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LE DIACRE ET LA MESSE

mardi 20 septembre 2011

LE DIACRE ET LA MESSE.

Christian GOFFINET

Préface de Monseigneur André-Mutien Léonard évêque de Namur

Y Préface

« Le ministre ordonné est comme l’icône du Christ-Prêtre. Puisque c’est dans l’Eucharistie que se manifeste pleinement le sacrement de l’Église, c’est dans la présidence de l’Eucharistie que le ministère de l’évêque apparaît d’abord, et en communion avec lui celui des prêtres et des diacres. »

(Catéchisme de l’Église catholique, n° 1.142)

Le concile Vatican II a voulu restaurer le diaconat dans toute l’Église. Ce ministère, qui était réduit à sa seule fonction liturgique depuis des siècles, a repris sa juste place, en communion profonde avec l’évêque, au service de la communauté. Ce double lien, a l’évêque et à la communauté, s’exerce de deux manières : par le zèle apostolique que le diacre est invité à déployer dans les diverses situations qu’il est appelé à vivre, et dans la célébration liturgique, où l’Église toute entière se manifeste avec les différents ministères qui la structurent. Image de la liturgie que nous célébrerons dans le Royaume. La liturgie se doit d’être digne et respectueuse. Je salue avec joie la parution de ce fascicule qui aidera les diacres à exercer leur service liturgique. Puisse-t-il être, modestement, une contribution à l’édification de la Communauté et à la beauté de nos célébrations.

A.M. Léonard. évêque de Namur

Y Avant-propos

Le rôle liturgique du diacre à la messe est resté assez flou. Cela s’explique en partie par le fait que la dernière réforme du missel est antérieure à une restauration vraiment effective du diaconat.

L’action liturgique du diacre n’est, en tout cas, pas un ornement destiné à accroître la solennité d’une messe. Elle doit avant tout exprimer :

1. ce qu’est la liturgie de la messe,

2. ce qu’est théologiquement le diacre lui-même.

Ce serait prendre ce dernier pour un objet de luxe que de réserver sa présence aux seules messes dominicales ou aux messes avec grand concours de peuple. Si une messe est célébrée, aussi modeste soit l’assemblée, par exemple en semaine, la place du diacre est à l’autel avec le célébrant, sa présence n’ayant rien à voir avec le faste de la cérémonie (comme aux messes dites « à trois prêtres » de l’ancienne liturgie). Il serait grave de donner aux fidèles une vision opposée. De plus, c’est bien souvent sa présence à l’autel qui authentifie, pour eux, les autres aspects de son ministère.

Rappelons aussi que, si dix diacres ne remplaceront pas un célébrant, dix concélébrants ne remplaceront pas un diacre.

Dans l’exposé qui suit, nous ne suivrons pas la chronologie de la messe mais plutôt les diverses missions liturgiques que le diacre peut y remplir

Y L’ÉVANGILE

La proclamation de l’Évangile est confiée au diacre par son ordination. Dans la tradition de toutes les liturgies, tant orientales qu’occidentales, ce principe est respecté. Sauf infirmité, il n’y a pas de raisons qui pourraient dispenser le diacre de cette mission à la messe.

Son lien avec l’Évangile est notamment manifesté par le fait que, lors d’une ordination épiscopale, ce sont les deux diacres qui sont censés tenir l’évangéliaire au-dessus de la tête du nouvel évêque.

Si, par manque de lecteur, le diacre a dû lire la ou les premières lectures, il n’en est pas moins tenu de proclamer l’Évangile.

Après l’imposition éventuelle de l’encens, quand le prêtre est levé pour l’Alléluia (pour un évêque, voir ci dessous), le diacre s’incline devant lui pour demander sa bénédiction : « Père, bénissez-moi ».

Comme c’est le propre d’un évêque de donner assis cette bénédiction, elle doit lui être demandée avant qu’il ne se lève et, par conséquent, avant l’Alléluia.

L’annonce de l’Évangile et son acclamation finale sont dites ou chantées selon la coutume du lieu (s’informer). Le diacre salue l’assemblée « Le Seigneur soit avec vous », mais sans ouvrir les bras (C’est d’ailleurs ce que ferait également un prêtre remplaçant un diacre pour lire l’évangile ; voir dans « Communications » de l’évêché de Namur, l’article du Fr. Gilbert de l’abbaye de Rochefort sur les salutations en liturgie) et, après avoir fait l’annonce, il signe largement l’évangéliaire et signe ensuite son front, sa bouche et sa poitrine.

