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Le Coutumier

Coutumier 2014

mardi 20 septembre 2011

Coutumier pour le Diaconat Permanent dans le diocèse de Namur

Mot de l’Evêque

Je suis heureux de présenter à notre Eglise diocésaine ce « coutumier pour le diaconat permanent ».

 Les différents aspects de la formation et de la vie du diacre y sont traités avec précision, preuve d’une belle expertise acquise au fil du temps. 

Au moment où notre diocèse souhaite promouvoir le diaconat permanent, ce document vient à son heure. Avec l’annonce de la Parole et la célébration des sacrements, la diaconie est une dimension essentielle de la mission de l’Eglise.

Au cœur des communautés chrétiennes, le diacre est appelé à en être le signe privilégié, sacrement du Christ Serviteur. Enraciné dans la Parole et la prière, il aura particulièrement à cœur de sensibiliser beaucoup d’autres à se mettre en « tenue de service » et à être particulièrement attentif à l’accueil des personnes fragilisées. 

Je prie le Seigneur pour que les diacres qu’il donne à notre Eglise soient fidèles à leur vocation de serviteurs et capables de collaborer harmonieusement avec beaucoup d’autres dans la diversité des ministères et des services au sein de l’Eglise.

Et que la qualité de leur engagement suscite, dans notre Eglise, de nouvelles vocations de diacre. 

Merci à tous ceux qui ont collaboré à la rédaction de ce document. 

Mgr Rémy Vancottem

Première partie :
avant l’ordination diaconale

Chapitre I Introduction  

· Le Concile rénove le Diaconat comme Ordre permanent

Le 30 septembre 1964, les Pères du Concile Vatican Il approuvaient à une forte majorité le rétablissement du diaconat comme ordre permanent. En approuvant, le 21 novembre de la même année, la Constitution sur l’Église, Paul VI donnait force de loi à cette restauration et Mgr Charue, Evêque de Namur, ordonnait le premier diacre permanent en 1969.

· Les documents post-conciliaires

1. Le 18 juin 1967, Paul VI signait le Motu Proprio Sacrum Diaconitus Ordinem, sur la restauration du diaconat permanent dans l’Église latine. Après avoir rappelé les textes conciliaires qui rendent hommage au diaconat, qui reconnaissent que l’accomplissement des fonctions diaconales est extrêmement nécessaire à la vie de l’Église et qui décrètent que le diaconat pourra être rétabli en tant que degré propre et permanent de la hiérarchie, le « Motu Proprio » expose les normes bien précises à respecter pour la préparation des candidats et pour l’exercice du ministère diaconal. Ce « Motu Proprio » doit être considéré comme la Charte fondamentale et normative du diaconat permanent.

2. Dans la Lettre apostolique « Ad Pascendum » (15 août 1972) Paul VI précise les conditions à remplir pour l’admission et l’ordination des candidats au diaconat. 

3. Le 25 janvier 1983, Jean-Paul Il publiait le nouveau Code de droit canonique, qui tient compte de la restauration du diaconat permanent. Il envisage ce qui concerne l’admission à la formation, la durée de celle-ci, les qualités requises (intention droite, science nécessaire, bonne réputation, mœurs intègres, vertus éprouvées, qualités physiques et psychiques en rapport avec le ministère envisagé), les lettres à écrire à l’Évêque, les intervalles requis entre les ministères et l’ordination diaconale, l’ultime préparation à l’ordination par une retraite de cinq jours.

4. Le 22 février 1998, le Saint-Siège publiait deux documents.

Le premier - émanant de la Congrégation pour l’Éducation catholique - est intitulé « Normes fondamentales pour la formation des diacres ». Il détaille avec beaucoup plus de précision que les documents précédents les procédures pour la sélection des candidats et les normes de la formation pour le diaconat.

Le second document - publié en même temps par la Congrégation pour le Clergé - a pour titre « Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents ». Il détaille le statut juridique du diacre, les fonctions diaconales, la spiritualité diaconale. Enfin, un long chapitre insiste sur la formation permanente du diacre.

5. Le 15 décembre 2009 est publié le Motu proprio « Omnium in mentem » (Dans l’esprit de tous). Dans ce document, Benoît XVI clarifie les fonctions propres au diacre introduit une distinction nette entre la fonction du diacre et celle du prêtre et de l’évêque, de façon à ne pas assimiler le premier aux deux autres degrés du ministère de l’ordre

 

· Le Coutumier du diocèse de Namur 

Comme chacun n’a pas nécessairement sous la main ces différents documents post-conciliaires et le Droit Canon, ce Coutumier a été rédigé, sorte de vade-mecum et d’aide-mémoire, qui ne prend valeur que par sa fidélité aux textes cités. Ce Coutumier est la traduction concrète au niveau de notre diocèse des dispositions prises pour ’"Église Universelle.

Chapitre II Le Conseil diaconal

1. L’organe responsable du diaconat est le Conseil diaconal.

2. Le Conseil compte des prêtres nommés par l’Évêque et six diacres permanents. Trois d’entre eux sont élus pour quatre ans par l’ensemble des diacres ([1]). En accord avec l’Évêque, trois autres diacres sont remplacés par cooptation, deux ans plus tard, pour un mandat de quatre ans. Il revient à l’évêque d’avaliser la composition du conseil lors de chaque élection. Sont éligibles, les diacres ordonnés depuis au moins trois ans.

Une épouse de diacre, élue parmi les épouses de diacres, fait également partie du Conseil diaconal.

3. L’Évêque désigne le prêtre ou le diacre responsable du diaconat ainsi que le prêtre ou le diacre responsable de la formation.

4. Le Conseil diaconal est un service ecclésial mandaté par l’Evêque. L’acceptation du mandat n’entraîne pour le conseiller aucun privilège au sein de la communauté diaconale.

