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L’histoire du diaconat à Namur

mardi 20 septembre 2011

L’histoire du diaconat à Namur.

Emmanuelle PETITJEAN

« La foule qui se presse davantage au seuil de l’Eglise qu’à l’intérieur,c’est au milieu d’elle qu’est ma place aujourd’hui. »

Guy Jassogne, 1977 (ordonné diacre en 1973)

Introduction

« L’accroissement rapide de la communauté des disciples conduisit bientôt les Douze à améliorer son organisation afin de rester disponibles à la prédication extérieure, leur mission première. A cet effet, ils s’adjoignirent un collège d’anciens ou presbytres […] avec lesquels ils partagèrent la présidence des assemblées et la conduite de la prière. En outre, à la suite de récriminations des membres de la communauté originaires de la Diaspora et parlant grec (les hellénistes), qui se plaignaient que leurs veuves fussent désavantagées dans l’entraide, les Douze firent désigner par la communauté sept serviteurs (en grec diakonoi), les diacres, pour le “service des tables”, choisis parmi les hellénistes. Leur chef, Etienne, allait bientôt s’illustrer par l’ardeur de sa foi chrétienne et par son martyre. […] Au fur et à mesure de leur création, les communautés étaient placées chacune sous l’autorité d’un collège d’anciens, [de presbuteroi, dont le président] portait souvent le titre d’episkopos, qui finit par se généraliser pour désigner le chef de l’Eglise locale (évêque). Ce dernier était en outre assisté de diakonoi (diacres), plus directement sous son autorité que les presbuteroi  ; d’où, parfois, des tensions internes entre les deux groupes. »[1] 

Dans cette description, nous saisissons certaines bribes dont nous pourrions nous demander si elles ont encore à voir avec la situation actuelle. Il y est question de service, d’ardeur de la foi jusqu’au martyre, d’assistance à l’Evêque, de tensions avec les presbuteroi. Même si notre propos ne consistera pas à comparer ce premier diaconat avec celui qui a été rétabli par le Concile Vatican II, nous verrons si certains de ces aspects ont traversé les siècles, et se retrouvent dans le diaconat permanent tel qu’il s’est incarné dans le diocèse de Namur depuis la fin des années 1960.

Afin d’en évoquer une esquisse, nous aborderons les points qui peuvent donner un éclairage sur ce ministère. Ceux-ci ont déjà été soumis aux aléas de l’histoire, même si les plus anciens faits ne remontent pas au-delà de trente-trois ans. Nous le verrons, certains aspects sont flous, d’autres ont été oubliés par les acteurs eux-mêmes, faute d’avoir été scellés dans des écrits.

Dans un premier temps, nous donnerons un bref aperçu de l’histoire du diaconat permanent, depuis son rétablissement jusqu’à son actualisation à Namur. Ensuite nous envisagerons divers aspects liés au fonctionnement du diaconat : les responsables, le parcours qui conduit à l’ordination, les temps et moyens de rencontres entre les diacres. Nous réfléchirons ensuite à la spécificité du diacre permanent, et aux questions et difficultés inhérentes à son ministère. Enfin, nous terminerons – en beauté ! – en évoquant la place des épouses de diacres.

1. Bref historique du diaconat permanent

Le 30 septembre 1964, les Pères du Concile Vatican II approuvent à une forte majorité le rétablissement du diaconat comme ordre permanent : « Au degré suivant de la hiérarchie [après l’évêque et le prêtre] se trouvent les diacres, qui reçoivent l’imposition des mains “non en vue du sacerdoce mais du ministère”. En effet, soutenus par la grâce sacramentelle, de concert avec l’évêque et son presbyterium, ils servent le peuple de Dieu dans l’office liturgique, le ministère de la prédication, les secours de la charité. Il revient au diacre après détermination de l’autorité compétente, d’administrer solennellement le baptême, de conserver et de distribuer l’Eucharistie, d’assister à un mariage et de le bénir au nom de l’Eglise, de porter le viatique aux moribonds, de lire la sainte Ecriture