La manière de prononcer est importante : elle doit être digne et posée, mais aussi mettre en évidence le sens des phrases.

A la fin de l’Évangile, le diacre dit ou chante

« Acclamons la parole de Dieu »

et, ensuite, élève le livre pour l’offrir à la vénération du peuple, et ceci pendant toute l’acclamation, que celle-ci soit dite ou chantée

Notons ici qu’il dit « la parole » et non « cette parole ». C’est tout l’Evangile et pas seulement le péricope du jour qui est présenté à la vénération de l’assemblée. Il n’y a donc pas de raison non plus d’orienter les pages vers le peuple, (geste d’ailleurs assez disgracieux).

Finalement, le diacre baise l’Evangile. Si c’est un évêque qui préside, il présente le livre, ouvert, à baiser à ce dernier.

N.B. Dans la proclamation à plusieurs voix de la Passion du Christ, c’est le récit qui revient au diacre ainsi que l’annonce. Les paroles du Christ reviennent à un prêtre et les autres rôles à un ou plusieurs lecteurs (hommes de préférence). Rappelons qu’à la fin de la Passion, il n’y a pas d’acclamation.

Y LE CALICE.

Le diacre exprime le Christ serviteur, serviteur jusqu’à donner son sang pour nous. C’est pour cela que, selon une tradition constante, il est au service particulier du calice. a) Offertoire.

1) C’est le diacre qui prépare le calice (et même tout l’autel).

2) C’est le diacre qui verse la goutte d’eau dans le calice en disant à voix basse les paroles « Comme cette eau... » (voir missel).

N. R. II est préférable que le célébrant reste à son siège pendant la préparation de l’autel et ne s’avance que lorsque le diacre lui présente la patène.

3) Pour l’offrande du vin, une tradition très ancienne voulait que le calice soit offert conjointement par le prêtre et le diacre. Jungmann y voit l’explication du fait que, jusqu’à la dernière réforme, le prêtre, qui parlait au singulier pour offrir le pain, employait le pluriel « Nous t’offrons »... pour le vin. On respectera cette vénérable tradition si le diacre élève le calice avec le célébrant ou, au moins, le soutient pendant que le célébrant l’élève. b) Petite élévation.[1]

C’est le diacre qui élève le calice (par contre, un diacre n’élèvera jamais la patène ou un ciboire. Si le célébrant lui présente un ciboire, il le prendra mais sans l’élever, geste sacerdotal).

Saint Augustin, dans son homélie pour la fête de saint Laurent, dit que « le diacre présente le sang du Christ ».

Dans notre liturgie, c’est le geste d’élévation qui exprime l’offrande ; il risquerait d’apparaître comme un geste typiquement sacerdotal s’il était accompagné des paroles. Il est donc essentiel que le diacre s’abstienne absolument de dire ou de chanter « Par Lui, avec Lui et en lui... » et ceci, même si l’assemblée entière devait le dire avec le ou les célébrant(s).

En outre, pour que l’offrande du Corps et du Sang du Christ soit vraiment une, il est important d’élever le calice juste à côté de la patène, afin que son élévation n’apparaisse pas comme une offrande parallèle. c) Communion.

En cas de communion sous les deux espèces, c’est le diacre qui tend le calice à chacun des fidèles en disant : « Le sang du Christ » (Attention ! On ne le dira pas à un ministre ordonné).

Quand des laïcs participent à la distribution de la communion, et que le peuple communie sous les deux espèces, il faut toujours se rappeler le lien privilégié du diacre et du calice. d) La pale.

Son usage est toujours très souhaitable quand un diacre officie, car il souligne le lien entre celui-ci et le calice. Le diacre la pose sur le calice après l’offertoire, l’enlève pour l’épiclèse, avant que le prêtre n’étende les mains sur lui et la repose après la consécration du vin. Il l’ôte encore pour la petite élévation, pour la fraction de l’hostie, et définitivement, pour la communion. Pendant toute la consécration il est préférable que le diacre incliné tienne devant lui la pale qu’il a retirée, marquant mieux ainsi qu’il n’est pas là comme concélébrant mais au service du calice. Ceci est important aux messes concélébrées pour éviter toute ambiguïté.