5. La mission du Conseil est de :

a) formuler son avis préalable sur l’admission des postulants à l’année de précheminement. Dans ce but, le conseil diaconal veille à contacter et à interroger les prêtres et toute personne susceptible d’aider au discernement.

b) formuler son avis préalable à l’entrée en formation et au premier engagement, puis à l’institution au lectorat et à l’acolytat. Pour cela, il suscite et met en place des équipes chargées d’accompagner les candidats lors de l’année de précheminement et tout au long de la formation (Guide à l’usage des équipes d’accompagnement ([2]).

c) formuler son avis préalable sur la demande d’ordination diaconale et veiller particulièrement à cette occasion au respect des règles prévues au Chapitre VIII intitulé « L’Ordination au diaconat »,

d) formuler son avis sur toute question concernant le diaconat permanent diocésain que l’Évêque jugerait opportun de lui soumettre,

e) coopérer avec le(s) responsable(s) de la formation pour la conception, l’élaboration et la réalisation des programmes,

f) s’occuper de certaines charges administratives en rapport avec la vie de la communauté diaconale,

g) organiser la formation ainsi que les récollections, les retraites, les journées de formation permanente, l’assemblée générale et les autres réunions auxquelles sont conviés les diacres et leurs épouses, 

h) assurer la promotion du diaconat dans le diocèse,

i) assurer le lien avec les différentes instances diocésaines (conseils pastoraux, ...) et interdiocésains (CFIDDPF...).

j) organiser la communication sur les sujets touchant au diaconat dans le diocèse,

k) accompagner les diacres (et leurs épouses) dans leur ministère et leur vécu.

Pour exercer cette mission, les membres du Conseil diaconal se répartissent les diverses tâches, notamment la responsabilité de la formation spirituelle et de la formation théologique.

 

Chapitre III Préalables à l’admission

 

1. Le postulant adresse, par écrit, une demande personnelle à l’Évêque de Namur.

Par cette lettre, le postulant se fait connaître ainsi que sa situation familiale, professionnelle, ses engagements d’Église et autres, les motifs qui le poussent à introduire sa demande, les conseils qu’il a reçus et demandés, et par qui.

2. Certaines conditions préalables à l’ordination sont requises du postulant. Elles lui seront rappelées :

a) Le postulant doit être domicilié dans le diocèse ou à tout le moins y avoir une insertion.

b) Le postulant marié ou célibataire devra avoir atteint l’âge minimum de 35 ans accomplis à la date prévisible d’ordination et ne pas avoir en principe plus de 65 ans accomplis à cette date.

c) Le postulant devra avoir suivi avec assiduité et régularité les réunions du groupe de précheminement pendant au moins un an (voir Chapitre IV), puis, s’il y est admis, une formation d’au moins 3 ans.

d) Si un postulant est célibataire, on lui proposera de vérifier s‘il n’est pas appelé à la vocation sacerdotale. Pour cela, il sera invité à faire une retraite de discernement.

e) Le postulant marié devra compter plusieurs années de mariage et avoir montré "qu’il sait gouverner ses enfants et sa propre maison" comme dit l’Apôtre Paul.

f) Le postulant marié doit renoncer, en cas de veuvage, à d’éventuelles secondes noces. Cependant, il pourrait se remarier, avec l’accord de l’Évêque et la dispense de Rome, si une des trois conditions suivantes est remplie :

- la grande utilité du ministère exercé par le diacre en faveur du diocèse,

-la présence d’enfants de jeune âge, ayant besoin d’être entourés de soins maternels,

- la présence de parents ou de beaux-parents âgés, ayant besoin d’assistance.

g) Le postulant doit avoir une vie familiale, une profession et des engagements compatibles avec un ministère ordonné.

3. Le prêtre ou le diacre responsable de la formation prend ensuite contact avec le postulant et les prêtres, diacres et laïcs qui le connaissent bien (responsables de doyenné, secteur pastoral ou de paroisses, aumôniers d’œuvres caritatives, sociales ou autres, responsables de mouvements divers. et équipes d’Église, etc.). En même temps, un membre du Conseil et son épouse rencontrent le postulant et son épouse en vue d’une première information.

 

Chapitre IV : Le précheminement

 

a) Un discernement à opérer en équipe d’accompagnement

1. L’ordination diaconale ne concerne pas seulement un individu et sa famille mais l’Église locale et plus particulièrement un doyenné, un secteur pastoral, une paroisse, un service diocésain ou un milieu de vie.

2. La perspective éventuelle d’un ministère diaconal réclame un vrai discernement, tant de la part du postulant que des responsables pastoraux. Ce discernement doit mettre en lumière les capacités du postulant à s’ouvrir progressivement à une attention active et à une collaboration effective avec les responsables locaux.

L’année de précheminement a pour objet de permettre au postulant de :

- se situer par rapport au ministère diaconal,

- d’en mesurer sa portée sacramentelle,

- d’apprécier la compatibilité de ce ministère avec ses engagements familiaux, professionnels, ecclésiaux…

Si les premiers contacts y amènent, le Conseil diaconal proposera à l’Évêque d’admettre le postulant à une année de précheminement.

Par ailleurs, le postulant sera invité à choisir - s’il n’en a pas déjà - un directeur spirituel. Il lui sera adjoint un diacre tuteur, nommé par le Conseil diaconal, si possible membre de ce dernier, qui sera chargé de suivre le postulant au cours de son précheminement, de sa formation et lors de ses débuts comme diacre ordonné.