aux fidèles, d’instruire et d’exhorter le peuple, de présider le culte et la prière des fidèles, d’administrer les sacramentaux, d’accomplir les rites des funérailles et de la sépulture. […] Aujourd’hui, […] ces offices extrêmement nécessaires à la vie de l’Eglise peuvent difficilement s’exercer dans la discipline de l’Eglise latine telle qu’elle existe en de nombreuses régions ; le diaconat pourra donc à l’avenir être rétabli comme degré distinct et permanent de la hiérarchie. Il appartient aux diverses conférences territoriales d’évêques ayant compétence en la matière de décider, en accord avec le souverain pontife, s’il est ou non opportun pour le bien des âmes d’instituer un tel diaconat, et en quel endroit la chose peut se faire. Avec le consentement du pontife romain, ce diaconat pourra être conféré à des hommes d’âge mûr, même s’ils vivent dans le mariage, et aussi à des jeunes hommes jugés aptes à cette fonction, la loi du célibat demeurant pour eux en vigueur. » (Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 29)[2]. Trois ans plus tard, Paul VI signe le Motu Proprio[3] Sacrum Diaconatus Ordinem, qui expose les normes bien précises à respecter pour la préparation des candidats et l’exercice du ministère diaconal. Ce document doit être considéré comme la Charte fondamentale du diaconat permanent.[4]

En Belgique, le diocèse de Tournai, sous l’impulsion de Jean Huard, se lance dans l’aventure. A Namur, Monseigneur Charrue[5], stimulé par cette expérience hennuyère, est aussi animé par la volonté de mettre en pratique le Concile dans la gestion du diocèse. Encouragé par les premiers futurs candidats diacres, il décide de restaurer le diaconat permanent. Le premier diacre, Arthur Tamietto, est ordonné à Saint-Servais le 27 décembre 1969. Aujourd’hui, cinquante-cinq diacres permanents sont incardinés dans le diocèse de Namur, onze sont décédés, et sept candidats sont en formation vers le diaconat.

La mise en œuvre du diaconat permanent va se réaliser sur la base de différents documents, notamment romains[6] : le 15 août 1972, la lettre apostolique Ad Pascendum de Paul VI[7] ; le 25 janvier 1983, le nouveau Code de droit canonique publié par Jean-Paul II, qui tient compte de la restauration du diaconat permanent[8] ; enfin, le 22 février 1998, deux documents publiés par le Saint-Siège : le premier, qui émane de la Congrégation pour l’Education catholique, s’intitule Normes fondamentales pour la formation des diacres[9], et le second, Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents[10], provient de la Congrégation pour le Clergé.

A l’échelle diocésaine va se mettre en place un Coutumier, qui traduit de façon concrète ces dispositions prises pour l’Eglise Universelle, en leur étant fidèle. Une première version est rédigée en 1988 ; elle sera revue en 2002, en fonction de l’évolution du diaconat permanent dans le diocèse de Namur, que nous allons attester dans les chapitres suivants.

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2. Les responsables

Le premier responsable du diaconat permanent est Albert Delacharlerie, qui quitte assez rapidement sa fonction, mais n’est apparemment pas remplacé ; personne ne peut en tout cas se rappeler le nom de son successeur, qui ne figure dans aucun document d’époque. Après le départ de Monseigneur Charrue, la responsabilité du diaconat permanent se voit confiée à une Equipe d’animation, instituée par Monseigneur Mathen en 1974. Cette Equipe s’appellera « Conseil diaconal » à partir de 1980, parce qu’on estime que tous contribuent à l’animation.

Le groupe est constitué de prêtres et de diacres, dont le nombre fluctuera légèrement selon les époques ; les premiers membres sont les abbés Ernest Dejaifve, André Haquin, Joseph Thibaut et Paul Beaupain (qui est référent pour la province de Luxembourg), ainsi que les diacres Christian Goffinet, Guy Jassogne et Arthur Tamietto. Parmi eux, il y a notamment un responsable[11], l’abbé Dejaifve, un coordinateur des cours, un responsable de la dimension spirituelle, un secrétaire, un trésorier. Dans les années 1980, on veillera à ce qu’un diacre représente le Namurois, un autre l’Entre-Sambre-et-Meuse, un autre encore la province de Luxembourg.

En 1992, l’abbé Jules Solot – déjà responsable de la formation depuis 1987 – succède à l’abbé Dejaifve à la tête du diaconat permanent. A ce moment-là, le Conseil diaconal au complet prend en main l’animation des choses ; jusque-là, en effet, les principaux acteurs étaient les prêtres du Conseil, et les réunions n’étaient pas régulières.

