collaboration entre le Comité National du Diaconat et le Centre National de Pastorale Liturgique. Il était consacré à l’Eucharistie et aux assemblées dominicales. Mais la vie liturgique de l’Eglise ne s’arrête pas là et le diacre participe à sa place et selon son ministère à bien d’autres célébrations de la prière officielle de l’Eglise.

La demande avait été plusieurs fois renouvelée d’un nouveau document qui aborderait l’ensemble des autres célébrations. Le travail a été mené à bonne fin dans les mêmes conditions et dans le même esprit de collaboration entre les représentants du Diaconat et de la Pastorale liturgique.

Ce deuxième fascicule traite en particulier du rôle du diacre dans les sacrements de l’initiation chrétienne, lors du mariage et dans la célébration des funérailles. Mais aussi dans la liturgie des Heures et les bénédictions. Les précisions et les orientations qui sont ici proposées pourront être utiles aux diacres, mais aussi aux prêtres et aux autres acteurs de la célébration.

Le livret commence par une introduction qui, à partir d’une enquête systématique, fait une sorte d’état des lieux : quelle est la pratique en France[1] en ce domaine et quelles sont les questions qu’elle suscite ? Cette enquête remonte maintenant à plusieurs années et le diaconat s’est notablement développé depuis, mais les données de base demeurent sans doute à peu près les mêmes.

De plus, il a paru nécessaire de faire précéder les propositions pratiques et détaillées d’une réflexion plus générale sur « le rôle du diacre dans la mission de sanctification de l’Eglise ». De fait, il est essentiel de ne pas rester dans une problématique trop étroite. La vraie question n’est pas : « Qu’est-ce que le diacre a le droit de faire ? » ou « Le diacre a-t-il bien fait tout ce qu’il faut faire ? ». Il s’agit plutôt d’apprécier, dans la conformité aux textes normatifs, ce qui convient en telle circonstance, avec telle assemblée, de discerner ce qui pourra le mieux servir la foi et l’amour en même temps que le témoignage de l’Eglise. La réflexion sur ces sujets doit être le fait non seulement des diacres, mais de l’ensemble des responsables pastoraux et il sera bien utile, plus d’une fois, de prendre l’avis du Conseil pastoral. La conduite à tenir et les décisions à prendre à propos de tel baptême, de telle demande de mariage, par exemple, doivent faire l’objet d’une concertation avec les prêtres de l’équipe pastorale, voire avec l’évêque parfois. Le fait de disposer des mêmes textes et de pouvoir s’y référer favorisera l’échange.

Certes ce chapitre général aurait plus logiquement trouvé sa place au début du premier fascicule. Il faut le dire simplement : nous sommes ici tributaires de l’histoire et des conditions d’élaboration de ce document. Cette situation peut avoir quelques avantages. Nous pouvons déjà proposer des repères assez clairs, mais la redécouverte du diaconat doit encore se poursuivre. La forme modeste de la publication elle-même manifeste que le dossier reste ouvert ... Dans quelques années le contenu des deux fascicules pourra sans doute être mieux harmonisé et repris dans un unique volume.

Mais l’essentiel est que le signe du Christ soit donné et que son service soit accompli.

+ Georges GILSON + Michel MOUTEL

Évêque du Mans Évêque de Nevers

CND CEL.PS


INTRODUCTION

Regard sur la pratique en France

Une consultation avait été réalisée par le Comité National du Diaconat et le Centre National de Pastorale Liturgique, en 1986, auprès des diacres français, afin d’observer quels rôles leur étaient confiés dans les célébrations de baptêmes, mariages, funérailles et bénédictions. Une centaine de réponses, bien réparties dans l’ensemble des régions apostoliques et issues de 53 diocèses, a permis de dégager un certain nombre de tendances et de questions.

Bien évidemment, les appréciations relevées dans cette consultation centrée sur le ministère des diacres laissent entier le rôle fondamental des prêtres dans ces diverses célébrations (cf. les remarques sur la bonne articulation des ministères, pp. 18 ss). Il s’agit ici de faire apparaître les conditions les plus favorables à l’exercice du ministère diaconal et d’attirer l’attention sur les aspects qui demandent un juste discernement.

1. Participation des diacres à diverses célébrations

Les lettres de mission attribuées aux diacres manifestent assez fréquemment « la place discrète mais réelle » que leur ministère doit prendre dans la pastorale sacramentelle et liturgique. Pour la plupart, il s’agit de rappeler les aspects habituels de leur ministère liturgique. Pour certains, un développement en est prévu, dans le sens de la préparation aux sacrements (baptême, mariage), d’un accompagnement des équipes de préparation, d’une animation de la vie de prière des chrétiens d’un quartier ou d’une paroisse, ou encore dans l’accomplissement du service des malades.

En ce qui concerne les sacrements et sacramentaux, les situations les plus fréquentes où les diacres sont appelés à célébrer avec un prêtre sont les mariages et les funérailles, en raison, notamment, du lien fréquent de ces célébrations avec l’eucharistie. Pour les baptêmes, les diacres seront plus souvent en situation de présidence, en l’absence de prêtre. Il peut arriver cependant qu’ils participent, lors de baptêmes groupés, ou encore, lors de

la Veillée pascale, également pour des baptêmes d’enfants en âge scolaire.

Le partage des rôles entre prêtre et diacre demande réflexion. De manière générale, la liturgie de la Parole est souvent confiée au diacre et, en particulier, l’homélie. Des questions peuvent se poser concernant le rapport au ministère de la Parole dans l’assemblée ainsi qu’à la fonction de présidence (cf. ci-dessous, pp. 15 ss).

2. Diacres en situation de présidence liturgique

La situation la plus fréquente de présidence par des diacres est le baptême, cependant elle reste encore limitée. Parmi les diacres ayant répondu à la consultation de 1986, voici les différentes proportions observées :

Y Pour la présidence des baptêmes : 62 % des réponses indiquent moins de 10 baptêmes par an ; 32 % (dont 23 % entre 10 et 30) indiquent plus de 10 baptêmes par an ; 6 %, jamais.

Y Pour la présidence des mariages : 67 %, moins de 10 ; 10,3 %, plus de 10 ; 27,7 %, jamais.

Y Pour la présidence des funérailles : 49 %, moins de 10 ; 15,7 %, plus de 10 ; 35,3 %, jamais.

Les motifs d’une moindre participation des diacres à la célébration’des funérailles, comparativement au baptême ou au mariage, peuvent correspondre, d’une part, à une difficulté de se rendre libres à certaines heures, lorsqu’ils ont une activité professionnelle ; d’autre part, il semble que, dans ce domaine, les chrétiens préfèrent encore assez souvent s’adresser à un prêtre, notamment à cause du souhait que l’eucharistie soit célébrée à cette occasion. On peut noter cette expression : « On craint que cela fasse plus pauvre si l’on ne peut avoir un prêtre ». Toutefois, beaucoup de diacres soulignent qu’ils s’efforcent d’être présents aux obsèques des personnes de leur quartier lorsque c’est possible, même s’ils n’en assurent pas la présidence.

Quant à la célébration des mariages, il apparaît, en certains cas, que les prêtres se montrent plus réticents à confier la présidence à un diacre[2] : « préparation plus délicate », dit un prêtre ; certains diacres pensent que le mariage est mieux perçu avec la présence d’un prêtre.

Les diacres qui assurent le plus grand nombre de célébrations ont en général un ministère étroitement associé aux tâches paroissiales : animation de la commission de préparation aux baptêmes, membre de l’équipe des permanents, permanence assurée une ou deux fois par semaine.

Pour les célébrations de mariages ou de funérailles, le partage semble se faire à peu près pour moitié entre ceux qui reçoivent des demandes, plutôt par relations ou voisinage, et ceux qui les reçoivent par l’intermédiaire des prêtres de la paroisse où ils sont insérés. Dans le cas des funérailles, la présence d’un diacre est également liée au fait qu’il visite les personnes âgées et les malades sur un quartier ou dans un établissement hospitalier. Beaucoup notent qu’à l’occasion des décès, ils assurent la visite de la famille et la veillée auprès du défunt.

En ce qui concerne les demandes provenant de la famille, on peut remarquer que, plus la célébration correspond à un investissement affectif fort, moins les diacres souhaitent y intervenir « en première ligne » (surtout pour le mariage des enfants ou pour des funérailles).

Parmi les avantages évoqués, il faut retenir une meilleure connaissance des personnes permettant de mieux adapter la préparation et la célébration, dans une atmosphère détendue ; un témoignage pour le milieu familial et une occasion de dialogue et de prière ensemble ; la préparation qui donne aux membres de la famille l’occasion de rencontrer d’autres personnes.

Parmi les inconvénients, les diacres soulignent un risque d’éloignement de la communauté locale avec laquelle ils ont généralement souci d’établir le lien ; une difficulté de faire la préparation de ceux qui sont loin ; une crainte de ne pouvoir se situer avec suffisamment de rigueur, surtout pour le mariage.

Dans la plupart des cas, les diacres qui vont présider un baptême en effectuent la préparation, en rencontrant les parents et si possible les parrains et marraines. Parfois, ils réalisent le premier accueil des parents, laissant aux équipes de laïcs ou aux services compétents le soin de poursuivre la préparation. Pour le mariage, un peu plus de 50 des réponses indiquaient une participation à la préparation ; quelques-uns la situaient explicitement en collaboration avec un prêtre ; un certain nombre soulignaient la part prise par leur épouse dans l’accueil et la préparation.


3. Le choix du ministre

Ce sont souvent les circonstances qui conduisent à choisir un diacre plutôt qu’un prêtre, ou alors ce sont les liens qui existent avec les diacres : amitié, insertion sur un quartier, activités associatives, collègues de travail, visite des malades, service paroissial, permanence d’accueil, etc.

Le statut et le mode de vie des diacres apparaissent des éléments déterminants dans l’appréciation des demandeurs de sacrements : proximité humaine et compréhension des situations. Voici quelques expressions relevées à partir de la consultation : « Les rapports sont plus faciles, plus confiants », « les jeunes se sentent plus à l’aise », « il est au travail comme nous », « il a plus d’expérience de la vie familiale, de l’éducation, d’où plus de crédibilité », « il intimide moins », « il est plus proche : partage des joies et des peines, repas pris ensemble ». Certains notent également comme facteur favorable la stabilité des diacres, alors que les prêtres passent...

4. Le cas des bénédictions

La consultation de 1986 fait apparaître que 75 % des diacres ayant répondu ont reçu des demandes de bénédictions, principalement d’objets de piété (médailles, statues, croix, chapelets, etc.) ou encore d’objets domestiques, voire de maisons ou appartements. Quelques-uns ont eu à accomplir des bénédictions prévues dans le cadre des diverses célébrations.