Y INTERVENTIONS VOCALES.

En dehors de l’Evangile, la liturgie, même celle fixée en Occident à une époque où il n’y avait plus de ministère permanent du diacre, donne à celui-ci d’interpeller l’assemblée. Nous rappellerons ici « Ite missa est », « Flectamus genua », sans oublier le grand « Exultet » de la nuit pascale.

Le missel confie explicitement au diacre : a) Prière universelle.

Les intentions sont confiées soit au diacre, soit à un lecteur. Si c’est un lecteur qui les exprime, il serait préférable que ce soit alors le diacre qui les introduise, le célébrant étant dans son rôle essentiel de les conclure par la prière de présidence. b) Invitation à la paix.

Après le souhait de paix par le célébrant, l’invitation, quand elle est faite, revient officiellement au diacre. Rappelons ici que la formule prescrite « donnez-vous la paix », va bien au-delà d’un « geste de paix », et appelle à un élan du cœur. c) Bénédiction finale.

Dans le cas d’une bénédiction solennelle (les mains étendues sur le peuple), le missel précise que, quand il y a un diacre, il dit (ou mieux, il chante) : « Recevez la bénédiction de la part du Seigneur » ou « Inclinez-vous pour la bénédiction », aussitôt après « Le Seigneur soit avec vous » du célébrant et la réponse. Le nouveau rituel des bénédictions apporte la même précision. C’est également ce rite qui est utilisée aux mariages et aux baptêmes. d) Envoi.

Notons que la formule « Allez (et non « Allons ») dans la paix du Christ » devra être remplacée par « Bénissons le Seigneur » si la bénédiction ne termine pas la cérémonie (procession, etc.).

Notons aussi qu’à la fin du dernier adieu des funérailles, l’envoi est en réalité la finale de la monition « Que tout geste d’amitié... », monition que l’on devrait donc, en toute logique, confier entièrement au diacre, comme sans doute aussi, par souci d’équilibre, la premier monition du dernier adieu.. e) Aux ordinations.

Il faut remarquer aussi que lors d’ordinations, de prêtres comme de diacres, c’est au diacre officiant qu’il appartient officiellement de faire le premier appel du ou des ordinands.

Y Des propositions :

Les interventions qui précèdent sont prescrites. Certaines autres, devenues d’ailleurs traditionnelles en beaucoup de lieux, auraient pu avec bonheur s’y ajouter : a) L’invitation à la prière.

Dans la liturgie orientale, ceci est la fonction du diacre qui apparaît le plus. Dans notre messe, avant la première oraison et la postcommunion, si c’est le diacre qui dit ou chante « Prions le Seigneur » ou « Prions ensemble « , cela met davantage en valeur la prière du célébrant, surtout si celle-ci suit après un petit silence. Cette intervention du diacre est moins entrée dans les habitudes, tant il est courant pour le prêtre de le dire comme faisant partie de l’oraison. Il faudra donc, en pratique, le faire très tôt.

N.B. On pourrait être tenté d’ajouter à ceci l’invitation à la prière sur les offrandes mais, en réalité, la formule latine, dont le texte français est une traduction plus que libre, dit : « ...afin que MON sacrifice qui est aussi le vôtre.. ». C’est donc bien une formule sacerdotale ; anciennement c’était au diacre et au sous-diacre que ces mots s’adressaient et c’est à eux seuls que revenait la réponse (en pratique aux servants de messe). b) A l’anamnèse.

L’invitation à l’anamnèse : « II est grand, le mystère de la foi » ou « Proclamons le mystère de la foi » ou autre, dite aux messes lues et chantée aux messes chantées (Pour ces dernières, certaines formules n’ont pas d’invitations ; s’informer à l’avance). La confier au diacre a le grand ’avantage de ne pas interrompre pour le célébrant la prière eucharistique qui, pour le reste, est entièrement adressée au Père.