En 1995-96, la formation du Conseil se précise : pour une durée de quatre ans, quatre diacres sont choisis, dont deux élus par leurs pairs, et deux cooptés par les Conseils diaconal et épiscopal ; deux prêtres sont désignés par l’Evêque. Depuis 2001, les diacres sont au nombre de six (trois élus et trois cooptés). Trois élections ont eu lieu depuis ce changement ; la première fois, les diacres qui ne voulaient pas être élus ont pu le signaler, mais à présent, tous les diacres ordonnés depuis trois ans sont éligibles.

A la différence d’autres diocèses, à Namur, c’est actuellement tout le Conseil diaconal qui est responsable, et plus les prêtres seuls ; ceux-ci se partagent les tâches, depuis deux ou trois ans : l’abbé Roger Kaufmann se charge des diacres ordonnés, et l’abbé Solot de la formation. Les autres membres actuels du Conseil, tous diacres, sont Herman Covens, Jacques Dessaucy, Etienne Dethise, Jean-Marie Eppe, Marc Peignois et Emile Sac[12]

3. Le parcours vers le diaconat

3.1. Discernement et précheminement

Avant de s’engager dans une formation, un temps de discernement s’avère indispensable par rapport à ce qui est perçu comme un appel. Pendant longtemps, la manifestation provient du candidat lui-même ; depuis environ 1997, on peut aussi interpeller l’un ou l’autre que l’on jugerait fait pour cette vocation.

Vers 1970, le discernement est modeste : un accueil très large est réservé aux demandes individuelles, qui s’adressent à l’Evêque, celui-ci envoyant le postulant au responsable du diaconat. On procède ensuite à la critique des motivations, et l’on observe les engagements familiaux et professionnels de la personne. On tient compte surtout de l’avis des prêtres formateurs, plus que du clergé local. In fine, c’est l’Evêque qui donne son accord pour que le candidat entame la formation.

En 1974, la démarche se structure. Après s’être manifesté, le futur candidat, ainsi que sa famille, reçoit la visite d’un diacre puis d’un prêtre, qui font leur rapport à l’Equipe d’animation, laquelle délibère. Si elle donne son accord, un dossier se constitue, sur la base d’un questionnaire rempli par le candidat, d’un autre rempli par son épouse, et enfin par un prêtre qui le connaît. Après l’examen du dossier, un rapport final est adressé au Conseil épiscopal, qui décide si le candidat est admis ou non.

Le Coutumier de 1988 atteste une plus grande participation du clergé local durant cette étape : l’année de précheminement « se vivra sous la conduite du curé, du doyen, des autres prêtres du secteur pastoral ou du doyenné. » Il ajoute qu’ « un membre du Conseil diaconal sera personnellement chargé d’accompagner le candidat jusqu’à son éventuelle admission. » Au terme de cette année, le postulant rédige un rapport, qui permettra au Conseil diaconal et, in fine, à l’Evêque, d’admettre le candidat à la formation.

Ce temps de discernement se peaufine au cours des années qui suivent, ainsi que le montre le Coutumier révisé en 2002. Ainsi, avant d’entamer l’année de précheminement, l’insistance est mise sur la nécessité d’effectuer un véritable discernement par rapport à la vocation diaconale, notamment à l’occasion d’une retraite[13]. Le Conseil diaconal propose alors à l’Evêque d’admettre le postulant au précheminement. Le candidat doit choisir un directeur spirituel, et se voit adjoindre un diacre tuteur[14], qui le suivra et le soutiendra à partir de ce moment jusqu’à ses débuts de diacre ordonné. Une innovation par rapport au passé, c’est la constitution d’un groupe de précheminement, destiné à accompagner le candidat au cours de cette année. Ce groupe est constitué d’un prêtre et d’une majorité de laïcs, proches des secteurs de vie de l’aspirant, sans exclure l’une ou l’autre personne réticente à sa vocation diaconale. La mission du groupe est précisée dans le Coutumier, et se vit lors de rencontres mensuelles dont le contenu est lui aussi précisé. Au terme de l’année, l’avis favorable ou défavorable est donné par ce groupe – même si la décision de l’Evêque est souveraine. En cas d’avis négatif sur l’admission à la formation, le Conseil diaconal demande à un membre du groupe de suivre la vocation laïque de l’aspirant et son insertion pastorale.

Si le postulant est admis à la formation, il continue d’être accompagné par le groupe qui l’encadrait à raison d’une rencontre par trimestre, du moins si le groupe est d’accord ; certains membres peuvent quitter celui-ci, et de nouveaux le rejoindre.