3. Est alors constitué un groupe de précheminement destiné, comme son nom l’indique, à accompagner le postulant au cours de cette année.

b) Composition du groupe de précheminement

Le groupe de précheminement est composé habituellement :

- de l’aspirant et de son épouse,

- de plusieurs laïcs, hommes et femmes, issus de la paroisse ou du secteur et de l’entourage de l’aspirant, notamment des groupements d’animation pastorale dont il fait partie et aussi, si possible, un représentant de son milieu professionnel,

- d’un diacre tuteur et son épouse,

- d’un prêtre : ce peut être le curé de la paroisse et/ou le prêtre responsable du secteur ou un prêtre concerné par ses activités... ; ce prêtre aura le souci particulier de l’insertion pastorale du candidat,

- éventuellement d’un(e) religieux (se) impliqué(e) dans la pastorale de la paroisse ou du secteur ou encore de l’entourage de l’aspirant. 

Le groupe sera constitué d’une majorité de laïcs. Lors de la composition de ce groupe, on n’hésitera pas à intégrer les diverses sensibilités philosophiques et religieuses.

Par ailleurs, il ne faut pas renoncer à y inclure l’une ou l’autre personne qui a manifesté des réticences quant à une éventuelle vocation diaconale du postulant. La participation de ces derniers rappelle à l’Église la nécessité d’être en relation avec d’autres pour être elle-même. L’Église témoigne ainsi de Celui qui est venu révéler l’amour universel du Père.

La diversité de la composition du groupe est le signe que c’est toute l’existence du diacre qui est « interpellée » par la perspective du diaconat.

Il revient au curé de la paroisse ou au prêtre responsable de secteur ou au prêtre attaché au service d’Eglise de son engagement de former ce groupe en collaboration avec le postulant et en accord avec le prêtre responsable de la formation.

Après avoir consulté le postulant, il revient au diacre tuteur (avec son épouse) de former le groupe de précheminement en collaboration avec le curé de la paroisse ou le prêtre attaché au service d’Eglise et en accord avec le Conseil Diaconal.

Le diacre tuteur (avec son épouse) est l’accompagnateur direct de chaque postulant.

Il est chargé de suivre de près son cheminement en offrant son soutien et son conseil pour la solution de problèmes éventuels et pour la personnalisation des divers moments de la formation ([3]).

 

c) Mission du groupe de précheminement

La mission essentielle de ce groupe de précheminement - cellule d’Église - est d’accompagner le postulant dans le mûrissement de sa vocation.

Cette équipe d’accompagnement n’interfère pas dans le « for interne » qui est du ressort de l’accompagnateur spirituel.

Le groupe d’accompagnement veillera :

a) à aider au discernement de la vocation du postulant en l’aidant à mûrir ses motivations, sa disponibilité de fond, sa liberté réelle et celle de son épouse,

b) à mener une réflexion approfondie sur tous les appels de la mission (milieu familial et professionnel, quartier ou village, secteur pastoral, paroisse, etc.)

c) à choisir d’affecter le postulant au service de certains de ces appels,

d) à mettre en évidence les charismes du postulant et à les articuler avec les besoins d’une Eglise qui se veut servante en cernant les « pourquoi » et les « comment » du travail apostolique.

e) à soutenir le postulant et son épouse dans cette étape du précheminement.

 

Une série de réunions mensuelles du groupe de précheminement est prévue sur base d’articles consacrés au diaconat. Ainsi le groupe - en particulier le postulant et son épouse - avancera dans la compréhension du diaconat, aidant ainsi au développement de la vocation du postulant au plus grand bénéfice de l’Église.

Parallèlement à ces rencontres, le postulant lira en profondeur un des quatre évangiles et, si possible, d’autres écrits bibliques ainsi qu’un livre de synthèse de la foi. Il en parlera avec le diacre tuteur.

d) Fonctionnement du groupe de précheminement

Les membres du groupe désignent un animateur. Celui-ci ne doit pas nécessairement être le même à chaque réunion.

Le groupe désigne un rapporteur qui rédige un rapport succinct de ce qui s’est dit et fait au cours de la réunion afin de garder une trace écrite.

L’ordre du jour comprend toujours au moins trois temps :

- un temps de prière (cela peut être la lecture d’un passage d’Évangile),

- ensuite, le postulant fait le point sur ses engagements allant dans le sens de son futur projet diaconal, pose des questions, etc….,

- un temps de partage autour du thème du jour.

Les membres du groupe sont tenus à la discrétion absolue en ce qui concerne ce qui est dit et partagé dans le groupe.

 

e) Retraite et direction spirituelle

Afin de réfléchir à son éventuelle vocation diaconale, le postulant fera une retraite dans un centre spirituel désigné par le Conseil Diaconal.

Un directeur spirituel approuvé par le conseil diaconal est choisi par chaque postulant. Sa tâche est de discerner l’œuvre intérieure que l’Esprit accomplit dans l’âme de l’appelé et, en même temps, d’accompagner et de soutenir l’œuvre continuelle de sa conversion ([4]).

f) Evaluation du groupe de précheminement et décision d’admission à la formation

A la fin de cette année de précheminement, le postulant mettra par écrit une première ébauche d’un projet diaconal qu’il communiquera aux membres du groupe de précheminement.

Une rencontre du groupe de précheminement sera alors prévue en l’absence de l’aspirant et de son épouse mais avec la participation du responsable de la formation.

Au cours de cette réunion, le projet diaconal du postulant sera examiné et chacun des participants au groupe de précheminement se verra poser personnellement par le responsable du diaconat la question de savoir s’il estime en conscience que le postulant peut poursuivre son cheminement et sa formation en vue d’une éventuelle ordination diaconale.

En tout état de cause, l’Église, par son évêque, et le postulant gardent toute leur liberté sur la poursuite du parcours.

1. Si la majorité des membres du groupe répond oui, le Conseil diaconal pourra proposer la candidature de l’aspirant à l’Évêque et au Conseil épiscopal pour qu’il soit admis le mois de septembre suivant à la formation au diaconat. La décision de l’Évêque est souveraine.