Ce domaine suscite un grand nombre de questions touchant, en particulier, le discernement à opérer par rapport aux demandes. En même temps le ministère des diacres, en raison des caractères rappelés ci-dessous, est sans doute bien adapté pour faire, à l’occasion de ces bénédictions, un lien entre l’existence quotidienne, les habitudes chrétiennes et la foi.

5. Un ministère intégré et intégrateur

Le témoignage des diacres qui ont répondu à la consultation de 1986 permet de mettre en évidence un certain nombre de traits qui caractérisent leur ministère liturgique, en rapport avec la spécificité du diaconat.

« Un ministère du seuil »

Cette expression revient plusieurs fois dans les réponses. En voici quelques témoignages :

Y Ce ministère permet « une, rencontre en vérité de personnes qui apparemment sont loin de l’Eglise mais qui, au fond, portent en elles une soif spirituelle ; à condition d’avoir le temps de les écouter, de partager leur vie, leurs doutes, leurs rancoeurs, leurs espérances... »

Y « Ma mission est de susciter des groupes de chrétiens dans le secteur ... à partir d la préparation, d’inviter ces personnes à s’insérer dans un groupe d’Eglise ».

Y Moment privilégié de rencontre des couples, notamment « non canoniques ». « Par moi, l’Eglise est très proche, très aimante et non rejetée... »

« Un ministère qui crée des liens »

Ce temps de réflexion, de partage, amorcé « au seuil », conduit souvent à d’autres rencontres et permet de « tisser une réalité de quartier ». Des parents, préparés au mariage, reprendront le dialogue pour le baptême de leur enfant. Beaucoup de diacres expriment leur souci d’assurer d’autres étapes après le baptême ou le mariage.

« Une dimension missionnaire »

C’est une préoccupation de la plupart des diacres qui ont répondu. Elle se traduit par l’attention à rencontrer les familles, à partager leurs joies et leurs peines, à les soutenir dans la prière. Elle se réalise aussi dans un partage des rôles, notamment avec les laïcs qui composent les équipes de préparation. Le fait de s’engager dans la préparation des célébrations liées aux grands passages de l’existence rejoint sans doute un aspect caractérisant le ministère des diacres et semble pouvoir tempérer les craintes exprimées devant la perspective d’un diaconat qui serait trop investi « en paroisse ».


1ère Partie

LA DIACONIE LITURGIQUE DES DIACRES

Le fascicule 1 comportait un premier chapitre sur « les fonctions liturgiques des diacres ». Nous invitons les lecteurs à s’y reporter. Cependant, il a paru nécessaire de faire également précéder d’une réflexion plus générale ce deuxième fascicule consacré aux célébrations autres que l’Eucharistie. Au moment de déterminer le rôle du diacre dans la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne, de la réconciliation, du mariage, des bénédictions, etc., il est, en effet, très opportun d’éclairer les questions qui se posent en amont de la célébration elle-même et qu’illustrent les pages d’introduction à ce fascicule, « regard sur la pratique en France ».

Les interrogations les plus fréquentes peuvent se résumer de la façon suivante : des textes officiels décrivent les actions que le diacre est en droit d’accomplir, mais souvent la question se posera de savoir s’il convient que le diacre fasse tout ce qu’il peut faire. La réponse à ce genre d’interrogations devra prendre en compte des éléments d’appréciation fort divers. Ce sont ces éléments que nous proposons ici, en souhaitant que les diacres ne soient pas seuls à opérer cette réflexion : la décision de célébrer ou non tel mariage ou telles funérailles se prendra, la plupart du temps, en concertation avec des prêtres, avec des laïcs, peut-être avec d’autres diacres, voire avec l’évêque. Il est probable aussi que la situation des diocèses, des paroisses ou des groupes, au sein desquels le diacre exerce son ministère liturgique, évoluera encore. La référence aux mêmes textes de base devrait faciliter l’échange et développer les capacités d’adaptation aux réalités nouvelles.

Le texte qui suit rappelle donc les fondements et les diverses formes de la diaconie liturgique des diacres, avec des éléments de discernement pour une juste articulation des rôles. Il a ainsi une portée à la fois théorique et pratique, pour envisager les problèmes spécifiques que peut poser l’accomplissement du ministère diaconal :

Y soit dans des situations où il doit s’articuler avec le ministère presbytéral, voire épiscopal ;

Y soit dans un contexte où il s’exerce en l’absence de prêtre.

I FONDEMENTS ET FORMES DIVERSES

Dans le chapitre consacré à la constitution hiérarchique de l’Église, le concile Vatican II définit ainsi le statut et les fonctions du diacre :

« La grâce sacramentelle donne (aux diacres) la force nécessaire pour servir le peuple de Dieu dans la "diaconie" de la liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l’évêque et son presbyterium. Selon les dispositions prises par l’autorité qualifiée, il appartient au diacre d’administrer solennellement le baptême, de conserver et de distribuer l’Eucharistie, d’assister, au nom de l’Eglise, au mariage et de le bénir, de porter le viatique aux mourants, de donner lecture aux fidèles de la Sainte Écriture, d’instruire et d’exhorter le peuple, de présider au culte et à la prière des fidèles, d’être ministres des sacramentaux, de présider aux rites funèbres et à la sépulture... » (Lumen Gentium, n. 29).

Dans ce texte on peut discerner trois éléments : d’une part la grâce sacramentelle qui confère une aptitude, d’autre part l’énumération d’actions qui concernent toute la mission de sanctification, mais avec une condition placée en incise entre la mention de la grâce sacramentelle et l’énumération des tâches : « selon les dispositions prises par l’autorité qualifiée ». Nous aurons à nous demander, plus loin, si les « dispositions prises par l’autorité qualifiée » sont d’ordre organisationnel ou si elles correspondent à l’idée que le diacre, « ministre ordinaire » du baptême, du mariage, de la prédication, l’est à un titre différent des autres ministres « ordinaires ».

La lettre apostolique Ad pascendum, du 15 août 1972, précise notamment la forme du ministère ecclésial et du lien avec le Christ serviteur que confère la grâce sacramentelle du diaconat :

« Le Concile Vatican II accéda aux souhaits et aux demandes de restauration du diaconat permanent, lorsque le bien des âmes le demanderait, comme ordre intermédiaire entre les degrés supérieurs de la hiérarchie ecclésiastique et le reste du peuple de Dieu, en quelque sorte comme interprète des besoins et des aspirations des communauté chrétiennes, animateur du service ou de la diaconie de l’Eglise auprès des communautés chrétiennes locales, signe ou sacrement du Christ Seigneur lui-même, qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. »

Ce texte exprime donc déjà quelque peu le statut dans lequel se trouve le diacre par rapport à la communauté chrétienne du fait de l’ordination. D’autres documents permettent de préciser la nature, l’étendue et les limites du type de responsabilité que confère l’ordination diaconale à l’égard de la communauté des fidèles.

1. Déploiement et limites du ministère diaconal dans la pastorale liturgique et sacramentelle

Selon l’orientation du Concile Vatican II, reprise par le Code de Droit canonique, la responsabilité diaconale est de type pastoral :

« Le Christ Seigneur, pour assurer au peuple de Dieu des gasteurs et les moyens de sa croissance, a institué dans son Eglise des ministères variés qui tendent au bien de tout le corps. En effet, les ministres qui disposent du pouvoir sacré sont au service de leurs frères... » (Lumen Gentium, n. 18).

« Par le sacrement de l’Ordre, d’institution divine, certains fidèles sont constitués ministres sacrés par le caractère indélébile dont ils sont marqués ; ils sont ainsi consacrés et députés pour être pasteurs du peuple de Dieu, chacun selon son degré, en remplissant en la personne du Christ Chef les fonctions d’enseignement, de sanctification et de gouvernement. » (can. 1008)

Le caractère pastoral de la fonction du diacre est corroboré par l’expression de « ministre ordinaire » qui sert à définir le rôle du diacre à propos des actes liturgiques mentionnés tout spécialement dans le p ssage, cité plus haut, de la Constitution du concile Vatican II sur l’Eglise.

Dans le même sens, le Code de Droit canonique souligne l’importance de l’Ordre conféré au diacre en présentant certaines fonctions comme confiées en quelque sorte équivalemment à l’évêque, au prêtre et au diacre :

« Le ministre ordinaire du baptême est l’évêque, le prêtre et le diacre, restant sauves les dispositions du cano530, 1° » (can. 861 § 1)

« Le ministre de l’exposition du très saint Sacrement et de la bénédiction eucharistique est le prêtre ou le diacre... » (can. 943)

« Parmi les formes de prédication, l’homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même et est réservée au prêtre ou au diacre, tient une place éminente... » (can. 767 § 1)

Cependant, l’exercice, par le diacre, des fonctions auxquelles il est habilité par l’ordination comporte certaines limites. Concrètement, cela se manifeste dans le fait que, dans la plupart des cas, le diacre ne célèbre pas systématiquement les baptêmes, les mariages ou les obsèques : la raison de cet état de fait ne doit pas être cherchée, semble-t-il, dans un manque du côté des diacres, mais dans ce que suggère le canon 861 déjà cité : « Le ministre du baptême est l’évêque, le prêtre et le diacre, restant sauves les dispositions du canon 530, 1° ». Or ce canon stipule que « les fonctions spécialement confiées au curé sont les suivantes : 1. L’administration du baptême... ». Si donc la célébration du baptême, sans être réservée au curé, est assez souvent pratiquée en priorité par lui, c’est parce que, à travers cette célébration, se manifeste le type de lien qui existe entre le curé et les fidèles du fait de la charge pastorale. Un diacre, en effet, ne préside pas à l’édification de l’Eglise locale. C’est précisément la charge du curé.

2. Diaconie liturgique des diacres et fonction de présidence

Les limites qui viennent d’être évoquées touchent précisément le ministère et la fonction de présidence. L’histoire montre, en effet, une permanence du lien instauré entre présidence à l’édification d’une Eglise locale et ministère liturgique de présidence ; en particulier dans les actes majeurs d’agrégation, de réconciliation. Cette extrême convenance ecclésiologique doit être perçue par tous. En conséquence :

a) Lorsqu’un diacre participe à une célébration présidée par un évêque ou un prêtre

Il veillera à laisser à celui qui préside les actions spécifiquement réservées ou liées à la fonction de présidence !