Nous voyons donc combien, en l’espace de trente ans, ce temps de discernement s’est élaboré, tenant compte des expériences vécues et des documents parus, notamment les Normes fondamentales en 1998. Nous aboutissons à une pratique vécue par une cellule d’Eglise, qui accompagne l’un des siens dans son cheminement

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3.2. La formation

Ce terme renvoie à la formation des candidats d’une part, et à la formation permanente des diacres ordonnés d’autre part.

3.2.1. Formation initiale

Pour réfléchir au projet de formation, une première rencontre des candidats a lieu en novembre 1968, en présence, pour une partie, de Monseigneur Charrue. Les grands axes sont donnés : la connaissance du message chrétien[15] à travers les grandes disciplines théologiques (Ecriture Sainte, dogmatique, morale, sacrements, liturgie), une formation au diaconat et au ministère diaconal, une formation à la vie spirituelle. Dès le départ, le temps de formation est fixé à trois ans, même s’il se commuera en formation permanente pour les premiers candidats ordonnés diacres en 1969 et 1970, qui n’auront pas beaucoup le temps de se former au préalable.

Faute de structures préétablies et d’école des sciences religieuses dans le diocèse, et vu les différences de niveaux entre les candidats, la formation est relativement personnelle[16], et s’appuie sur des sessions organisées au niveau de la communauté francophone du diaconat (qui ont lieu dans le diocèse de Tournai, sous la houlette de l’abbé Huard), sur un « parrain », prêtre de l’entourage du candidat agréé par les professeurs du Séminaire, ainsi que sur des rencontres régulières dans le diocèse, qui ont lieu au Séminaire, où les professeurs dispensent leurs cours aux candidats un samedi par mois (de 17h à 22h), tandis qu’un dimanche est consacré à la vie spirituelle et liturgique : les candidats vivent les vêpres et la messe avec les séminaristes. 

Les futurs diacres reçoivent aussi une formation théorique et pratique à la vie spirituelle. Ils sont tenus d’avoir un père spirituel, dix minutes de prière personnelle par jour, la messe aussi fréquemment que possible, la confession deux fois par mois ; il leur est aussi demandé d’effectuer une lecture suivie de la Bible, de prier l’office des laudes et des vêpres, et d’effectuer une retraite en préparation à leur ordination.

Ce projet évolue, puisque deux ans plus tard, les cours se donnent un samedi sur deux, à raison de 3 fois 45 minutes, de 14h30 à 17h (17h30 en 1973[17]), suivies d’une heure d’échange pour souder le groupe et assimiler la matière.

Dans ce domaine également, les choses se précisent en 1974, lorsque Monseigneur Mathen s’adjoint l’Equipe d’animation. Le programme de la formation est semblable à celui des séminaristes : dogmatique, morale, Ecriture Sainte et sacramentaire, avec aussi un cours spécialisé pour les diacres. Une nouveauté : chaque matière est suivie particulièrement par un diacre permanent, qui peut se faire assister d’un autre diacre. Leur rôle consiste, pour chaque leçon, à rassembler les notes et indications utiles, à rédiger le résumé de la leçon et de l’échange ; ces synthèses servent aux candidats absents occasionnellement ou qui suivent les cours par correspondance pour une raison valable.

Significative aussi cette réflexion émise en 1976 : assurer une formation typiquement diaconale est un peu illusoire ; il faut profiter de ce qui existe, à savoir les cours de catéchèse, les cours au Séminaire. En même temps, il apparaît que calquer la formation sur celle des séminaristes comporte des avantages mais aussi une certaine ambiguïté, puisqu’on s’évertue à cerner l’originalité du ministère diaconal.

Lors du bilan de 1977-78, les candidats demandent d’accentuer les cours et les informations sur le diaconat : les sacrements et la manière de les administrer, le service à l’autel, l’usage du Missel, etc. De façon générale, ils requièrent un enseignement plus approfondi.

En septembre 1982, s’ouvre le Sénevé au Grand Séminaire. Le but de ce Centre d’études théologiques est d’assurer la formation de laïcs, religieux(ses), prêtres et diacres du diocèse. Le Conseil diaconal estime que les candidats et les diacres doivent profiter de cette aubaine. Dès lors, la formation va s’articuler autour de ce cadre : deux samedis matins par mois, les candidats suivent le cours « Synthèse du message chrétien » ; les après-midi, ils travaillent plus spécifiquement sur l’Ancien Testament (7 après-midi), l’histoire du diaconat (2), la prière et les psaumes (3), la révision du cours du matin (3). Des diacres continuent d’assurer une aide pour le cours du matin.