2. Si la majorité des membres du groupe répond non, le Conseil diaconal pourra proposer à l’Évêque et au Conseil épiscopal de ne pas admettre l’aspirant à la formation. La décision de l’Évêque est souveraine.

3. Cependant, les membres du groupe peuvent estimer que le processus de discernement n’est pas parvenu à son terme ou que l’aspirant doit poursuivre ses expériences de service avant qu’un avis définitif puisse être donné. Dans ce cas, le Conseil diaconal pourra proposer à l’Évêque et au Conseil épiscopal de poursuivre les réunions du groupe de précheminement pour une nouvelle et dernière année afin d’éclaircir les zones d’ombre.

Remarques importantes

· Si le postulant est finalement accepté à la formation par l’Évêque, l’avis favorable émis lors de la dernière réunion du groupe de précheminement en juin peut se modifier au cours des trois années de formation. Rien n’est jamais acquis de façon définitive avant l’ordination.

· Comme il est dit plus haut, la période de précheminement est essentiellement une période de développement, de mûrissement de la vocation du postulant (que cette vocation soit diaconale ou celle d’un laïc). Car la vocation est au départ une tendance latente qui doit être développée, enrichie, concrétisée. En un an, stimulé par le groupe, un postulant peut fortement évoluer.

· En particulier si, au départ, l’un ou l’autre membre du groupe estime que le postulant n’est pas fait pour le diaconat, il lui est demandé de suspendre momentanément son jugement et de coopérer loyalement à ce mûrissement de la vocation du postulant. En fin d’année, en fonction de l’évolution du cheminement et au vu des fruits de celui-ci, il lui sera demandé de participer au discernement final.

· Au cas où la décision finale serait de ne pas admettre le postulant à la formation diaconale, cela ne doit pas être considéré comme un échec. Avoir découvert que son aspiration au service était réelle est un point positif. Le travail effectué par le groupe n’est donc pas perdu : il a permis d’y voir clair et chaque participant - en particulier le postulant et son épouse - a été enrichi de quelque manière.

· En cas de réponse négative, le groupe se réunira éventuellement encore afin d’encourager la personne à approfondir le projet de son insertion pastorale dans l’Église.

Chapitre V Admission à la formation

1. Après avis des Conseils diaconal et épiscopal, l’Évêque décide de l’admission du postulant à la formation.

2. Le postulant à la formation en est averti par écrit. Sa lettre d’admission porte obligatoirement la mention : « L’admission à la formation inaugure une période probatoire et n’implique aucun droit automatique à l’ordination. Elle ne peut aucunement préjuger de l’avenir dont l’Evêque reste seul juge. De son côté, le postulant garde son entière liberté »

3. A partir de cette admission, le candidat (avec son épouse) sera pleinement intégré à la communauté diaconale et aux activités que celle-ci propose.

4. Pour être admis liturgiquement, le postulant doit en faire la demande par écrite.

Le postulant doit se préparer à cette admission par une retraite spirituelle en privilégiant la retraite habituellement organisée pour les diacres (avec leurs épouses) et les candidats diacres.

5. Le postulant étant admis à la formation, le diacre tuteur continuera sa mission de soutien et le groupe de précheminement - devenant groupe d’accompagnement – l’accompagnera tout au long des 3 années de la formation, à raison d’une réunion par trimestre. Les membres qui éventuellement se désisteraient seront remplacés.

Un guide est remis au groupe de manière à faciliter l’accompagnement du candidat diacre au cours des trois années de formation (voir annexe).

6. Tout au long de la formation, le candidat continuera à discerner son appel. Il restera en état d’écoute des motions intérieures, en état d’apprentissage ; il continuera à approfondir sa vie personnelle dans les dimensions humaine et spirituelle, sa vie de couple et sa vie de famille. 

7. Le cursus de discernement et de formation d’un candidat au diaconat ne se vit pas sans retentissement pour l’épouse, si le candidat est marié, et leur engagement dans le mariage. L’épouse sera invitée à participer à la formation de son conjoint.

Ainsi, elle se préparera progressivement à exprimer son acceptation à tout ce que le diaconat apportera de nouveauté dans sa vie de couple et de famille.

Chapitre VI La formation

A côté des aspects d’enseignement, la formation doit favoriser l’évolution personnelle des candidats pour suivre le Christ sous la conduite de l’Esprit. Par une attitude d’accueil et d’écoute pour percevoir sa mission, il entrera dans une dynamique de service. La formation doit aussi faire place à la vie fraternelle et au partage de l’expérience spirituelle.

Avant l’ordination, le candidat doit acquérir dans les domaines spirituel, doctrinal et pastoral, une formation suffisante au jugement de l’Évêque.

La période de formation est un temps de croissance humaine, spirituelle, théologique et pastorale qu’il convient de prendre en compte tout au long des trois années de cours.

· Temps de croissance humaine.

La formation manifeste et développe une série de qualités humaines permettant aux candidats de bénéficier de la confiance de la communauté, de s’engager avec sérénité dans le service pastoral, de vivre plus facilement la rencontre et le dialogue.

· Temps de croissance spirituelle

La mission pastorale nourrit et est nourrie par la formation spirituelle ; cette dernière constitue le cœur et le centre unificateur de toute formation chrétienne. Elle nourrit les différentes dimensions de l’expérience spirituelle : foi en l’action de l’Esprit, vie sacramentelle, écoute et méditation de la Parole de Dieu, goût de la prière personnelle et liturgique, engagement au service des frères, sens de l’Eglise, esprit missionnaire, relecture de vie ...