Inversement, celui qui préside veillera à ce que les diacres présents puissent accomplir pleinement les actions liées à leur diaconie liturgique propre, y compris en amont et en aval de la célébration (préparation, accompagnement, etc.).

b) Lorsqu’un diacre est appelé à présider une célébration liturgique, en l’absence de prêtre

Il convient qu’il accomplisse, dans cette situation précise, ce qui revient à la fonction présidentielle et qui est généralement prévu par les livres liturgiques. Il n’accomplira pas les actions strictement réservées au prêtre (dans le cadre de célébrations pénitentielles, par exemple). S’il y a une recherche à faire, c’est sans doute dans le sens d’une valorisation de ce qui est liturgiquement prévu, mais c’est aussi et surtout quant à la question de l’opportunité pastorale d’interventions plus nombreuses des diacres dans ce domaine.



Les rubriques font usage de deux formules dont il faut bien saisir la portée :

« Ce qui revient au diacre »

« Ce qu’un diacre peut faire »

   

Il faut entendre ici :

Certaines rubriques mentionnent : « le diacre peut... »

   

ce qu’un diacre doit accomplir lorsqu’il célèbre ou préside,

cela signifie que la fonction visée « peut » être également accomplie par une autre personne, ministre permanent ou pas, suivant le cas ;

   

notamment en présence d’autres ministres :

soit évêque ou prêtre, d’une part,
soit laïcs, d’autre part.

ou encore, qu’il s’agit d’une action facultative dont il faut apprécier l’opportunité, éventuellement l’omettre ou la remplacer par une autre.

Un bon discernement des différentes situations ne vise pas seulement à préserver une bonne organisation, mais a une portée pédagogique importante, notamment auprès des fidèles. Il permet, en effet, de situer plus clairement la nature des actions et la signification des divers ministères, dans leur juste articulation.

La détermination des tâches du diacre en général et de tel diacre en particulier reste cependant un problème en même temps qu’un chance. Celle-ci réside dans le fait qu’une certaine disponibilité, en fait et en droit, du ministère diaconal constitue une invitation permanente à évaluer les besoins les plus importants auxquels il peut répondre et qui correspondent à sa grâce et à sa mission propre. Lorsque l’Eglise appelle au diaconat, elle s’engage à dessiner jour après jour le visage et la consistance de son diaconat. « Ignorer cette responsabilité, c’est détourner de leur sens des appels authentiques ou bien utiliser le diaconat comme fourre-tout provisoire » (cf. Documents-Episcopat, avril 1980, « Le diaconat dans le ministère de l’Eglise », p. 3).

Les lettres de mission témoignent de prudence, sinon de perplexité :

« Votre ministère liturgique doit trouver sa place, discrète mais réelle. »

« Vous aurez à vous former à la célébration des mariages et, éventuellement, des baptêmes qui vous seront demandés à l’occasion des rencontres de pastorale familiale. »

« Vous examinerez avec les pasteurs et les équipes concernées la manière la plus juste de prendre votre place dans les célébrations liturgiques, en particulier des baptêmes, mariages, funérailles. »

On comprend que, suivant le contexte ecclésial ou social, les façons de réaliser la « place discrète », les « baptêmes éventuellement », la « manière la plus juste » pourront se révéler assez différentes.


3. Diaconie liturgique des diacres dans un ensemble pastoral

La consultation réalisée auprès des diacres français en 1986 révèle une grande attention portée par les diacres, non seulement au moment des célébrations, mais aussi à tout ce qui les précède et les suit. Dans chacun des chapitres suivants, on trouvera un développement de ces divers aspects à partir de l’expérience des diocèses, avec parfois des propositions susceptibles d’aboutir à des responsabilités fort importantes et correspondant à des besoins urgents :

« Pendant toute la durée du catéchuménat, les diacres peuvent travailler en collaboration avec les prêtres et les catéchistes pour assurer une formation adaptée. ».

« Lors de la visite des malades, le diacre apportera son soutien par des paroles de réconfort et une aide fraternelle pour tout ce dont ils ont besoin. »

Sans doute les formes de participation des diacres à la préparation aux sacrements, à la formation des laïcs qui y participent, se préciseront-elles au fur et à mesure que l’expérience s’approfondira...et que le nombre des diacres augmentera.

Ceci est en même temps la marque de la nécessaire ouverture de toute diaconie liturgique sur l’ensemble de l’action pastorale caractérisée, en particulier, par le souci permanent d’éveiller les baptisés à leur rôle actif dans les diverses étapes des célébrations chrétiennes, et par le lien et la proximité avec les plus démunis.

II. ARTICULATION AVEC LES AUTRES ROLES

« Le diaconat aura de l’avenir dans la mesure où il aura pu se situer clairement par rapport aux autres ministères... Tout d’abord cela suppose un rapport assaini avec le presbytérat. Que le diaconat ne soit pas un presbytérat "au petit pied" !... L’autre rapport qu’il conviendra d’éclairer concerne celui du diaconat avec les ministères (non ordonnés)... » (Documents-Episcopat, avril 1980, p. 4)

Pour essayer de faire progresser cette problématique, notre réflexion sur l’articulation du rôle des diacres avec ceux de l’évêque, des prêtres et des laïcs devra intégrer deux éléments, l’un théorique, l’autre pratique.

Le premier sera la reprise et le complément de ce qui a été dit plus haut sur le fondement et la spécificité du rôle du diacre ; le deuxième sera une référence aux expériences en cours avec un appel à poursuivre l’expérimentation.

1. Articulation avec le ministère de l’évêque

C’est dans l’ordination même que se, situe le fondement du lien entre l’évêque et le diacre, entre celui-ci et l’Eglise particulière dans laquelle il est incardiné. Dès lors, c’est l’évêque qui est la référence permanente pour la détermination des fonctions du diacre et, aussi, pour l’articulation de son rôle avec ceux d’un curé, d’un conseil pastoral, des prêtres d’un secteur, des laïcs animateurs d’un mouvement ou d’un secteur d’activité ecclésiale.

Ainsi ce qu’expriment les paroles et gestes du rituel de l’ordination se trouve précisé souvent par l’homélie et ensuite par la lettre de mission :

« Sous l’autorité du responsable diocésain et en accord avec les prêtres, vous assurerez la coordination de la pastorale du baptême, en lien avec les laïcs... »

La nature du lien qui relie le diacre à l’évêque apparaît bien dans cette disposition pratique : « Chaque année, vous me rendrez compte de votre ministère et de votre activité. » De tout cela il découle que la recherche en cours sur une meilleure articulation du rôle du diacre avec celui des prêtres et des laïcs engage au premier chef le ministère épiscopal.

2. Articulation avec le ministère des prêtres

D’ordinaire la nomination ou la lettre de mission posent la base d’une particulation du rôle du diacre avec plusieurs types de prêtres :

« Dans votre secteur de X., vous participerez au travail des prêtres, au conseil pastoral... »

« Dans votre paroisse, n’hésitez pas à animer la prière, à assurer la prédication... »

« Diacre de l’évêque et de l’Église diocésaine, je vous invite à collaborer ... à des mouvements et services tels que Vie Montante, Secours Catholique ... »

« Je vous invite à travailler, en lien étroit et confiant, avec votre évêque et le presbyterium diocésain. »

Ces diverses fonctions ne concernent pas toutes le ministère liturgique du diacre, mais, précisément, l’articulation de ce ministère liturgique avec celui du prêtre engage souvent, en même temps, la mission de gouvernement et la mission d’enseignement et, donc, les situations respectives des prêtres et des diacres à l’égard de ces deux fonctions.

C’est ce que nous avons déjà vérifié en remarquant que si prêtre et diacre sont l’un et l’autre ministres ordinaires pour le baptême ou le mariage, le fait de la charge pastorale donne une priorité au curé (canon 530). C’est donc dans le cadre d’une approche globale qu’on peut appliquer judicieusement les textes qui servaient de référence dans l’établissement d’une bonne articulation des rôles.

Ainsi, le canon 517 peut avoir une incidence liturgique avec les assemblées dominicales en l’absence de prêtre : « Si, à cause de la pénurie de prêtres, l’évêque diocésain croit devoir confier à un diacre ou à une autre personne ... une participation à l’exercice de la charge pastorale d’une paroisse, il constituera un prêtre qui, muni des pouvoirs et facultés du curé, sera le modérateur de la charge pastorale. »

D’autres textes, évoquant l’articulation des fonctions, le font avec les termes assez vagues de « collaboration éventuelle », « communion avec... », « après concertation avec... », etc. Ces expressions constituent sans doute un appel à faire preuve d’imagination.

3. Articulation avec les ministères exercés par des laies

Les laïcs auxquels on pense ici ne sont pas tous ceux qui peuvent bénéficier du service du diacre, mais ceux et celles qui participent à la mission de sanctification de l’Eglise par l’exercice d’une charge ecclésiale définie, comportant une réelle responsabilité et reconnue par l’autorité compétente.

Le problème le plus délicat concerne les fonctions dûment énoncées comme faisant partie de la mission du diacre, mais qu’un fidèle non ordonné peut légitimement et valablement accomplir. C’est le cas, par exemple, des assemblées dominicales en l’absence de prêtre, des funérailles ou du viatique. Les textes officiels confèrent au diacre, pour un certain nombre de cas, une priorité, ou alors c’est l’évêque qui précise : « Dans une assemblée dominicale en l’absence de prêtre, il vous revient de présider » (lettre de mission).

Le problème pastoral de l’articulation des rôles entre diacres et laïcs consiste alors à déterminer les cas où doit s’appliquer la priorité qui revient au ministère ordonné et à faire comprendre les raisons de cettepriorité

Pour l’harmonisation des tâches du diacre avec celles qu’implique l’institution aux ministères du lectorat et de l’acolytat, il est opportun de se référer à la Lettre apostolique Ministeria quaedam, du 15 août 1972. Si celle-ci a été promulguée le même jour que la Lettre apostolique Ad pascendum relative à l’ordre sacré du diaconat, c’est, selon l’intention clairement affirmée du Pape Paul VI, afin de clarifier les rôles respectifs et les interactions qui en résultent :

« Au moment où, allant plus loin, nous promulguons ce même jour la Lettre apostolique Ministeria quaedam, il a paru opportun de fixer des normes précises concernant le diaconat ; nous voulons ainsi que les candidats au diaconat connaissent quels ministères i ls doivent exercer... » (Adpascendum)

Le texte de Ministeria quaedam s’applique d’autant plus nettement au sujet qui nous préoccupe que, dans la pensée du Pape, ce Motu proprio visait, au-delà des ministères de la Parole et de l’Eucharistie, ceux que les Conférences épiscopales désireraient voir instaurer comme, « par exemple, les fonctions de portier, d’exorciste et de catéchiste, et d’autres encore, confiées à ceux qui sont adonnés aux oeuvres caritatives, lorsque ce ministère n’est pas conféré à des diacres. »

Et le Pape ajoute : « Par là, apparaîtra mieux la distinction entre clercs et laïcs, entre ce qui est propre aux clercs et leur est réservé, et ce qui peut être demandé aux laïcs ; ainsi leurs rapports mutuels apparaîtront plus clairement... »

De cela il résulte que le diacre est profondément impliqué dans la recherche qui vise la promotion des ministères et charges ecclésiales qui sont, ou pourraient être, confiés aux laïcs :

« Je vous demande de travailler également à la recherche sur les services et ministères dans l’Eglise, dans un partage responsable des différentes vocations du peuple de Dieu, en lien, bien sûr, avec les responsables et les mouvements »(Lettre de mission).

