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Le ministère diaconal stimulant la vie de l’Eglise

mardi 20 septembre 2011

Le conseil diaconal assume la charge ou l’art du discernement d’une vocation au ministère diaconal. Et cela, en lien avec un groupe local de précheminement, les formateurs, le conseil épiscopal, l’évêque prenant la décision ultime.

A travers toutes ces médiations humaines et ecclésiales, le souci permanent consiste à éprouver l’appel ressenti par une personne et/ou par une communauté et de voir si cet appel correspond à un appel du Seigneur qui compte sur l’engagement de chaque baptisé et plus largement sur toute personne de bonne volonté pour que grandisse son Royaume.

Le discernement suppose que l’on sache ce qui est attendu du ministère des diacres dans l’Eglise locale. Le document que voici se veut l’expression de cette attente pour le diocèse de NAMUR. Il est le fruit de l’expérience éclairée notamment par les documents de référence en matière de diaconat. #1

Le ministère diaconal : une grâce pour l’Eglise

Le Concile Vatican II a consacré une approche de la mission des baptisés et des ministres ordonnés au sein du peuple de Dieu à partir de Jésus-Christ : prophète, prêtre et roi. Le diacre, dans sa spécificité, remplit cette triple mission. Il lui est demandé d’être essentiellement sacrement, signe effectif du Christ Serviteur afin de contribuer à l’édification d’une Eglise diaconale ou servante. L’Eglise est au service du monde et plus précisément au service du Royaume de Dieu au cœur du monde. Cette mission comprend l’annonce explicite de la Parole et la célébration, mais elle s’exerce prioritairement par l’exercice du devoir d’humanisation de la société. Ceci constitue le cœur de la mission des diacres et c’est leur première contribution à l’annonce de l’Evangile. En l’accomplissant, ils entraîneront les autres baptisés, les prêtres et les évêques, à porter avec eux cette préoccupation. C’est à partir d’un coude à coude dans l’exercice du devoir d’humanisation que le diacre peut envisager une première annonce de la foi et un temps de célébration sacramentelle ou non sacramentelle.

L’Église, lieu de croissance du diaconat

Avant de s’interroger sur l’aptitude de quelqu’un à l’exercice du ministère diaconal, il est essentiel de se demander "ce qu’est une Église diaconale dans tel ou tel milieu de vie". Nos communautés souffrent terriblement de ce manque d’intérêt pour la dimension diaconale de leur mission. Trop souvent, les chrétiens restent obnubilés par les chaises vides dans leurs assemblées. Par conséquent, l’Église n’assume pas entièrement sa mission.

Dans cette Église, le diacre ne peut vivre en isolé ni en électron libre ; il est toujours envoyé. D’une part, dans son milieu de mission, il veillera à susciter des liens avec d’autres baptisés pour les encourager. D’autre part, il se sait envoyé par une communauté d’Église (communauté paroissiale, communauté religieuse, groupe ou mouvement...) à laquelle il peut rendre compte de sa mission, avec laquelle il rend grâce au Seigneur et refait ses forces d’évangile, en particulier dans l’eucharistie.

C’est pourquoi le nouvel ordonné reçoit une lettre de mission qui sera renouvelée lors d’un changement d’orientation de la mission diaconale.

Autre communauté à laquelle le diacre est rattaché : la communauté diaconale du diocèse.

Les diacres dans le milieu de travail

L’Église, et plus précisément les communautés locales, doivent être sensibles à toutes les dimensions de la vie humaine en particulier au monde du travail et à ce qui tourne autour : le chômage, la valeur du travail dans l’épanouissement de la personne…

Dans le diocèse de NAMUR, nous privilégions la mission des diacres dans leur milieu professionnel, milieu souvent éloigné de nos communautés.

Là, les diacres, au nom du Christ et de l’Église, bénéficiant de la proximité avec les autres travailleurs, se doivent d’humaniser leur milieu de travail : par l’écoute des gens, par l’honnêteté du travail accompli, par une solidarité effective avec tous, en particulier avec les personnes fragilisées, par un engagement pour plus de justice, tenant compte des contraintes des entreprises et des conditions de travail.