La formation spirituelle vise à initier le candidat diacre à la prière personnelle et liturgique. Cette formation spirituelle s’élaborera grâce à un effort personnel en lien avec le conseiller spirituel approuvé choisi par le candidat et par la participation aux activités telles que la retraite annuelle, les récollections, l’initiation et la pratique de la liturgie des heures, etc…

· Temps de croissance théologique

L’approfondissement du contenu de la foi est destiné à offrir au candidat une nourriture substantielle pour sa vie spirituelle et humaine et qui constituera un précieux apport pour son ministère. La formation théologique est essentiellement basée sur l’étude de la Parole de Dieu que le diacre aura à annoncer. A l’écoute de la Tradition, elle doit permettre au diacre d’entrer dans une plus grande intelligence de la foi chrétienne afin de répondre aux questionnements de la culture contemporaine et de témoigner de la foi dans un monde marqué par le pluralisme culturel et religieux.

· Temps de croissance pastorale

Pour développer des aptitudes pastorales et un sens de l’Eglise, le candidat est invité à découvrir et à comprendre les réalités humaines. Une attention particulière sera portée à l’analyse des situations de pauvreté et à l’approche psychologique des personnes que le candidat sera amené à rencontrer dans son milieu de travail ou dans ses engagements paroissiaux ou associatifs. Il s’initiera peu à peu aux tâches du ministère diaconal et vérifiera si son appel au diaconat se confirme au fur et à mesure qu’il prend sa part de service dans le lieu où il est envoyé. Son insertion « pastorale » sera pensée et relue avec le groupe d’accompagnement et le Conseil diaconal.

1. En pratique, la formation dure 3 ans et s’inscrit dans le cadre plus large de l’Institut Diocésain de Formation (IDF). La durée de cette formation ne peut en aucun cas être écourtée même si le candidat a suivi des études religieuses avant son admission à la formation diaconale. La raison en est qu’au cours de ses trois années de formation il doit pouvoir entrer en contact étroit avec ses frères candidats et les diacres ordonnés qui vont le suivre dans sa formation, contact qui lui permettra de mieux découvrir ce qu’est le diaconat.

2. Il est évident que le candidat doit répondre aux exigences des formateurs (assistance aux cours, remise des travaux, etc…). 

3. Des diacres assurent une présence lors des journées de formation au diaconat permanent constituant ainsi, pour les candidats, un précieux soutien dans le discernement de leur vocation.

4. Au cours des trois années de formation, les candidats s’initient à commenter l’écriture lors de l’Eucharistie célébrée au milieu de la journée de formation. Chaque intervention est suivie d’une évaluation et d’un partage au sein du groupe des candidats en vue de favoriser l’intégration des divers thèmes de formation qui sont en lien. C’est l’occasion d’aborder au cours de cet « atelier pratique » des sujets tels que l’animation des temps de prière, la « lectio divina », le service diaconal de la Parole, le rituel des célébrations des sacrements, la Parole de Dieu et la communication, le catéchisme, les prières et bénédictions, … .

5. Par ailleurs, en fin de chaque année, le candidat enverra un rapport d’activité et d’évaluation au responsable de la formation qui le transmet au Conseil diaconal. Au préalable, ce document aura fait l’objet d’une rencontre avec le groupe d’accompagnement.

6. En temps opportun, la communauté paroissiale, le secteur et/ou la communauté ecclésiale à laquelle appartient le candidat seront informées de son cheminement et initiées à la signification du diaconat.

 7. Les candidats sont encouragés à poursuivre leur formation en vue d’acquérir éventuellement le certificat de théologie pastorale décerné par la Faculté de Théologie de Louvain-la Neuve.

Chapitre VII Admission comme candidat diacre et institution au lectorat et à l’acolytat

 

1. Dès la fin du précheminement, le postulant peut, par lettre adressée à l’Évêque, demander de pouvoir être admis au premier engagement. Par cette lettre, le postulant rend compte à l’Évêque de ce qu’il a vécu, découvert et acquis durant cette année de précheminement. Après quoi, le Conseil diaconal donne obligatoirement son avis.

2. Le responsable de la formation recueillera à ce moment l’accord ferme, écrit de l’épouse.

3. Durant la période de précheminement, l’aspirant est considéré comme un postulant. C’est après avoir été accepté à la formation que le postulant devient un candidat. L’admission au premier engagement est célébrée liturgiquement selon le rite de « l’admission parmi les candidats au sacrement de l’Ordre ».

Au cours de cette célébration, « celui qui aspire au diaconat manifeste publiquement sa volonté de s’offrir à Dieu et à l’Église pour exercer l’ordre sacré ; l’Église de son côté, en recevant cette offrande, le choisit et l’appelle pour qu’il se prépare à recevoir l’ordre sacré, et soit ainsi régulièrement admis parmi les candidats au diaconat  » (1).

Si le postulant est marié l’évêque demande à l’épouse son accord.

 « L’inscription parmi les candidats au diaconat ne donne lieu à aucun droit de recevoir nécessairement l’ordination diaconale. Elle est une première reconnaissance officielle des signes positifs de la vocation au diaconat, qui doit être confirmée dans les années suivantes de la formation » (2).

4. Avant l’ordination, le candidat reçoit deux ministères institués (sacramentaux) au moment que l’Évêque jugera opportun. Après reçu l’avis favorable du Conseil diaconal, le postulant doit formuler à chaque fois une demande écrite adressée à l’Evêque.

A la fin de la première année de formation, il reçoit le ministère du lectorat ou ministère du service de la Parole de Dieu.

A la fin de la seconde année, celui de l’acolytat ou ministère du service de la prière communautaire et du service de la table eucharistique. Ces institutions sont précédées d’une formation et d’une pratique réelle.

____________________________

(1) Cfr article 45 des Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents.

(2) Cfr article 24 des Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents.