Note sur le vêtement liturgique

Lors des diverses célébrations, le diacre revêt normalement l’aube avec l’étole, croisée sur la poitrine en partant de l’épaule gauche vers la droite et de la couleur adaptée. Des indications particulières à certaines célébrations sont données à l’occasion de leur description dans le fascicule.

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Dans les perspectives qui viennent d’être rappelées, la diaconie liturgique des diacres, comme en témoignent ceux qui l’exercent, trouve ainsi les voies de son accomplissement, dans la judicieuse et permanente confrontation entre les documents de référence l’expérience concrète des diacres eux-mêmes et les besoins auxquels l’Eglise veut répondre dans l’accomplissement de sa mission au sein du monde d’aujourd’hui.

2ème Partie

ORIENTATIONS CONCERNANT

LES DIVERSES CÉLÉBRATIONS

LES SACREMENTS DE L’INITIATION CHRÉTIENNE

Les indications fournies ci-dessous prennent appui principalement sur

le Missel romain (édition 1978) et sur quatre rituels :

- Rituel de l’initiation chrétienne des adultes (AELF 1974, en cours de réédition), cité RICA.

- Rituel du baptême des enfants en âge de scolarité (Chalet-Tardy 1977, rééd. 1988, 64 pages).

- Rituel du baptême des petits enfants (Mame-Tardy 1984, 172 pages), cité BPE.

-La célébration de la confirmation (Chalet-Tardy 1976, rééd. 1988, 80 pages).

Les diacres sont ministres ordinaires du baptême) comme les évêques et les prêtres. A ce titre, ils sont au service de l’Eglise lors des différentes étapes de l’initiation chrétienne, depuis la première évangélisation et la catéchèse jusqu’à la célébration même des rites, en passant par tout l’accompagnement et le jugement pastoral à exercer envue de l’admission aux sacrements.

Il est possible de distinguer cinq situations liturgiques où les diacres peuvent être amenés à exercer leur ministère :

Y Célébration des différentes étapes de l’initiation chrétienne des adultes.

Y Célébration des sacrements de l’initiation chrétienne pendant la Veillée pascale.

Y Célébration du baptême pendant une eucharistie dominicale.

Y Célébration du baptême en dehors d’une eucharistie.

Y Célébration de la confirmation et de la première eucharistie.

1. Célébration des différentes étapes de l’initiation chrétienne des adultes

Outre sa collaboration à la pastorale précatéchuménale (RICA, n. 11), le diacre est appelé à participer au discernement des candidats pendant la période du catéchuménat (n. 16), à coopérer à la catéchèse dispensée pendant ce temps (nn. 19, 20, 45) ou à l’occasion de la confirmation de baptisés n’ayant pas été catéchisés (n. 297) et à apporter son aide pour les célébrations (n. 47). De façon plus précise, le rituel décrit ainsi les différentes interventions possibles du diacre (sur le sens de « il peut », voir ci-dessus, p. 16) :

Ä Il peut présider l’entrée en catéchuménat (n. 73) ou participer auxsignations de cette célébration d’entrée en catéchuménat (n. 85).

Ä Il est invité à participer aux rencontres des catéchumènes (n. 105).

Ä Il peut présider les célébrations d’exorcismes (nn. 109, 156).

Ä Il peut bénir les catéchumènes (n. 119).

Ä Il peut donner la première onction aux catéchumènes (n. 127).

Ä Il peut participer à la délibération avant l’appel décisif (nn. 135, 137) et présenter les candidats à l’appel décisif (n. 143).

Ä Il peut présider les célébrations de scrutins (n. 158).

Ä Il peut lire l’évangile et appeler les catéchumènes à recevoir le Symbole de la foi et le Notre Père, lors des célébrations de traditions.

Ä Il peut prêter son concours pour l’immersion ou l’ablution lorsque les personnes à baptiser sont nombreuses (n. 222) ; de même pour l’onction avec le saint-chrême (n. 224).

Ä Il remplit son ministère habituel lors de la célébration de la confirmation et de l’eucharistie qui suit (cf. ci-après).

Ä Il peut, en outre, utiliser le rite spécial prévu en cas de danger de mort (n. 280) et, à cette occasion, conférer l’onction postbaptismale avec le saint-chrême (n. 291).

N.B. : Le Rituel du baptême des enfants en âge de scolarité ne fait aucune mention particulière du ministère diaconal. Mais tout ce qui vient d’être dit à propos du rituel des adultes vaut également pour cet âge.

2. Célébration des sacrements de l’initiation chrétienne pendant la Veillée pascale

Après la bénédiction du feu et la préparation du cierge pascal, le diacre prend le cierge, l’élève et chante : « Lumière du Christ ». Puis il prend la tête de la procession et se conforme aux indications données par le Missel romain, en particulier pour les différentes stations.

Après avoir placé le cierge pascal sur son chandelier dans le choeur, le diacre peut l’encenser et, s’il en est capable, après avoir demandé et reçula bénédiction du célébrant, il chante l’Exsultet à l’ambon ou à un pupitre spécial. Au cours de la liturgie de la Parole qui suit, il proclame l’évangile de la manière habituelle.

Si la bénédiction de l’eau peut avoir lieu aux fonts baptismaux, le diacre, portant le cierge pascal, prend la tête de la procession. Pendant la bénédiction de l’eau, il donne le cierge pascal au célébrant au moment voulu et l’aide, si nécessaire, à plonger le cierge dans l’eau.

Si les futurs baptisés sont nombreux, le diacre peut baptiser lui-même et aider le célébrant lors de l’onction avec le saint-chrême ou lors de la confirmation (cf. ci-après, 5).

Pendant la liturgie eucharistique, le diacre fait son service comme d’habitude. Lors de la préparation des dons, il peut recevoir les oblats des mains d’un ou de plusieurs des nouveaux baptisés. Au cours de la prière eucharistique, il veille à ce que soient utilisés les textes propres à la première semaine du Temps pascal (P.E. 1, II, III) et pour les nouveaux baptisés (P.E. II, III, IV). Lors de la communion, il peut présenter le calice aux nouveaux baptisés et à leurs proches. Enfin, il chante ou dit le renvoi, en y ajoutant un double alléluia.

3. Célébration du baptême pendant une eucharistie dominicale

On observe parfois, dans la pratique actuelle, une tendance à répartir les rôles entre le ..prêtre et le diacre, pour manifester la diversité des ministères dans l’Eglise et le fait que le baptême présidé par un diacre n’est pas « un sacrement au rabais ». Cependant, il faut se rappeler que le but de la célébration n’est pas de valoriser le ministère diaconal, mais de situer le b31ptêmecomme sacrement de la foi et comme geste du Seigneur dans son Eglise.

On sera donc attentif à respecter la fonction de présidence qui revient ici au prêtre et à lui réserver la réception de la renonciation à Satan et de la profession de foi, ainsi que le rite baptismal. Sur un plan général, comme la fonction de présidence manifeste de façon privilégiée le lien à l’Eglise, il convient que soient assurées par le prêtre les interventions qui sont directement en rapport avec l’identité chrétienne de l’assemblée (salutation d’entrée, oraisons d’ouverture et de conclusion, bénédiction finale et actions majeures).

Dans la mesure où il aura participé à la préparation ou aux étapes antérieures et en vertu de sa connaissance des baptisés ou de leur famille, le diacre proclamera l’évangile, pourra faire l’homélie, conduire la prière des fidèles, commenter les rites, procéder à certains baptêmes si les baptisés sont nombreux, aider à faire l’onction avec le saint-chrême, présenter le vêtement blanc et remettre le cierge allumé. De même, au cours de la liturgie eucharistique, il accomplira son ministère habituel, en ajoutant ce qui est propre à la messe rituelle du baptême (cf. ci-après, 5).

4. Célébration du baptême en dehors d’une eucharistie

Il faut ici distinguer la situation où prêtre et diacre participent à la même célébration et celle où un diacre préside seul un baptême.

a. Participation au baptême présidé par un prêtre

Les occasions où prêtre et diacre participent ensemble à une célébration de baptême sont le plus souvent situées au cours d’une eucharistie : Veillée pascale, baptêmes groupés, baptêmes d’enfants en âge scolaire, etc. On se reportera donc à ce qui est dit ci-dessus.

Si une telle situation devait se présenter en dehors d’une célébration eucharistique, les éléments de discernement seraient les mêmes, à savoir :

Ä ce qui revient à la fonction de présidence assurée par le prêtre ;

Ä ce qui correspond à la bonne connaissance que le diacre peut avoir des baptisés et de leur famille et qui pourra colorer son éventuelle homélie, la prière universelle, les commentaires des rites, ainsi que la présentation du vêtement blanc et la remise du cierge allumé.

b. Baptême présidé par un diacre

La référence première est ici le rituel, que le diacre utilisera avec les diverses possibilités d’adaptation laissées au discernement du célébrant. Il s’agit alors le plus souvent de baptêmes d’enfants que le diacre préside comme ministre ordinaire (BPE 11) ou à la pastorale desquels il est invité à collaborer (BPE 42).

Il importe de rappeler ici que le diacre peut utiliser le rituel abrégé pour le baptême d’un enfant en danger de mort (BPE 57 et 200-208). De même, il peut présider la célébration d’accueil dans la communauté d’un enfant baptisé en cas d’urgence (BPE 209-227).

NB : Lorsqu’il s’agit de personnes appartenant à sa fami1le (cependant, pas ses propres enfants) ou bien connues de lui, le diacre peut adapter davantage son langage et prévoir une participation appropriée de chacun, en particulier des enfants.

Il est parfois opportun de rappeler à l’assemblée brièvement ce qu’est le ministère des diacres.

L’homélie ,est un moment privilégié ur rejoindre les participants. La réflexion à partir de l’Ecriture peut être particularIsée par la situation de père de famille.