Avant 1987 déjà, les temps spirituels sont intégrés à la formation : la journée commence par les laudes ; après le cours du matin, l’Eucharistie est célébrée, puis, avant de suivre le cours de l’après-midi, les candidats vivent ensemble un temps de convivialité et de réflexion ; durant ce moment, ils évaluent l’homélie que l’un d’eux a prononcée au cours de la messe (cela fait office de cours d’homilétique), ils parlent du ministère diaconal ou de l’organisation du diaconat, abordent des points précis tels que les aspects pratiques du rituel du baptême ou un temps liturgique particulier, etc. 

A la fermeture du Sénevé, au début des années 1990, la formation doit être repensée, puisque « Synthèse du message chrétien » n’est plus donné ; elle prend alors son profil actuel[18] : les cours se donnent sur la base d’un ouvrage, dont les candidats doivent préparer une partie avant le cours ; dans la plupart des cas, l’examen n’est pas centré sur la mémorisation, mais consiste en un travail personnel attestant qu’ils ont assimilé la démarche. En 1993, l’I.S.S.R. de Carlsbourg sollicite et reçoit l’autorisation que les futurs professeurs de religion suivent certains cours de la formation.

Monseigneur Léonard, ordonné en 1991, approuve le système pédagogique mis en place pour les futurs diacres, et notamment le fait que les cours partent d’une œuvre écrite, et soient donnés par un théologien et un diacre accompagnant. Les candidats qui le souhaitent peuvent compléter leur formation en suivant des cours au Séminaire.

On le voit, très liée au Séminaire au départ – pour des raisons pratiques – , la formation diaconale a trouvé sa spécificité au cours des années. Elle remplit sa fonction d’enseignement doctrinal, mais également spirituel, tant par un contenu que par la pratique. Dans son rythme et son organisation, elle tient compte du fait que les candidats sont bien occupés par une vie de famille – le plus souvent – , une activité professionnelle, un investissement paroissial, associatif, etc.

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3.2.2. Formation permanente

Dès les débuts, elle s’avère indispensable, d’autant que les premiers candidats seront ordonnés diacres très rapidement après le rétablissement du diaconat dans le diocèse. Dès 1970, il est stipulé aux nouveaux candidats que la formation doit être continue après l’ordination.

Dans la pratique, cette formation continue aura du mal à se vivre. En 1982, elle est reconnue souhaitable, mais difficile à mettre en place matériellement. En 1985, c’est toujours une question d’actualité. Treize ans plus tard, les membres du Conseil diaconal expriment l’urgence de donner aux diacres le goût de la formation personnelle. Un an plus tard, peu de diacres permanents participent aux journées de janvier, aux récollections et aux retraites, lieux où nourrir leur engagement.

En théorie, la formation continue des diacres ordonnés est clairement prévue dans le Coutumier de 2002, qui lui consacre tout un chapitre[19], ne faisant que relayer le document Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents. Dans la pratique, plusieurs diacres ordonnés ne participent pas aux activités organisées pour eux dans le diocèse. Ceux qui s’y investissent trouvent néanmoins une nourriture en réponse à leurs attentes, qu’ils peuvent formuler ; par exemple, à l’Assemblée des diacres tenue à Orval en 1997, une formation est demandée sur les problèmes éthiques, les sectes et la catéchèse avant le baptême.

3.3. L’ordination et les étapes qui la précèdent

En 1973, le candidat reçoit les ordres mineurs[20] (le lectorat et l’acolytat) à la fin de la 1e année ; un an plus tard, c’est « l’expression et l’admission solennelles » ; à la fin de la 3e année, le candidat est ordonné diacre. Il importe de souligner que les deux premières étapes ne conduisent pas d’office à l’ordination, et que le discernement se poursuit jusqu’à cette ultime étape. 