Chapitre VIII L’ordination au diaconat

1. A la fin de la formation, le candidat élabore, en concertation avec l’équipe d’accompagnement, un projet diaconal qui sera présenté à l’évêque par le Conseil diaconal. L’évêque en prendra connaissance afin de déterminer la mission en apportant à ce projet les modifications qu’il juge opportunes en fonction des besoins de l’Eglise.

2. Le candidat adresse par écrit une demande personnelle à l’Évêque accompagnée de l’accord écrit de son épouse auxquels il joint son projet diaconal. Cette lettre est adressée à la fin du mois de juin précédant la date envisagée pour l’ordination.

3. Avant son ordination, le candidat fera une retraite spirituelle d’au moins cinq jours. 

Il en avertira le responsable de la formation au diaconat.

4. L’ordination diaconale ne constitue jamais un droit. Même après l’avoir institué aux ministères du lectorat et de l’acolytat, l’Évêque peut refuser l’accession d’un candidat au diaconat permanent.

5. L’appel par l’évêque d’un homme, non marié ou veuf, au diaconat permanent ne constitue pas une étape vers le presbytérat

6. Avant l’ordination, on prévoira une réunion entre le candidat, le prêtre du lieu et un membre du Conseil diaconal (avec peut-être en plus un ou des diacres concélébrants) pour préparer la célébration. Une rencontre avec l’Evêque et le futur diacre (et son épouse) sera également organisée.

7. La mission confiée au futur diacre sera annoncée officiellement au moment de l’ordination par le prêtre chargé de l’accompagnement des diacres. Le contenu de la mission fera l’objet d’une lettre de mission remise au diacre au moment de l’ordination et communiquée aux responsables de la pastorale.

La lettre de mission, qui est confiée pour un temps déterminé, permet de définir le ministère confié, d’en préciser l’orientation, les modalités d’exercice et les instances ou lieux de concertation nécessaire. On sera attentif à ce que les différentes composantes du ministère diaconal (ministère de la Parole, de la charité, des sacrements et de la liturgie), soient prises en compte.

La lettre de mission précisera le nom du prêtre référent dans le milieu où il exercera son ministère.

8. L’Evêque fournira au nouveau diacre une "attestation authentique » de l’ordination.

 

 

 

Deuxième partie : 
après l’ordination diaconale

Chapitre IX La mission du diacre 

1. La lettre de mission reçue à l’occasion de l’ordination servira de base à des évaluations et des ajustements soit du côté du diacre (changement professionnel, maladie, départ à la retraite, …) soit du côté de la mission confiée (nouveaux besoins pastoraux, nouveaux appels, …).

2. Le premier champ d’apostolat du diacre est habituellement son milieu professionnel. L’activité professionnelle des diacres a un sens différent de celui qu’elle a pour les fidèles laïcs : chez les diacres permanents, le travail reste lié au ministère ; ils sont porteurs d’une présence d’Église, signes vivants du Christ serviteur et de l’Église servante.

3. Le diacre est en priorité au service de la charité. On veillera à ce que ce service imprègne toutes les autres dimensions de sa mission.

4. D’une manière générale, l’Évêque veillera à ce que les missions diaconales soient confiées prioritairement à des diacres en précisant que chaque mission doit être assurée dans le cadre de la pastorale, en communion avec les prêtres avec lesquels les diacres sont appelés à servir le Peuple de Dieu.

 

Chapitre X : La fraternité diaconale  

1. Les années de formation et les journées de rencontre contribuent à tisser des liens de sympathie et de collaboration entre les candidats et la communauté diaconale.

L’ordination reçue insère le futur diacre dans l’"ordre des diacres".

Les diacres entretiennent entre eux et avec leur évêque des liens de proximité et de solidarité créés par l’ordination et l’on peut donner le nom de « fraternité diaconale » à cette réunion des diacres incardinés dans le diocèse et à leurs épouses. Au sein même de la diversité de leurs insertions ministérielles, la communauté diaconale unie par une visée commune fait ressortir la conscience diaconale diocésaine et manifeste, aux yeux de tous, son originalité propre.

2. Les diacres et candidats diacres forment une fraternité dont le conseil diaconal et l’évêque portent la responsabilité.

3. La vie de la fraternité est organisée autour de quatre types de rencontres ou d’activités.

a) L’assemblée générale des diacres (en juin) et la journée de rentrée (septembre)

· L’assemblée générale de juin

L’Évêque réunit tous les diacres une fois par an en « Assemblée générale ».

Cette réunion est obligatoire pour tous les diacres et candidats diacres. Cette rencontre a pour but de réunir les diacres et les candidats diacres ainsi que leurs épouses autour d’un thème d’actualité ou de réflexion générale sur le diaconat. Au cours de la journée, sont communiquées diverses informations pratiques sur la vie du diaconat dans le diocèse (admission de nouveaux postulants, changement d’incardination ou de statut de diacres, etc…)

A la fin de rencontre, au cours de l’Eucharistie qu’il préside, l’évêque institue au lectorat ou à l’acolytat des candidats diacres. La présence des membres de l’équipe d’accompagnement précheminement y est souhaitée.

· La journée de rentrée académique en septembre

Cette réunion est axée sur la convivialité et organisée le plus souvent à l’initiative d’un ou plusieurs diacres du diocèse. Elle se clôture par une Eucharistie au cours de laquelle tout postulant au diaconat peut être est admis par l’évêque au premier engagement. La présence des membres de l’équipe d’accompagnement y est également souhaitée.

b) Les journées de formation permanente et de ressourcement

· Les journées de formation permanente

Habituellement, elles sont au nombre de deux sur l’année réparties au cours du premier semestre (voir chap. XIII La formation permanente).

· Les journées de ressourcement et la retraite annuelle

C’est un moment privilégié pour le diacre (et son épouse) de se remettre en face de Dieu avec ce qui fait sa (leur) vie.