Il y aurait une réflexion à mener pour mettre en lumière la densité du ministère diaconal dans le milieu professionnel. Certes, l’exercice du ministère y est moins visible qu’à l’autel ; il est davantage enfouissement dans la pâte humaine. Mais n’est-ce pas aussi à partir de ce lieu que grandit le Royaume ? N’est-ce pas aussi dans ce milieu que souffle l’Esprit et que l’Évangile de Jésus mort et ressuscité apporte sa part de lumière ?

Les diacres en pastorale territoriale

Dans les paroisses ou dans les secteurs, si un diacre pouvait porter la charge de la diaconie, la développer, l’inventer quelle grâce pour les communautés !

Pour y parvenir, une bonne articulation des missions des acteurs pastoraux (prêtre, laïc, diacre) s’avère nécessaire.

Ce qui suppose que soit posée à nouveau la question suivante : qu’est-ce qu’une Église diaconale dans ce tissu paroissial ?

Une présence diaconale en pastorale territoriale s’envisagera pour plusieurs paroisses ( secteur, doyenné). On veillera à discerner les besoins pour une plus grande humanisation. Par exemple, les défis du milieu rural, l’attention aux solitudes, l’attention à l’intégration des nouveaux arrivants, l’attention aux malades, l’attention à la solidarité avec le Tiers ou le Quart-Monde… Ce qui suppose que le diacre ne soit pas absorbé exclusivement par les demandes sacramentelles.

D’autres champs de mission diaconale

Il y a place pour d’autres missions plus transversales ( même si elles sont rattachées à une communauté de prière et d’envoi )

La pastorale familiale diocésaine La pastorale hospitalière ou en maison de repos L’accompagnement des personnes en fin de vie Le service carcéral Les mouvements d’éducation permanente La présence dans le milieu artistique, des médias La présence sur les lieux de loisirs… L’exercice de responsabilités diocésaines (Caritas, Entraide et Fraternité…)

Un préalable : le diacre dans son milieu familial

Le diacre a cette particularité de pouvoir être ordonné tout en étant marié et souvent père de famille.

Les sacrements de l’ordre et du mariage, puisés dans l’amour du Christ, renvoient tous deux à ce qui fait le fondement de l’amour : le service de l’autre et des autres.

Même si le diacre n’est pas ordonné pour être diacre dans sa famille, c’est assurément son premier lieu de vie, donc sa première mission sans oublier que la famille peut devenir le levain d’un ministère orienté vers les autres au nom de Jésus-Christ et de l’Eglise.

Le diacre s’efforcera d’être à l’écoute et d’œuvrer pour que parents et enfants vivent en harmonie afin que l’équilibre familial soit toujours respecté.

Le diacre en tant qu’époux et père partagera les bonheurs mais aussi les difficultés de la vie conjugale et parentale.

Se revendiquant d’être disciple du Christ, le diacre témoignera donc d’un infini respect de l’autre et mettra tout en œuvre pour que cet autre puisse grandir en humanité, dans la dignité, la solidarité et la fraternité et ce, quelle que soit la situation vécue, car nous croyons que chaque personne est aimée de Dieu telle qu’elle est.

C’est en s’appuyant sur cette approche du ministère diaconal dans le diocèse que le conseil diaconal peut mettre en avant des critères de discernement et encourager l’interpellation de nouveaux candidats.

Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime dans le feu de son Esprit…

Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance, à lui dire son salut…

Si l’Eglise vous appelle à peiner pour le Royaume aux travaux de la moisson…

Bienheureux êtes-vous !

Ce bonheur, qu’il habite le cœur des diacres, de leur épouse, de leur famille !

Qu’il habite le cœur des chrétiens entraînés dans la diaconie !

Qu’il habite le cœur des hommes et des femmes artisans d’une société où les fils et les filles du Père vivent dans la solidarité et le partage.

.- CONGRÉGATION POUR L’ÉDUCATION CATHOLIQUE, CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ, « Déclaration commune et introduction », dans DC, 95, 1998, pp. 405-408

- CONGRÉGATION POUR L’EDUCATION CATHOLIQUE, « Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents », dans DC, 95, 1998, pp. 409-424

- CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ, « Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents », dans DC, 95, 1998, pp. 425-447

- COMMISSION THÉOLOGIQUE INTERNATIONALE, « Le diaconat. Évolution et perspectives », dans DC, 100, 2003, pp. 58-107