Le Coutumier de 1988 précise ces différents stades : après un an de formation assidue, le candidat peut demander par lettre à l’Evêque de faire son premier engagement. Le Conseil diaconal doit donner son avis, et l’épouse doit donner son accord ferme par écrit. L’institution au lectorat et à l’acolytat se fait au moment jugé opportun par l’Evêque, chaque fois après une demande écrite du candidat et en recevant obligatoirement l’avis du Conseil. Un intervalle de six mois est requis entre le premier engagement, l’institution aux ordres mineurs et l’ordination. Dans la version de 2002, le premier engagement peut avoir lieu au début de la formation (c’est-à-dire à la fin de l’année de précheminement), l’institution au lectorat à la fin de la 1e année de formation, et à l’acolytat à la fin de la 2e

En ce qui concerne l’ordination elle-même, en 1988, elle s’annonce également par une lettre écrite à l’Evêque au plus tard trois mois avant la date envisagée. Même procédé en 2002, mais la demande doit être faite à la fin du mois de juin précédant la date envisagée. Dans les deux versions, le projet diaconal doit être joint à la missive, mais en 2002, l’accent est mis sur la réflexion qui a présidé à son élaboration, réalisée avec l’aide du groupe d’accompagnement et des responsables locaux. L’accord ultime est donné par l’Evêque, qui aura obligatoirement écouté l’avis des Conseils diaconal et épiscopal.

En 1997, une rencontre interdiocésaine à Bruxelles pose la question de la lettre de mission, message écrit que l’évêque adresse au diacre nouvellement ordonné ou à celui dont la mission change ; cette lettre devrait être transmise aux autorités religieuses concernées par les engagements du diacre. A Namur, jusque-là, cette étape s’effectue verbalement durant la cérémonie de l’ordination, et est ensuite publiée dans le bulletin diocésain. Une réflexion se met en place, et dans le Coutumier de 2002, on peut lire : « A l’occasion de l’ordination, l’Evêque enverra au nouveau diacre une lettre de mission, rédigée sur la base de son projet diaconal, le mandatant officiellement pour cet apostolat. » Dans la pratique actuelle, le tâtonnement est toujours de mise, car il n’existe pas de tradition des lettres de mission pour les diacres, qui assument des engagements sur le terrain de leur quotidien, à la différence des prêtres, dont les fonctions sont plus claires. 

 

[1] Théo. L’Encyclopédie catholique pour tous, Paris, Droguet-Ardant/Fayard, 1992. Chapitre sur l’organisation de l’Eglise au Ier siècle, p. 289.

[2] Vatican II. Les seize documents conciliaires, Canada, Fides.

[3] Acte législatif pris et promulgué par le Souverain Pontife « de son propre mouvement » (et non pour répondre à une sollicitation) ; c’est l’équivalent d’un décret. Dans Théo, op. cit., p. 1020.

[4] Ces données historiques proviennent du Coutumier de 2002, p. 2.

[5] Evêque de Namur de 1941 à 1974 ; décédé en 1977.

[6] Voir Coutumier de 2002, p. 2.

[7] Elle précise les conditions à remplir pour l’admission et l’ordination des candidats au diaconat.

[8] Il aborde l’admission à la formation, la durée de celle-ci, les qualités requises (intention droite, science nécessaire, bonne réputation, mœurs intègres, vertus éprouvées, qualités physiques et psychiques en rapport avec le ministère envisagé), les lettres à écrire à l’Evêque, les intervalles requis entre les ministères et l’ordination diaconale, l’ultime préparation à l’ordination par une retraite de cinq jours.

[9] Il détaille de façon beaucoup plus précise les procédures pour la sélection des candidats et les normes de la formation pour le diaconat.

[10] Il précise le statut juridique du diacre, les fonctions et la spiritualité diaconales ; il insiste sur la formation permanente du diacre. 

[11] Son rôle consiste à centraliser les dossiers des (candidats) diacres, à gérer les échanges avec l’Evêque et le Conseil épiscopal, ainsi qu’avec les responsables pastoraux concernés par le diaconat, à réunir le Conseil diaconal.

[12] 2005

[13] Ce discernement personnel ne peut de toute façon s’engager que si le postulant accepte les conditions préalables à l’ordination, parmi lesquelles : être âgé de 35 ans accomplis à la date de l’ordination, et pas au-delà de 65 ans – en 1988, pas au-delà de 55 ans ; compter plusieurs années de mariage ; s’il est célibataire, avoir d’abord opéré un discernement au Séminaire par rapport à une vocation sacerdotale ; etc.

[14] Celui-ci est nommé par le Conseil diaconal, et fait partie de ce dernier. C’est la raison pour laquelle les diacres sont au nombre de six au sein du Conseil : cela facilite les évaluations des différents candidats.

[15] Exemple d’ouvrage utilisé : J. Dankelman, Chrétiens d’aujourd’hui.

[16] Les candidats sont invités à lire tel ouvrage de morale, sur l’Ecriture, etc.