Les journées de ressourcement sont programmées en général dans les temps liturgiques de l’Avent et du Carême. La retraite a lieu habituellement au mois d’août.

c) Les équipes régionales

Chaque diacre ou candidat diacre appartient à une équipe régionale.

La périodicité des réunions de l’équipe est fixée par les membres du groupe.

Ces équipes régionales sont bienfaisantes pour l’équilibre du diacre (et de son couple) partagé, entre les sollicitations du ministère, les contraintes professionnelles, les aléas de la vie familiale,…

Les diacres et candidats diacres du diocèse sont répartis en quatre équipes régionales :

- le grand Namur

- l’Entre-Sambre-et-Meuse

- le Condroz-Famenne

- l’Ardenne-Lorraine.

Les équipes se choisissent un animateur qui tiendra le conseil diaconal informé de la vie de l’équipe.

Les objectifs principaux des équipes régionales sont :

1) renforcer la convivialité entre les diacres, candidats diacres et les épouses,

2) partager les joies, les espoirs, les peines et les inquiétudes touchant la vie personnelle et familiale, la vie professionnelle, ministérielle et ecclésiale, la vie associative et de quartier,

3) se soutenir concrètement en étant particulièrement attentifs à ceux qui traversent des épreuves, des difficultés, notamment dans leur vie personnelle et leur ministère,

4) prier ensemble (liturgie des heures, partage de la Parole, relecture de vie,…),

5) constituer un point de référence pour les candidats à l’ordination diaconale,

6) accompagner et soutenir les diacres nouvellement ordonnés.

Les équipes sont des espaces où chacun doit pouvoir s’exprimer et échanger librement.

Chacun s’engage à partager sa vie et à accueillir celle de l’autre dans le respect des diversités, des différences et la reconnaissance de sa personnalité.

Il est bien entendu que les échanges du groupe font l’objet de la plus stricte confidentialité. 

d) Les rencontres lors des événements diocésains ou interdiocésains

Des moments de vie du diocèse demandent la présence des diacres et si possible des épouses. Il s’agit principalement des célébrations d’ordinations de diacres. Les diacres sont également invités quand ils le peuvent à d’autres événements comme la messe chrismale, la présentation des vœux, …

Chapitre XI La vie spirituelle du diacre 

1. Le diacre est appelé à devenir, à travers tous les domaines de sa vie et de son ministère, une vivante « icône du Christ serviteur ». Puisant dans la grâce sacramentelle de son ordination, il tend à réaliser ce que Jésus a déclaré au sujet de sa mission : « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Tout homme, surtout le plus fragile et le plus pauvre, devrait pouvoir pressentir dans la vie et la parole du diacre cette « Charité » qui s’est donnée toute à tous.

2. Une vie spirituelle solide et assidue permettra au diacre de réaliser l’unité intérieure entre tous les aspects si divers de son apostolat : vie familiale et professionnelle, service du frère, témoignage dans le monde, service de la Parole, célébration de la liturgie et des sacrements. Cette vie spirituelle s’adaptera nécessairement à l’état de vie de chacun (mariage, célibat, veuvage) mais devra toujours tenter d’être en adéquation avec ses engagements multiples et variés, et avec la culture, les aspirations et les problèmes de son temps.

3. La vie spirituelle du diacre se nourrira d’abord de la Parole de Dieu à laquelle il confrontera sans cesse son vécu et celui de son milieu de vie ; il en fera sa nourriture personnelle ; il tentera de la vivre avant même de l’enseigner et de la proclamer.

Ceci suppose de la part du diacre une étude de ses milieux de vie afin d’être capable de « scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile ». 

La formation permanente des diacres prévue au niveau diocésain s’inscrit dans cette double perspective. L’étude de la Parole de Dieu se prolongera naturellement dans la « Lectio divina », l’oraison et la prière personnelle. Une retraite annuelle s’impose à tous comme temps fort de ce ressourcement. Les journées de ressourcement vont dans le même sens.

4. La « Liturgie des Heures » permettra au diacre de rejoindre la prière de l’Église au nom de toute l’humanité. De manière plus spécifique, il portera dans sa louange et sa supplication les joies, les espérances et les cris de ses frères et sœurs en humanité et particulièrement de ceux dont il partage concrètement les conditions de vie et de travail.

5. L’exercice même de son ministère sera pour le diacre le lieu de développement de sa vie spirituelle. La qualité de sa présence dans la célébration de la liturgie et des sacrements manifestera son identité propre dans la vie de l’Église. Cette célébration ne se limitera donc pas à un simple fonctionnement liturgique, mais sera participation à la célébration du mystère du Christ.

6. En lien avec son Évêque et le presbyterium, le diacre mettra tout en œuvre pour manifester que l’Église est d’abord un mystère de communion. La fraternité vécue avec les autres diacres du diocèse sera pour lui un lieu privilégié pour l’exercice de cette communion. Les rencontres organisées tant au niveau régional que diocésain feront l’objet de toute son attention.

7. Enfin un accompagnement spirituel régulier permettra au diacre de trouver auprès d’un conseiller à la sagesse éprouvée le nécessaire discernement pour réaliser l’unité intérieure de sa vie et prendre les orientations qui en découlent. Cette direction spirituelle pourra, en outre, être un lieu idéal pour vivre le sacrement du pardon.

Chapitre XII Exercice de la mission du diacre 

1. Lors de son ordination, le diacre reçoit une nomination ou une lettre de mission qu’il mettra en pratique. Lors d’une rencontre annuelle avec le prêtre responsable du diaconat ou un membre du Conseil diaconal, le diacre rendra compte de la manière dont il a exercé sa mission ainsi que les obstacles qu’il a rencontrés.