Après le baptême, il convient de garder des liens, de se retrouver à l’occasion de fêtes ou d’anniversaires.

5. Célébration de la confirmation et de la première eucharistie 1

Lors de la confirmation, que celle-ci suive immédiatement le baptême ou en soit détachée, le diacre proclame l’évangile, peut présenter les confirmands à l’évêque ou à son suppléant. Il peut aussi apporter à l’évêque le vase qui contient le saint-chrême.

Au cours de la liturgie eucharistique, en plus de son rôle habituel, le diacre peut recevoir les oblats apportés par les nouveaux baptisés ou confirmés et leur donner la communion au calice ainsi qu’à leurs proches. Il veillera également à ce que le célébrant ou les concélébrants utilisent les textes propres pour les baptisés ou les confirmés dans la prière eucharistique. Si on utilise la prière sur le peuple avant la bénédiction finale, le diacre (ou un autre ministre) peut inviter l’assemblée à s’incliner pour recevoir la bénédiction.

II. LE CULTE DE L’EUCHARISTIE EN DEHORS DE lA MESSE

Les indications de ce chapitre prennent appui sur le Rituel de l’Eucharistie en dehors de la messe (éd. C.L.D. 1983, 110 pages). On y traite de l’exposition de l’Eucharistie et des processions eucharistiques.

Pour la communion en dehors de la messe, nous renvoyons d’une part aux remarques générales formulées ci-dessus, et d’autre part au fascicule 1, qui traite des assemblées dominicales en l’absence de prêtre (chapitre IX). La communion et le viatique portés aux malades seront inclus dans le chapitre des célébrations pour les malades (ci-dessous, pp. 37 ss).

1. Participation à l’exposition et à la bénédiction eucharistiques

Si au cours d’une liturgie, le Saint-Sacrement est exposé et la bénédiction eucharistique donnée, le diacre assiste le célébrant de la manière suivante :

Ä Le diacre va au tabernacle, l’ouvre, fait la génuflexion, prend la custode avec l’hostie consacrée et la met dans l’ostensoir. Puis il porte l’ostensoir à l’autel de l’exposition et l’y dépose. Si lors du transport, il y a un chemin assez long à parcourir, le diacre revêt, pour laprocession, le voile huméral.

Ä Après l’exposition, le diacre assiste le célébrant dans la préparation de l’encens et l’encensement du Saint-Sacrement. Avant la bénédiction, on remet de l’encens et on encense à nouveau. Après l’oraison qui suit le chant ou l’hymne eucharistique, le diacre aide le célébrant debout (les autres participants étant agenouillés) à revêtir le voile huméral.Puis il lui donne l’ostensoir et s’agenouille pour la bénédiction, le caséchéant sur la plus haute marche devant l’autel.

Ä Après la bénédiction, il reprend l’ostensoir des mains du prêtre et remet l’hostie dans le tabernacle. Avant de fermer le tabernacle, il honore le Saint-Sacrement par une génuflexion.

2. Participation à une procession eucharistique

Lors de la procession prévue en la solennité du Corps et du Sang du Christ, ou de toute autre procession eucharistique, sans préjudice pour les directives diocésaines ou les traditions locales, le diacre remplit quatre fonctions :

Ä Il assiste le célébrant lors de l’exposition du Saint-Sacrement, au moment de l’encensement, au Cours de la procession et de la bénédiction.

Ä Il proclame l’évangile aux stations de la procession.

Ä Lors des intercessions, il peut énoncer les demandes et indiquer, si nécessaire, les répons aux participants.

Ä En fin de procession, il rapporte le Saint-Sacrement au tabernacle et l’y dépose.

Remarque sur le vêtement

Lors de l’exposition eucharistique, le ministre, qu’il soit prêtre ou diacre, revêt l’aube ou le surplis et met l’étole blanche. Pour donner la bénédiction à la fin de l’adoration, lorsque l’exposition est faite avec l’ostensoir, le prêtre et le diacre prennent la chape et le voile huméral de couleur blanche ; avec le ciboire, ils peuvent prendre le voile huméral. Selon l’usage, on peut se contenter de l’aube et de l’étole blanche (rituel, n. 92).

3. Présidence de l’exposition du Saint-Sacrement et bénédiction eucharistique

L’adoration du Saint-Sacrement tient une place particulière dans les formes de la vie religieuse des communautés, en dehors de la célébration eucharistique. Alors que l’exposition du Saint-Sacrement peut être confiée à un acolyte, à un assistant à la communion ou à un autre laïc chargé de le faire, la bénédiction du Saint-Sacrement est réservée à l’évêque, au prêtre ou au diacre. Ce dernier en est donc le célébrant ordinaire en dehors de la messe.

Pour l’exposition et la bénédiction, le diacre se tient aux mêmes formes que le prêtre :

Ä Lorsqu’il a vénéré l’autel par une inclinaison profonde ou une génuflexion, il va au tabernacle, l’ouvre, fait une génuflexion, prend le Saint-Sacrement et le place dans l’ostensoir. S’il doit parcourir un chemin assez long pour aller au lieu d’exposition, il porte, pendant la procession, le voile huméral. Les ministres et les fidèles l’accompagnent avec des cierges. Au lieu de l’exposition, il dépose l’ostensoir, met l’encens et encense le Saint-Sacrement. Suit l’adoration.

Ä L’adoration est à proposer de tclle manière que les fidèles puissent accorder toute leur attention au Christ présent, par des chants, des prières et des lectures. Elle doit être réglée en tenant compte des temps liturgiques et, pour s’harmoniser avec la liturgie, en découler d’une certaine manière et y introduire le peuple (rituel, n. 79).

Ä Pour favoriser la prière personnelle, on peut, après les lectures de la sainte Ecriture, faire une courte homélie ou une allocution qui se rapporte au mystère eucharistique. Il est judicieux que les croyants répondent par des chants à la parole de Dieu. On fera silence aux temps et moments appropriés.

Pour de brèves expositions du Saint-Sacrement, il convient avant la bénédiction de réserver un certain temps à la lecture de la parole de Dieu, aux chants, aux prières et à des temps de silence. Une exposition qu’on ferait uniquement pour donner la bénédiction est interdite (rituel, n. 89). Si le Saint-Sacrement est exposé à l’autel pour un temps assez long, on pourra également réciter la prière des Hcures, du moins les Heures les plus importantes (rituel, n. 96).

Pour conclure l’adoration, le diacre fait la génuflexion devant l’autel d’exposition. Pendant qu’on chante une hymne ou un chant eucharistique, il met l’encens et encense le Saint-Sacrement. Ensuite le diacre dit ou chante l’oraison au Saint-Sacrement.

Il est alors seul debout, tandis que les autres participants sont à genoux. Il revêt le voile huméral et, avant de prendre l’ostensoir, fait une génuflexion. Puis il donne la bénédiction en silence dans la mesure où la -coutume locale ne prévoit pas autre chose. Ensuite il reporte le Saint-Sacrement vers le tabernacle et, après avoir déposé le voile huméral, y remet l’Eucharistie.

4. La direction des processions eucharistiques

Une procession du Saint-Sacrement en la solennité du Corps et du Sang du Christ, ou en tout autre jour, selon les coutumes locales, doit en général avoir lieu après une messe, au cours de laquelle on consacre l’hostie à porter en procession.

Dans les communautés où les services dominicaux sont souvent célébrés en l’absence d’un prêtre ou lorsque le prêtre ne peut présider la procession, un diacre peut diriger cette procession si elle a été décidée par l’autorité compétente. Dans ce cas, il s’en tient au même rite qu’utiliserait le prêtre. Si la procession ne suit pas une messe, il est indiqué de faire une liturgie de la Parole ou un salut avec des textes eucharistiques ou une adoration publique plus longue.

III. LES CÉLÉBRATIONS PÉNITENTIELLES

Dans l’Église ancienne

Les témoignages de l’Église ancienne mettent en évidence le rôle des diacres dans les aspects pénitentiels de la liturgie. On peut consulter sur cette question les Constitutions Apostoliques (livre II, 54, 1, in Sources Chrétiennes 320, p. 305 ; livre VIII, 9, in S. C. 336, pp. 163 ss.). Après le renvoi des catéchumènes, le diacre invitait les pénitents à prier et toute l’assemblée avec eux et po r eux ; suivait une prière de l’évêque après laquelle le diacre priait les pénitents de se retirer. Pendant la liturgie eucharistique, le diacre invitait les participants à être en paix avec eux-mêmes et avec les frères.

Le sacramentaire gélasien ancien (compilé à Rome au VIIème siècle) contient un rituel de la pénitence qui est le plus ancien que nous connaissions. Il permet de retrouver certains traits du déroulement de la pénitence antique, en particulier la longue invocation du diacre qui présente à l’évêque les pénitents à réconcilier, le Jeudi Saint[3].

Dans les célébrations communautaires de la Pénitence, selon le rituel

Le rituel a été publié en 1978, aux éditions Chalet-Tardy, sous le titre Célébrer la pénitence et la réconciliation (96 pages, rééd. 1991). Le diacre peut exhorter le peuple à la pénitence dans la confession générale des péchés. Après la proclamation de l’évangile, il pourra faire des suggestions pour l’examen de conscience : « Le prêtre ou un autre ministre, ou un membre de l’assemblée, peut aider les participants par des phrases brèves ou par une prière litanique, en tenant compte de leur situation, de leur âge, etc. » (rituel, n. 116). A la fin de la célébration, le prêtre donne la bénédiction. Après quoi, le diacre peut renvoyer l’assemblée en disant, par exemple : « Allez dans la paix du Christ, témoigner de l’amour de Dieu » R/ « Nous rendons grâce à Dieu » (rituel, n. 150). Lorsqu’il n’y a pas de prêtre disponible, un diacre peut aussi diriger une célébration pénitentielle non sacramentelle, particulièrement dans le temps de l’Avent ou du Carême (rituel, nn. 51-52).


V. LES CÉLÉBRATIONS D’ORDINATION ET D’INSTITUTION

Remarque sur la disposition des diacres

Lors des célébrations d’ordination, il y a souvent un certain nombre de diacres. Normalement, les diacres devraient rester debout, ce qui est le signe de leur rôle de serviteurs. Mais quelques aménagements peuvent être parfois nécessaires. Voici donc ce qu’on peut proposer :

Ä A droite et à gauche de l’évêque, et un peu en arrière, deux diacres se tiennent debout. Les prêtres qui assistent l’évêque sont assis un peu plus loin, de sorte que les diacres aient assez de place pour accomplir leurs fonctions. On pourra leur aménager des sièges dans un coin du sanctuaire, pour les moments où leur présence près de l’évêque n’est pas nécessaire (pendant les lectures, l’homélie, etc.).