[17] Quelques instruments proposés : Dodd, Le fondement du christianisme, O. Clément, Questions sur l’homme, M. Delbrêl, Nous autres, gens des rues.

[18] Auparavant, il fallait parfois « bricoler », parce que le cours « Synthèse du message chrétien » se donnait sur deux ans, alors que la formation durait un an de plus.

[19] p. 10 : « La formation initiale du diacre doit être constamment élargie, approfondie et actualisée par la formation permanente. Celle-ci fait partie intégrante du ministère du diacre. Elle a donc son fondement propre et sa raison particulière dans le dynamisme même de l’ordination reçue. Cette formation permanente est par conséquent obligatoire. Formation initiale et formation permanente sont à considérer comme un unique parcours de vie chrétienne et diaconale. »

[20] « Il y eut longtemps incertitude sur le point de savoir si l’ordination au sous-diaconat et celle aux ordres mineurs, en usage depuis au moins le IIIe siècle, revêtaient un caractère sacramentel. Le Concile de Vatican II a tranché le débat en ne reconnaissant comme participant au sacrement de l’Ordre que l’épiscopat (plénitude du sacerdoce), la prêtrise (participation au sacerdoce) et le diaconat (participation au ministère). » En 1972, « le sous-diaconat et les ordres mineurs ont été supprimés dans l’Eglise latine, les fonctions de lecteur et d’acolyte étant toutefois conservées sous forme non plus d’ordres mais de “ ministères institués ”. » Théo, op. cit., p. 558.

 

L’histoire du diaconat à Namur.

Emmanuelle PETITJEAN

4. Les temps et moyens de rencontre des diacres

En plus des temps de formation, les diacres et les candidats se retrouvent à plusieurs reprises pendant l’année[21], et ce dès le rétablissement du diaconat dans le diocèse. Des variantes apparaissent néanmoins.

En 1970-71, sont prévues une journée de récollection tous les trois mois (le dimanche), des rencontres pour découvrir le diaconat pendant les vacances, et enfin, deux longs week-ends pour participer aux rencontres de la communauté francophone du diaconat.

En 1974-75, une récollection est mise sur pied, ainsi que deux retraites de quatre jours et une journée interdiocésaine.

En 1982-83, une rencontre entre diacres et candidats a lieu en septembre ; une journée de récollection en préparation à Noël, un week-end spirituel pour Pâques, et une journée de récollection pour la Pentecôte ; deux réunions générales ; une retraite de quatre jours se vit pendant les vacances d’été (à Orval).

En 1987-88, une journée de détente rassemble les candidats et les diacres ainsi que leurs familles[22] ; une journée de récollection a lieu pour Noël, pour Pâques et pour la Pentecôte, mais aussi deux jours bibliques fin janvier (dans le cadre de la formation permanente) ; une journée de rencontre annuelle se vit avec l’Evêque, et quatre jours de retraite en été.

L’Assemblée générale annuelle, qui a aujourd’hui lieu en juin, est un rendez-vous incontournable pour tous les diacres.

Actuellement, au cours de l’année, le responsable des diacres, l’abbé Kaufmann, tâche de rencontrer personnellement chacun d’eux pour faire le point.

Dès le début l’accent est mis sur la « communauté diaconale » : les candidats[23] et diacres ne vivent pas leur vocation seuls, mais en Eglise, et plus spécialement avec leurs frères diacres, avec lesquels ils partagent « des espérances, des soucis et des préoccupations communes » (Coutumier de 1988). Dans la version de 2002, le terme « fraternité » s’est substitué à celui de « communauté ».

En septembre 1994 paraît le premier numéro de la revue Diaconamur, bulletin de liaison des diacres du diocèse.

Toutefois, le nombre croissant de diacres et leur dispersion géographique dans le diocèse conduit les responsables du diaconat à envisager des rencontres au niveau régional ; on en parle dès 1976, et les équipes régionales sont créées en 1978 : à Namur, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, dans la Province de Luxembourg. Leurs objectifs sont divers : prier ensemble, échanger des expériences locales, s’insérer dans la pastorale décanale ou de secteur. Quatre ans plus tard, l’initiative est considérée comme positive, mais les objectifs semblent devoir être précisés.