2. Le ministère diaconal s’enracine dans la vie familiale, professionnelle et dans les divers engagements concrets de la société et de l’Eglise. Cela n’est évidemment pas sans conséquence sur l’exercice de son ministère.

3. Sous l’effet des appels, des circonstances, de sa santé ou de son âge, la mission du diacre et la disponibilité aux tâches du ministère vont évoluer. En concertation avec les responsables diocésains, le diacre peut être amené à recevoir une mission autre.

 Il arrivera parfois qu’il doive quitter des formes d’engagements et vivre un certain détachement pour s’engager dans une aventure nouvelle. Lors de la rencontre avec le prêtre responsable du diaconat, sa lettre de mission sera modifiée en conséquence.

Dès que le diacre décidera ou subira un changement dans sa vie (changement de profession, retraite, déménagement, etc...), il ne manquera pas d’en avertir le responsable du diaconat.

4. Si l’exercice du ministère diaconal se réalise de manière naturelle dans le milieu familial, professionnel ou associatif, l’enracinement dans la communauté chrétienne est parfois moins évident. Des conflits peuvent exister là où la mission d’un diacre vient « recouper trop nettement celle d’un prêtre ou d’un laïc en responsabilité ». Aussi, un bon accompagnement en amont de l’ordination et une rencontre en aval avec le prêtre responsable du diaconat permettent d’apaiser les tensions et de prévenir les conflits.

 

5. Quelle que soit la mission qui lui est confiée, le diacre veillera à rester attentif à ceux qui constituent son environnement humain et vers lesquels il est envoyé.

Chapitre XIII La formation permanente 

1. La formation initiale du diacre doit être constamment élargie, approfondie et actualisée par la formation permanente. Celle-ci fait partie intégrante du ministère du diacre. Elle a donc son fondement propre et sa raison particulière dans le dynamisme même de l’ordination reçue. Cette formation permanente est par conséquent obligatoire. Formation initiale et formation permanente sont à considérer comme un unique parcours de vie chrétienne et diaconale. (1)

2. Le diacre est le premier responsable et le premier acteur de sa formation permanente. Elle s’inscrit dans une démarche de conversion évangélique. Le diacre s’efforcera de profiter des cours, des journées d’études, etc… qui lui sont offerts par le conseil diaconal, sans négliger des formations proposées par ailleurs. Il s’intéressera à la vie de l’Eglise en particulier et à celle du monde en général.

3. La formation permanente doit englober toutes les dimensions de la vie et du ministère du diacre : humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale. Le diacre veillera à travailler tout ce qui permet d’enrichir ses qualités humaines d’accueil, de bienveillance et d’écoute tout en s’efforçant de mieux connaître et de suivre le Christ.

Parfois, il sera amené à suivre des formations complémentaires spécifiques en lien avec son ministère (par exemple : une formation à l’écoute donnée dans le cadre de la pastorale hospitalière).

4. Le conseil diaconal proposera des activités de formation répondant aux besoins ressentis chez les diacres ou en rapport avec des sujets d’actualité pastorale.

Outre le contenu des thèmes proposés à la réflexion, les journées de formation seront l’occasion pour les participants de partager leur vécu et leurs questions et de s’enrichir mutuellement. Cela favorisera l’accroissement de la fraternité diaconale.

_______________

(1) Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents, Chap. IV Formation permanente du diacre.

Chapitre XIV Cessation du ministère diaconal

 

Des raisons de santé ou d’âge, un éloignement temporaire mais relativement long pour motifs professionnels ou personnels, un veuvage précoce avec charge d’enfants ou d’autres raisons dont jugera l’Évêque, peuvent amener un diacre à ne plus exercer temporairement ou définitivement son ministère actif. L’Évêque pourra le mettre en disponibilité ou lui permettre de se retirer définitivement. Il garde toutefois l’état diaconal et les obligations qui en découlent.

Chapitre XV Décès d’un diacre et ses funérailles 

1. Chaque diacre est invité à rédiger en temps opportun ses dernières volontés concernant la célébration de ses funérailles.

2. Lors du décès d’un diacre, l’Évêque et les responsables du Conseil diaconal en seront avertis dans les plus brefs délais.

 

3. Les funérailles d’un diacre ne constituent pas une "affaire privée". L’épouse, les enfants ou le plus proche parent s’entendront avec le responsable du diaconat ou un diacre délégué pour l’organisation de la célébration religieuse selon le rituel prévu pour un ministre ordonné.

4. L’annonce nécrologique mentionnera habituellement "L’Évêque de Namur, les prêtres et les diacres du diocèse".

5. Le responsable du diaconat chargera quelqu’un de vérifier les comptes du défunt relatifs à sa mission diaconale ainsi que les biens et documents proprement diaconaux.

6. L’attention aux veuves va se manifester de manière régulière au sein de la communauté diaconale.

Chapitre XVI La charité fraternelle

Le diaconat permanent doit être caractérisé par une authentique charité fraternelle. Le nombre de diacres augmentant, tous auront à cœur de garder le contact avec leurs frères diacres (et spécialement les diacres âgés et ou malades) et de garder vis-à-vis d’eux une charité vivante. C’est le devoir des diacres de :

- vivre unis par le lien de la fraternité et de la prière, en s’engageant à collaborer entre eux et avec leur Évêque ;

- de reconnaître et de promouvoir la mission des chrétiens laïcs dans l’Église et dans le monde

- d’adopter un style de vie sobre et simple, qui s’ouvre à la "culture du don" et favorise un partage fraternel généreux. 

Coutumier approuvé par Mgr Rémy Vancottem, évêque de Namur

Le 15 août 2013



[1] La première élection a eu lieu en 1996.

[2] Guide à l’usage des groupes d’accompagnement des candidats au diaconat.

[3] Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents, § 22

Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents, § 23