Ä Les autres diacres seront placés à un endroit approprié, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas s’asseoir parmi les prêtres, ni en lieu situé entre l’évêque et le presbytérium.

Ä Dans la procession d’entrée, ils marchent avant les prêtres (sauf les qeux qui suivent l’évêque) et l’un d’entre eux porte le livre des Evangiles qu’il placera sur l’autel.

Ä Pour l’ordination d’un prêtre, l’ordinand prend place avec les autres diacres jusqu’au moment où, après son ordination, il est introduit dans le presbytérium.

N.B. : Le rituel a été publié en 1978, aux éditions Desclée-Mame, sous le titre Les Ordinations (124 pages, grand ou moyen format). Une nouvelle édition, à partir de la seconde édition typique parue à Rome le 29 juin 1989, est en préparation : les références sont données à cette édition.

1. Ordination diaconale

Lors de la célébration, un diacre peut faire l’appel des candidats. La demande d’ordination est faite par un prêtre désigné par l’évêque.

Après l’imposition des mains et la prière d’ordination, des diacres et des prêtres revêtent chaque diacre nouvellement ordonné de l’étole, allant de l’épaule gauche vers le côté droit et lui mettent la dalmatique, selon la coutume locale.

Après la remise du livre des Évangiles par l’évêque aux diacres nouvellement ordonnés, les autres diacres présents saluent, après l’évêque, les ordonnés par le baiser de paix, pour exprimer la communauté de ministère qui est celle de leur ordre (rituel, nn. 188 et 211).

Dans la liturgie eucharistique, les nouveaux diacres assurent le service diaconal à l’autel : ils préparent l’autel, portent la communion aux fidèles et principalement font le service de la coupe et proclament les monitions (rituel, nn. 189 et 216).

2. Ordination presbytérale

Lors de l’ordination, un diacre peut faire l’appel des candidats. La demande d’ordination est faite par un prêtre désigné par l’évêque.

Pendant que les nouveaux prêtres sont revêtus de l’étole et de la chasuble, des fidèles apportent les oblats que reçoit un diacre. Un des diacres qui assiste l’évêque prépare à la crédence le calice avec le vin et l’eau pour l’eucharistie, en disant à voix basse la prière « Comme cette eau... » ; puis il apporte à l’évêque le calice en même temps que la patène sur laquelle se trouve le pain pour la célébration eucharistique. Si l’eau et le vin ont déjà été préparés dans le calice, le diacre le donne directement à l’évêque. Celui-ci remet le calice et la patène à chaque nouvel ordonné. Après la tradition de la coupe et de la patène, le diacre les rapporte à la crédence jusqu’à la préparation des offrandes.

3. Ordination d’un évêque

Lors de la célébration de l’ordination d’un évêque, si celui-ci est ordonné dans sa cathédrale, après la salutation au peuple, un des diacres ou un des prêtres concélébrants peut lire les Lettres Apostoliques (rituel, n.36 et Caeremoniale Episcoporum, n. 573). Pendant la liturgie de la Parole, un diacre lit l’évangile. Après l’imposition des mains, le consécrateur principal place le livre des Evangil s ouvert sur la tête de l’ordinand ; puis deux diacres tiennent le livre des Evangiles au-dessus de la tête de l’ordinand jusqu’à la fin de la prière d’ordination (rituel, n. 46).

Lorsque cette prière est achevée, les diacres reprennent le livre des Evangiles. L’un des deux diacres le tient prêt jusqu’à ce qu’il soit remis au nouvel ordonné. Après cette remise du livre, le diacre le rapporte à l’ambon des lectures.

Avant que le livre des Évangiles ait été remis à l’ordonné, un des diacres apporte le vase de saint-chrême à l’évêque consécrateur qui oint la tête de l’ordonné agenouillé devant lui (rituel, n. 49 et Caeremoniale Episcoporum, n. 586).

4. Admission des candidats au diaconat et à la prêtrise

Lors de l’admission des candidats au diaconat ou à la prêtrise, un diacre peut appeler les candidats et proposer les intentions, lors de l’intercession.

5. Institution pour le service de la Parole (Lectorat) ou de la Prière communautaire et de l’Eucharistie (Acolytat)

Un diacre peut faire l’appel des candidats.

VI. LES CÉLÉBRATIONS AVEC LES MALADES ET LES MOURANTS

Le souci des malades est un des rôles importants des diacres, comme le souligne la Lettre apostoliqueAd pascendum : « Le diacre est auprès de l’évêque pour se consacrer à tout le peuple de Dieu et prendre soin des malades et des pauvres » (le texte se réfère à la Tradition Apostolique 39 et 34). La prière d’ordination du diacre l’exprime ainsi :

« Fais croître en lui les vertus évangéliques :
qu’il fasse preuve d’une charité sincère,
prenne soin des malades et des pauvres
et s’efforce de vivre selon l’Esprit... »

Des diacres collaborent avec des équipes de chrétiens, en paroisse ou en aumônerie d’hôpital. Ils veilleront à bien articuler leur ministère avec celui des laïcs et celui des prêtres. Par le ministère reçu lors de l’ordination, il leur revient d’être les artisans de la diaconie, afin que la communauté elle-même témoigne de sa fidélité dynamique au Christ Serviteur.

N.B. : Le rituel pour l’onction et la pastorale des malades a été publié en 1977, aux éditions Chalet-Tardy, sous le titre Sacrements pour les malades. Pastorale et célébrations (128 pages).

1. Visite des malades

Lors de la visite des malades, le diacre apportera son soutien par des paroles de réconfort et une aide fraternelle pour tout ce dont ils ont besoin. Il priera avec eux et les incitera à la prière personnelle ainsi qu’à la prière commune avec leur famille et ceux qui les soignent, lorsque c’est possible (rituel, nn. 19 à 26). Il peut les aider à se préparer à la réception du sacrement de pénitence et de l’eucharistie et éveiller en eux la disposition pour recevoir en temps utile le sacrement des malades et le viatique.

Lors de cette visite, le diacre peut, à partir de textes appropriés, à la manière d’une brève liturgie de la Parole, composer un office de prières, qui doit être préparé par des entretiens fraternels. On peut joindre à la lecture de la Parole une prière prise dans les Psaumes ou d’autres prières ou litanies. Pour terminer, le diacre peut donner la bénédiction au malade (en certains cas, il l’accompagnera d’un geste exprimant la compassion).

2. Communion des malades

« Porter la communion à un malade est un geste de foi et une démarche fraternelle de la communauté eucharistique envers ses membres absents » (rituel, n. 27). Ce même rituel recommande d’offrir aux malades la possibilité de recevoir l’Eucharistie fréquemment, et même tous les jours, surtout au Temps pascal (n. 29). Ceci peut être tout particulièrement une des charges propre aux diacres, comme l’indique la Lettre apostolique Ad pascendum.

Le diacre donnera la communion comme il est prévu dans le rituel (nn. 27 à 45). Il s’informera à temps pour savoir si le malade désire se confesser avant et s’il y a lieu d’en informer un prêtre.

Les malades peuvent communier à n’importe quel moment de la journée. S’ils ne le peuvent plus sous l’espèce du pain, on peut leur donner l’Eucharistie sous l’espèce du vin. Dans les limites du droit, ceux qui entourent les malades peuvent communier en même temps.

3. Participation à l’onction des malades

La participation du diacre lors de la célébration du sacrement de l’onction des malades n’est pas décrite dans le rituel. Cependant, en raison de l’attention que les diacres portent dans leur ministère aux personnes malades, il leur revient notamment de les préparer, lorsque cela paraîtra nécessaire, à la réception de ce sacrement, en lien avec le prêtre responsable et, éventuellement, les équipes de laïcs qui peuvent exercer aussi un ministère d’accompagnement auprès des malades.

Surtout avec les malades qu’il a visités régulièrement, il convient que le, diacre assiste le prêtre pendant l’onction. Il peut lire un texte de l’Ecriture, exprimer les demandes d’intercession, donner de brèves explications au malade et prier avec lui.

Cette participation est également requise dans le cadre de célébrations communautaires de ce sacrement.

N.B. : Seul un prêtre peut être validement ministre de l’onction des malades (cf. canon 1003). Les questions pastorales que cela pose en certaines circonstances ne peuvent entrer dans le cadre du présent fascicule.

4. Le viatique

Le viatique doit, si possible, être donné au cours d’une célébration eucharistique ; de plus, le désir éventuel de la confession fait qu’il est essentiellement confié à un prêtre.

Cependant, en l’absence de prêtre, il appartient au diacre (ou à un autre fidèle désigné à cet effet) de porter le viatique au mourant, de l’accompagner en ces instants, d’assister la famille et de prier avec elle en recommandant le malade à Dieu (rituel, n. 147).

Le diacre donne le viatique dans la forme prescrite pour la communion en dehors de la messe. Comme le sacrement de réconciliation ne peut être célébré, le diacre aide le mourant à se repentir de ses péchés et demande pardon avec lui (rituel, nn. 159-161).


VII. LA CÉLÉBRATION DES FUNÉRAILLES

Le rituel des funérailles ne se limite pas à la célébration à l’église. Il envisage les différents moments d’un véritable accompagnement qui commence avec la prière avec les proches, la veillée à la maison du défunt, s’accomplit avec la fermeture du cercueil, le départ de la maison, la liturgie des funérailles jusqu’à l’inhumation au cimetière (cf. La célébration des obsèques et Prières pour les défunts à la maison et au cimetière, Desclée-Mame 1972).

Que le diacre participe ou qu’il préside en l’absence de prêtre, il devra se situer de la manière la plus adaptée dans ces diverses étapes, en tenant compte des autres ministres et intervenants. Il pourra, en raison de son ministère propre, être particulièrement attentif à ce que l’ensemble de la communauté chrétienne concernée puisse trouver la meilleure façon d’entourer et d’accompagner une famille confrontée à la mort d’un êtrecher.

1. Participation aux funérailles présidées par un prêtre

Lorsqu’un diacre participe à une célébration de funérailles présidée par un prêtre, on observe dans la pratique actuelle que son rôle y demeure plus effacé que pour la célébration d’un baptême ou d’un mariage.

En cette circonstance, le diacre prend part à l’accueil des personnes. Il peut animer la prière et le chant, voire accomplir le rôle de chantre s’il n’y en a pas ce jour-là. Il lit l’évangile. Dans un certain nombre de cas, il peut faire l’homélie lorsque la connaissance qu’il a du déf nt et (ou) de ses proches lui permet de faire entendre la parole de l’Ecriture de la manière la plus adaptée.