Notons ici qu’il est tout à fait exclu qu’un mémento puisse être dit par le diacre, comme cela lui est parfois proposé. La prière eucharistique, avec sa conclusion, est toute réservée au prêtre. c) Avant la communion :

Les paroles « Heureux les invités au repas du Seigneur » pourraient avantageusement être dites par le diacre, le prêtre poursuivant : ’Voici l’Agneau de Dieu... « . Ceci a l’avantage, non seulement de distinguer deux phrases d’origine biblique différente, mais aussi de respecter les rôles : le diacre invite, le prêtre présente. Le diacre tiendra l’hostie en main sans l’élever en disant les paroles.10

Y L’ENCENSEMENT

Pour l’imposition de l’encens, le thuriféraire donne la navette au diacre qui la présente ouverte au célébrant. Celui-ci impose et bénit l’encens. Ensuite :

a) Au début de la messe (encensement d’honneur). Le diacre reçoit l’encensoir et le donne au célébrant, qu’il accompagne en soutenant le bord de sa chasuble. Ensuite, en recevant en retour l’encensoir, il n’encensera personne, cet encensement d’honneur étant réservé au Christ représenté ici par l’autel, mais il le rendra directement au thuriféraire

b) A l’évangile (encensement d’honneur).

Après le salut et l’annonce, le diacre reçoit l’encensoir et encense

(milieu, gauche, droite) l’évangéliaire, le Christ dans sa parole.

c) A l’offertoire (l’encensement de purification).

Après avoir accompagné le célébrant comme au début de la messe, il encense ce dernier (3 fois 2), puis les concélébrants (2 fois 2) ;si ceux ci sont assez nombreux, il les encensera collectivement en tournant lentement sur lui-même. Ensuite il se rend au devant de l’assemblée, et l’encense (également en tournant). Il rend enfin l’encensoir au thuriféraire, qui l’encense pour le purifier à son tour.

Y LA PLACE DU DIACRE.

En principe, le diacre, dont le rôle permanent à la messe est d’assister le célébrant, se tient à côté de lui. A l’autel, sa place est évidemment à droite pour avoir à la main le calice, la pale, etc.

Après le Sanctus, pendant toute la prière eucharistique, il se tiendra en retrait (sauf pour l’anamnèse et la petite élévation. marquant bien par là qu’il est officiant mais non con-célébrant).

Au siège, sa place est également à côté du célébrant comme à l’autel et donc à droite. Si, par courtoisie, on laisse à un concélébrant le siège de droite, le motif est alors de civilité et non de liturgie. Dans une procession d’entrée, le diacre marche à côté du célébrant principal. Remarquons que c’est en avançant à sa gauche qu’il se trouvera à droite à l’autel. Si un diacre porte l’évangéliaire, il avance le premier du clergé, tenant le livre élevé devant lui. Arrivé à l’autel, il y pose l’évangéliaire et attend l’arrivée du célébrant principal pour baiser l’autel avec lui.

Pour la sortie, la place du diacre est toujours à côté du célébrant principal, mais un peu en retrait.

Y LE VÊTEMENT DU DIACRE.

Par-dessus l’aube, qui représente la robe baptismale et qui est l’habit de chœur d’un baptisé (acolyte, etc.), le diacre porte l’étole sur l’épaule gauche et, normalement, la dalmatique, qui est au diacre ce que la chasuble est au prêtre. Le manque de dalmatique en beaucoup d’églises a pu laisser croire qu’elle était supprimée (comme l’est le manipule), alors que son absence n’est le résultat que d’une pénurie.

Pour la communion des malades hors de l’église, et donc sans aube, l’actuel code de droit canon prescrit cependant que le ministre sacré porte « un habit liturgique ». Celui-ci réduit à sa plus simple expression serait l’étolette, portée ici comme diacre, donc sur l’épaule gauche (II vaut mieux ne pas la croiser, ce qui serait peu seyant avec un veston !).

Y MESSE CÉLÉBRÉE AVEC DEUX DIACRES.

Ils entourent le célébrant principal. Il est très important de bien avoir partagé à l’avance leurs fonctions. On peut suggérer ceci :

Le second diacre (à gauche) proclamerait l’Évangile, proposerait les intentions ou introduirait la prière universelle et ferait l’envoi final. Il participerait en outre à toute la préparation de l’autel et aux ablutions finales. De plus, il pourrait éventuellement s’occuper du missel.