Certains donnent la bénédiction finale et parfois réalisent le dernier adieu. Normalement, il convient que bénédiction finale et dernier adieu soient effectués par celui qui préside, ce qui n’exclut pas que quelqu’un d’autre puisse également prendre la parole au cours du dernier adieu, si cela semble opportun.

Plusieurs correspondants, en répondant à la consultation faite en 1986, parlent encore d’« absoutc ». Or, dans le nouveau rituel des funérailles, l’adieu au défunt ou recommandation de celui-ci à Dieu, prend la place de l’ancienne absoute en lui donnant un sens nouveau. La communauté chrétienne salue un de ses membres avant que le corps soit inhumé et rappelle que, comme membres du Christ, ils ne peuvent être séparés. Alors que souvent les prêtres ne peuvent se rendre au cimetière, il apparaît très important qu’un membre de la communauté chrétienne accompagne les familles à l’occasion de cette ultime étape.

2. Présidence des funérailles

Un diacre peut présider la célébration des funérailles. Il suivra les prescriptions du rituel, mais en outre il se conformera aux habitudes et tiendra compte de chaque situation particulière : connaissance du défunt et circonstances de son décès ; composition de la famille et possibilités d’exposition de la foi chrétienne ; cela, notamment dans le choix des lectures et l’homélie.

Celui qui préside doit aussi aider la famille à porter sa souffrance et son deuil en esprit de foi. Il pensera aussi à s’adresser aux participants qui sont éloignés du culte chrétien ou qui n’ont pas la foi chrétienne.

Un soin attentif sera apporté à la bonne compréhension des éléments du rituel : aspects symboliques de certains gestes, sens du passage devant le cercueil, etc.

Une procession au cimetière peut s’achever par une bénédiction de la tombe. Cette démarche rappelle que, depuis les temps les plus anciens, il appartenait aux diacres d’enterrer les morts, comme oeuvre de miséricorde.

Le diacre qui préside les funérailles doit veiller à ce qu’en temps et lieu utiles, une messe de funérailles soit célébrée pour les familles qui le souhaitent ; il y invitera les participants.

VIII. CÉLÉBRATIONS PARTICULIERESDE L’ANNÉE LITURGIQUE

1. Participation aux célébrations

Lorsqu’un évêque ou un prêtre préside la célébration, on se conformera aux indications du Missel romain et du Cérémonial des Évêques (désigné ci-après CE). Voici le rappel de quelques célébrations particulières qui peuvent être confiées à un diacre.

Épiphanie

Après avoir proclamé l’évangile, il peut annoncer les fêtes mobiles de l’année (CE 240).

Présentation du Seigneur (2 février)

Lors de la célébration de la Chandeleur, on procède comme il est prévu dans le Missel. Lorsque le prêtre a béni les cierges que portent les participants et les a aspergés d’eau bénite, un diacre peut inviter la communauté à la procession en disant « Avançons maintenant dans la paix, à la rencontre du Seigneur. »

A l’entrée de la procession dans l’église, le célébrant et le diacre saluent l’autel de la manière habituelle, le cas échéant avec l’encensement. Ils se rendent ensuite au siège. Dans la deuxième forme prévue par le Missel (entrée solennelle), les charges du diacre sont les mêmes que précédemment.

Mercredi des Cendres

Le célébrant bénit les cendres après l’homélie. Un diacre peut imposer en premier les cendres au célébrant en disant l’une des formules prévues par le Missel. Ensuite le diacre reçoit les cendres et peut, avec le célébrant, les imposer aux fidèles (Missel et CE 258). Tout comme le célébrant, après l’imposition, le diacre se lave les mains.

Dimanche des Rameaux

Comme l’indique le Missel, la lecture de l’évangile de l’entrée de Jésus à Jérusalem est faite par un diacre. Après une brève homélie, le diacre donne l’ordre du départ de la procession vers le lieu de la célébration de la messe. Plusieurs diacres peuvent proclamer la Passion, avec éventuellement d’autres lecteurs. Les diacres demandent la bénédiction du célébrant. Le rôle du Christ est tenu, chaque fois que cela est possible, par le prêtre.

Messe chrismale

A l’entrée, les diacres qui interviennent dans la bénédiction des huiles s’avancent vers l’autel en précédant les prêtres concélébrants. Après la prière universelle, les divers ministres désignés pour apporter les huiles vont les chercher au lieu où elles ont été déposées, avec les autres offrandes. L’huile destinée au chrême est apportée en dernier lieu par un diacre (ou plusieurs) qui précède les ministres apportant le pain, le vin et l’eau pour l’Eucharistie (Rituel de la messe chrismale, n. 16 et CE 282). Ce même diacre présente à l’évêque le vase destiné au saint-chrême en disant à haute voix : « Voici l’huile pour le saint-chrême ». L’évêque le reçoit et le donne à l’un des diacres qui l’assistent. Celui-ci va placer le vase sur la table préparée à cet effet. Les diacres qui assistent l’évêque se tiennent derrière lui pendant qu’il bénit les huiles (CE 287).

Jeudi saint (Célébration de la Cène)

Les diacres peuvent aider au lavement des pieds (CE 301). Ils participent à la procession du Saint-Sacrement au reposoir. Un diacre peut aider le prêtre ou l’évêque à prendre le ciboire que le célébrant va recouvrir avec les extrémités du voile huméral (CE 306). Parvenu au reposoir, le diacre reçoit du célébrant le ciboire qu’il dépose sur l’autel ou dans le tabernacle (CE 308).


Vendredi saint (Célébration de la Passion)

Les diacres proclament le récit de la Passion (CE 319). Ils peuvent, à l’ambon, dire les invitatoires précédant les intentions de la prière universelle (CE 320 -Missel romain au Vendredi saint, n. 10).

Un diacre, accompagné de deux porteurs de cierges, peut apporter la croix qui sera présentée à la vénération. Il peut aussi chanter l’invitation : « Voici le bois de la Croix ... Venez, adorons » (CE 321 -Missel, nn. 15 et 17). Pour la communion, un diacre va prendre le Saint-Sacrement au lieu où on l’a déposé la veille (CE 325 -Missel, n. 21). Il l’apporte sur l’autel et découvre le ciboire.

Veillée pascale

Voir ci-dessus « Les sacrements de l’initiation chrétienne ».

Fête du Corps et du Sang du Christ

Si une procession du Saint-Sacrement a lieu après la messe, un diacre dépose l’hostie dans l’ostensoir. Il sert le prêtre ou l’évêque pendant la bénédiction de l’Eucharistie (CE 394). Voir également ci-dessus « Le culte de l’Eucharistie en dehors de la messe » (pp. 27 ss).

Commémoration des fidèles défunts

Un diacre peut introduire les fidèles au rite d’aspersion pour les défunts (CE 400).

2. Présidence des célébrations

Présentation du Seigneur (2 février)

En l’absence de prêtre, le diacre peut bénir les cierges et présider la célébration, en accord avec le curé de la paroisse.

Mercredi des Cendres

Lorsque dans une église où se déroulent habituellement des liturgies dominicales, il n’y a pas de prêtre ce jour-là pour la célébration eucharistique ou pour diriger une liturgie de la Parole, un diacre peut, avec l’accord du curé, présider une liturgie de la Parole avec la bénédiction et la distribution des cendres. Le service est alors organisé comme la liturgie de la Parole de la messe du jour. Le diacre bénit et distribue les cendres après l’homélie. Les intercessions concluent la célébration.

Dimanche des Rameaux

Lorsqu’un diacre préside le service dominical d’une communauté en l’absence de prêtre, il peut faire le rite d’ouverture, en se conformant à l’une .des trois formes prévues pour l’Eucharistie de ce dimanche : une procession, une entrée solennelle ou une entrée simple. Il n’y a ni vénération de l’autel, ni encensement. Le diacre peut procéder à la bénédiction des rameaux.

Vendredi saint

Dans une paroisse où le service dominical est souvent assuré en l’absence d’un prêtre, et s’il en est de même le Vendredi saint, le diacre est habilité, avec l’autorisation du prêtre responsable, à célébrer l’office de la Passion du Seigneur dans la forme prescrite par le Missel.

Cependant, pour les célébrations de la Semaine sainte, il est conseillé de se regrouper là où existe une célébration présidée par un prêtre.


Procession de la Fête-Dieu

Dans les paroisses sans prêtre résident où le service dominical est régulièrement présidé par un diacre, celui-ci peut diriger une procession autorisée par l’évêque. Il se conforme au rite diocésain et aux traditions, comme le ferait le prêtre.

IX. CÉLÉBRATION DE IA LITURGIE DES HEURES

La célébration de la liturgie des Heures, particulièrement la prière du matin et du soir, ne doit pas cesser de se développer dans la vie des communautés paroissiales, spécialement pendant l’Avent, le Carême, le temps de Pâques et les grandes fêtes.

1. Participation à la liturgie des Heures présidée par un prêtre

La participation du diacre n’est pas décrite particulièrement dans la liturgie des Heures. « Chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement, ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques » (Présentation générale de la liturgie des Heures, n. 253, désignée ci-après PGLH).

Ä Un ou plusieurs diacres peuvent assister l’évêque ou le prêtre qui dirige la célébration des Heures dans une communauté.

Ä Le diacre accompagne le célébrant lors de l’entrée. Après une inclination profonde ou une génuflexion devant l’autel, ils vont au siège sans vénérer l’autel.

Ä S’il n’y a pas d’autres lecteurs, le diacre peut faire les lectures, y compris les lectures brèves. Après la lecture brève, éventuellement remplacée, en fonction de la communauté, par une lecture plus longue, le célébrant ou le diacre peut faire une courte homélie.

Ä Si, à Laudes ou à Vêpres, on fait usage de l’encens, le diacre prépare l’encens pour le Benedictus ou le Magnificat ; il encense l’autel et la croix, puis le célébrant, le presbytérium et l’assemblée.

Ä A Laudes et à Vêpres, le diacre peut présenter les différentes demandes et intercessions ; leur introduction est lue ou chantée par le célébrant. Le diacre ou le chantre peut dire ou chanter le premier répons de la communauté.

Ä Avant la bénédiction, le diacre peut inviter à recevoir cette bénédiction.

Ä Après la bénédiction du célébrant, le diacre chante ou dit la parole d’envoi : « Allez dans la paix du Christ » à Laudes et à Vêpres ; « Bénissons le Seigneur » à l’office des Lectures et aux petites Heures. A Complies, il n’y a pas de renvoi après la bénédiction finale.

Ä La sortie se fait de la même manière que l’entrée. Le célébrant et le diacre, après une inclination profonde ou une génuflexion devant l’autel, retournent à la sacristie.

2. Présidence par un diacre de la prière des Heures

Comme tous les actes liturgiques, la prière ges Heures n’est pas de nature privée ; elle concerne tout le corps de l’Eglise, le rend visible et influe sur lui (PGLH, n. 20). Cela entraîne des conséquences dans la manière de célébrer.

Car prier constamment avec insistance selon l’exemple du Seigneur et des Apôtres n’est pas à considérer comme une prescription purement extérieure, mais concerne l’essence même de l’Eglise, qui doit exprimer son caractère de communauté également dans la prière. La prière en privé est toujours nécessaire et recommandable ; les membres de l’Eglise l’accomplissent par le Christ dans l’Esprit Saint. Néanmoins la prière de la communauté jouit d’une honneur particulier car le Christ lui-même a dit : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20).

C’est pourquoi tous ceux qui, en raison de leur charge, sont tenus à la prière des Heures, doivent avoir à coeur d’accomplir cette prière, non pas seuls, mais, selon les possibilités, en communauté, afin que l’Eglise qui célèbre le mystère du Christ devienne visible.

Lors de la célébration commune de la prière des Heures, en l’absence d’un prêtre mais en présence d’un diacre, celui-ci préside dans la forme où le ferait le prêtre. Du siège il ouvre la prière par le verset d’entrée, introduit le Notre Père, récite l’oraison, salue le peuple, le bénit et le renvoie. Le diacre peut dire lui-même les intercessions ou les faire dire par une autre personne. A Laudes et à Vêpres, il peut, au moment du cantique évangélique, encenser l’autel et la croix, puis l’assemblée.

Comme à tous ceux à qui incombe la tâche d’organiser et de diriger la prière de la communauté, les diacres auront à coeur d’inviter les fidèles et de les former par la catéchèse voulue à célébrer en commun, surtout les dimanches et jours de fête, les parties principales de la liturgie des Heures. Par une formation adaptée, ils les conduiront à l’i1telligence chrétienne des psaumes, pour mieux savourer la prière de l’Eglise et la pratiquer plus largement (PGLH, n. 23).

X. LES BÉNÉDICTIONS

Les bénédictions de l’Église sont des actions liturgiques et donc leur célébration communautaire, qui est parfois requise, répond mieux au caractère de la prière liturgique (cf. le rituel Livre des Bénédictions, n. 16, publié en 1988 aux éditions Chalet-Tardy, 446 pages).

Quand il n’y a cependant aucune assemblée de fidèles, celui qui veut bénir Dieu ou qui demande la bénédiction de Dieu et le mi !1istrequi préside la célébration doivent se souvenir qu’ils représentent l’Eglise qui célèbre, de manière que, de leur commune prière et demande, la bénédiction descende « par le moyen d’un homme sans doute mais non par un homme, comme un don de grâce » (rituel, n. 17). La célébration d’une bénédiction d’objets ou de lieux ne doit pas se faire sans la participation d’au moins un fidèle.

1. Le sens des bénédictions

Conscient que tout vient de Dieu, le croyant de la Bible, avant,toute chose, commence par le bénir. Les bénédictions instituées par l’Eglise sont des signes sensibles par lesquels « est signifiée et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux » à la fois la sanctification des hommes dans le Christ et la glorification de Dieu (rituel, n. 9 et Constitution sur la liturgie, n. 7).

L’être religieux cherche spontanément à posséder des objets bénits : on voit ainsi le risque de tomber facilement dans une certaine superstition, en pensant que ces objets sont chargés d’un pouvoir sacré « porte bonheur ». Or le sacré chrétien, s’il s’inscrit dans les choses, est d’abord dans le coeur de l’homme habité par Dieu et responsable de l’usage qu’il fait de ces choses.

C’est plus volontiers sur les personnes que la liturgie appelle la bénédiction de Dieu ; les objets, eux, sont bénits en fonction de la signification qu’ils prendront dans la vie d’une personne croyante et de la manière dont.elle s’en servira.

2. Le ministère des diacres dans les bénédictions

Il revient aux diacres de présider certaines célébrations, comme il est indiqué dans les livres liturgiques. Mais, chaque fois qu’un prêtre est présent, il est préférable de lui attribuer la charge de présider ; le diacre l’assiste dans son ministère liturgique, exerçant sa fonction propre.

On peut retenir que le diacre, lors des services religieux qu’il préside, accomplit toutes les bénédictions propres à la célébration ; ainsi, par exemple, lors du baptême, la bénédiction de l’eau baptismale, et celle des parents et parrains ; ou, lors du mariage, la bénédiction des anneaux et des nouveaux mariés ; ou encore lors de certaines célébrations de l’année liturgique, la bénédiction des cierges, des cendres, des rameaux (cf. ci-dessus « Célébrations particulières », pp. 41 ss). De même bénit-il la communauté à la fin de toute célébration qu’il dirige, ou encore un groupe de chrétiens à la fin d’une réunion ou d’une rencontre. En outre, il peut présider toutes les célébrations de bénédictions qui sont en rapport avecson service.

Il importe d’apprendre aux chrétiens le sens et la valeur des bénédictions au cours même de leur célébration, mais aussi dans la prédication et la catéchèse, afin que ne s’introduise dans la célébration rien qui nuise à la foi, soit par superstition, soit par mélange de vaine crédulité (rituel, n. 19). Si le juste sens en est donné, les bénédictions peuvent être un lieu d’évangélisation et une démarche de foi exprimant le rapport de toutes choses à Dieu, ainsi que le rapport entre le don de Dieu et la responsabilité de l’homme.

D’après le Livre des Bénédictions, dans les 41 chapitres, on peut dénombrer 38 catégories de bénédictions qui peuvent être accomplies par les diacres. C’est cependant au terme d’un discernement pastoral que le diacre procédera à ces bénédictions. Rappelons ici les bénédictions qui sont réservées à l’évêque ou au prêtre, en suivant l’ordre du Livre des Bénédictions : une cathèdre, un nouveau séminaire, une nouvelle maison religieuse, un baptistère, un cimetière, un ambon, un tabernacle, un confessionnal, une nouvelle porte d’église, une nouvelle croix destinée à la vénération publique, une statue, une cloche, un orgue, un chemin de croix.

3. La célébration d’une bénédiction

La célébration typique d’une bénédiction comprend deux parties principales : la proclamation de la parole de Dieu, puis la louange de la bonté de Dieu et la demande de son secours, avec quelques rites brefs d’ouverture et de conclusion. On se reportera aux préliminaires du Livre des Bénédictions (rituel, nn. 20-38 et rites particuliers).

Pour toutes les bénédictions, le diacre fait usage des mêmes formules qu’utiliserait un prêtre ; n1ais, selon les circonstances, la forme peut en être développée ou raccourcie.

Si on doit abréger, il est cependant nécessaire de maintenir la lecture de l’Ecriture ou du moins une citation brève de l’Ecriture, une courte indication sur la signification de la bénédiction et l’oraison de bénédiction.

Les gestes qui reviennent le plus souvent sont l’extension ou l’élévation des mains, l’imposition des mains, le signe de croix, l’aspersion d’eau bénite et l’encensement (cf. rituel, n. 26).

Pour les bénédictions sous forme communautaire, surtout si elles sont célébrées dans l’église ou avec une certaine solennité, les diacres, s’ils président, revêtent l’a be et l’étole (cf. rituel, nn. 36 et 37).

POSTFACE

Fruit de la collaboration du Comité National du Diaconat et du Centre National de Pastorale Liturgique, ce deuxième fascicule sur le « rôle des diacres dans l’action liturgique » répond à la demande de ceux, nombreux, qui ont apprécié le premier, relatif à l’eucharistie et aux assemblées dominicales. Sans doute les deux fascicules seront-ils dans quelque temps rassemblés en un seul volume.

Dans la fidélité aux rituels et aux autres directives liturgiques, ces pages s’efforcent d’en dégager l’esprit et de rassembler commodément ce qui concerne le ministère diaconal, tout en tenant compte de l’expérience des diacres et de ceux qui célèbrent avec eux. Toutefois ces orientations laissent ouvertes les recherches en cours pour que la pratique liturgique des diacres manifeste de plus en plus la grâce originale de leur ordination et leur mission propre. Les discernements convenables devraient permettre de progresser dans ce sens.

Merci à tous ceux qui feront part au CNPL (4 avenue Vavin, 7 006 Paris) ou au CND (secrétariat : 47 boulevard Gambetta, 84000 Avignon) de leurs remarques et de leurs suggestions pour améliorer cet instrument de travail.



[1] NB : c’est bien en France, il y a 25 ans. Tout est donc à relativiser… (J.D.)

[2] NB : la chose est vraisemblablement différente aujourd’hui (2006) : en effet, dans certains diocèses français, il est même interdit de célébrer une eucharistie pour les funérailles.

[3] « Vénérable évêque, ... notre assemblée va s’accroître du nombre des nouveaux baptisés, elle va s’accroître aussi de tous les pécheurs qui lui reviennent. Les eaux baptismales purifient, comme purifient les larmes de la pénitence. Joie pour l’admission des nouveaux fidèles, joie aussi à cause de la réconciliation des pénitents ! C’est pourquoi, dans ses prières, le pénitent qui, après être tombé dans les fautes et le crime -en transgressant tes lois -, s’humilie et se prosterne devant Dieu, en disant avec le prophète : "J’ai péché, j’ai mal agi, j’ai fait 1injustice : aie pitié de m,oi, Seigneur", ce pénitent entendra, et non en vain, la voix qui parle dans l’Evangile : "Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés". Il a mangé, comme il est écrit, le pain de la douleur, il a arrosé son lit de ses larmes, il a mortifié son coeur dans l’affliction et il a macéré son corps dans les jeûnes, pour que son âme retrouve la santé qu’elle avait perdue. La grâce de la pénitence, unique, est utile à tous et profitable à chacun. Le pénitent incité à accomplir son expiation par tous les exemples qu’il voit autour de lui, en présence de tous les assistants éplorés, s’écrie et proclame, vénérable évêque : "Je reconnais mes fautes, et mon péché se dresse toujours en face de moi. Détournez-vous, Seigneur, de mes iniquités et effacez tous mes péchés. Rendez-moi la joie qui naît du salut et affermissez-moi dans votre force 1... »(cité par C. Vogel dans Le pécheur et la pénitence dans l’Eglise ancienne, Cerf 1966,p. 202)