Le premier diacre (à droite) ferait, en dehors de ce qui est dit ci-dessus, toutes les interventions prévues dans le présent livret.

S’il y a deux calices, le second diacre pourrait, pendant la consécration, tenir en main la pale d’un second calice. À la petite élévation, il pourrait élever un second calice, mais jamais, comme nous l’avons vu, une patène ou un ciboire. Notons que si le célébrant lui en tendait un, il devrait, bien entendu, le prendre en main, mais sans jamais l’élever.

Y NOTE SUR LA MESSE LUE. LES ANTIENNES D’ENTREE ET DE COMMUNION.

Le Missel précise que le célébrant ne lirait lui-même ces antiennes que dans le cas où personne d’autre ne le ferait, ce qui, il faut le reconnaître, est généralement le cas.

Quand un diacre officie, celui-ci, ayant le texte du missel sous les yeux, est très bien placé pour le lire. En ce cas, il lira l’antienne d’entrée immédiatement avant ou après le signe de croix ; il lira l’antienne de communion après avoir lui-même communié, avant la communion des fidèles précise le missel, mais en tout cas, si ceci était trop difficile, avant les ablutions du calice. L’AGNUS DEI

Quand il est chanté, il est supposé accompagner la fraction du pain et il est entonné par la chorale. Aux messes lues, il vaut donc mieux, pour respecter le rôle propre du célébrant, qui est à ce moment la fraction du pain et les paroles qui l’accompagnent, que sa récitation soit entonnée, à défaut d’un laïc, par le diacre.

Y NOTE SUR LA COMMUNION AU SAINT CORPS

Le diacre est ministre ordinaire de la communion, mais ceci à son rang : de même que l’évêque donne, en silence, la communion aux prêtres et aux diacres, et la présenterait à un autre évêque, de même qu’un prêtre donne, en silence, la communion aux diacres (qui la reçoivent dans la main ouverte) et la présente aux autres prêtres, de même le diacre présentera, toujours en silence, la patène ou le ciboire aux diacres (et aux prêtres).

N. B. On ne dit jamais le Corps ou le Sang du Christ à un ministre ordinaire de la communion (prêtre ou diacre).

Il faudrait faire de même pour un prêtre ou un diacre communiant parmi les fidèles, si on l’a repéré à temps.

Si l’on doit remettre un ciboire à un laïc pour la communion des fidèles (ce qui est permis si tous les prêtres et diacres présents donnent déjà la communion), le missel laisse le choix entre deux formules, qui sont indiquées à la suite de l’Agnus Dei. Ce sera la plupart du temps le prêtre qui remettra le ciboire mais, logiquement, on devrait faire de même quand un fidèle présente une custode pour un malade. En ce cas, une formule abrégée pourrait être : « Le Corps du Christ pour le porter à vos frères ».

Pour la communion des fidèles à l’hostie, le missel prévoit qu’on l’élève un peu avant de la donner ; la hauteur des yeux ne semble pas exagérée, ceci pour éviter que le geste n’exprime qu’une banale « distribution ».

Y NOTE SUR CERTAINS GESTES DU DIACRE

« Le Seigneur soit avec vous » est une salutation réservée aux évêques, aux prêtres et aux diacres, tout comme « La paix soit avec vous » du début de la messe est réservée aux seuls évêques, mais le diacre (ou le prêtre qui le remplacerait à l’évangile) dira toujours « Le Seigneur soit avec vous » sans ouvrir les bras*. Comme une salutation sans aucun geste peut sembler bien raide, on pourrait, à ce moment s’incliner, ou bien joindre un instant les mains (un peu à la manière asiatique de saluer).Quand, pour la prière, le célébrant étend les mains, ceci est le geste présidentiel. Pour le Pater, le même geste a été adopté par les concélébrants, qui sont aussi un peu co-présidents. On pourrait se demander s’il est judicieux de l’étendre aussi aux diacres officiants, mais l’habitude en semble souvent acquise.

* Voir « Communications » du diocèse de Namur, août 1996 : Fr. Gilbert, de l’Abbaye Saint Remy, Rochefort, « Les salutations dans la liturgie ».

[1] lors de la doxologie de la prière eucharistique « Par Lui, avec Lui,.. »