En 1995, dans une lettre adressée à l’Evêque, le Conseil diaconal signale la nécessité de pousser les groupes régionaux à s’assumer davantage, et à prendre notamment en main une partie importante de leur formation permanente, sur la base des larges directives du Conseil diaconal. Les régions pastorales sont alors au nombre de cinq : l’Entre-Sambre-et-Meuse, Namur, Dinant-Beauraing, Marche-Bastogne, Neufchâteau-Arlon. Actuellement, elles sont quatre : l’Entre-Sambre-et-Meuse, Namur, Condroz-Famenne-Nord Luxembourg, Centre et Sud Luxembourg.

Le Coutumier de 1988 indique la possibilité, pour l’Evêque, de créer des équipes régionales, alors que celui de 2002 atteste leur existence.

Des rencontres se vivent aussi à l’échelle interdiocésaine. Dès la fin des années 1960, des contacts s’établissent avec le diocèse de Tournai, qui a déjà rétabli le diaconat permanent et apporte le résultat de ses premières réflexions et expériences.

Jusqu’en 1999, des réunions interdiocésaines des responsables du diaconat se tiennent de manière informelle dans les différents diocèses. En 1999, la Commission interdiocésaine du diaconat permanent voit le jour ; elle est composée de vingt-cinq membres, dont un président élu (Michel Welkenhuyzen), et, par diocèse, deux ou trois délégués, une épouse de diacre, un prêtre chargé de la formation ; Monseigneur Léonard est actuellement le délégué de la Conférence épiscopale auprès des diacres permanents. Les objectifs de cette Commission sont entre autres de coordonner le diaconat en Belgique francophone, d’échanger des expériences, d’entrer en contact avec la partie flamande du pays. C’est elle qui a organisé, notamment, un colloque à Louvain-la-Neuve en novembre 2004 pour commémorer les quarante ans de restauration du diaconat permanent dans l’Eglise catholique. Cette Commission émet des propositions ; elle n’a aucune autorité pour les imposer, chaque évêque ayant le pouvoir décisionnel dans son diocèse.

Des échanges se vivent également avec d’autres pays. Dès 1970, les Belges reçoivent une invitation de l’Allemagne[24] pour participer à la session du Centre International du Diaconat (C.I.D.). L’objectif de ce dernier est de promouvoir le diaconat, d’être un lieu de rencontre et de communion entre les diacres du monde entier, de représenter le diaconat permanent au niveau du Vatican.

Le C.I.D., dont le siège est à Rottenburg (Allemagne), publie la revue Diaconia, où il délivre des informations sur le diaconat en général, et sur des situations particulières. Tous les deux ans, il organise un colloque sur un thème précis ; cette année, il aura lieu à Munich. Il possède un Conseil d’administration comprenant des représentants de nombreux pays (France, Etats-Unis, Suède, Hongrie, etc.).[25]

Le C.I.D. est également un lieu consultatif, où peuvent se discuter de grandes questions, telles que la possibilité, pour les diacres, de donner le sacrement des malades. En dernier ressort, sur ces sujets de fond, c’est le Vatican qui a le pouvoir de décider.

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5. La spécificité du diacre permanent

Depuis les débuts jusqu’à aujourd’hui, cette spécificité semble, sinon difficile à cerner, du moins à « faire cerner » par les autres. Avant d’aborder les grandes questions propres à la vocation diaconale, nous allons voir comment s’est précisée peu à peu la conscience identitaire des diacres permanents.

D’emblée un contraste apparaît : le diaconat permanent est rétabli alors que le presbytérat connaît une crise grave. Ce constat, fait lors d’une réunion de la Communauté diaconale de Belgique, en 1972, est suivi d’une assertion : les diacres peuvent aider en apportant leur vocation propre[26].

Diverses réflexions éclairantes émanent de l’Equipe diaconale : le ministère diaconal est un ministère de charité, à valoriser ; une réflexion profonde doit porter sur son originalité (02/10/76). Le diacre est au service de son curé[27], mais l’Evêque peut l’appeler à un ministère qui dépasse le cadre paroissial, décanal ; il est aussi engagé dans son milieu professionnel (16/10/76).

L’avis de Guy Jassogne, diacre, en 1977 : si le diacre doit se trouver au seuil de l’Eglise, c’est parce que la majorité des gens ne se trouve plus dedans. Cette « théologie du seuil » revient souvent dans les réflexions sur la spécificité du diaconat.

Lors d’un week-end spirituel en 1978 : l’essence du diaconat est le service, mais non presbytéral et seulement s’il est accompagné d’une recherche spirituelle. Le diacre est différent du laïc[28] sans lui être pour autant supérieur. Au sein de l’Action catholique, on a tendance à exiger du candidat au diaconat sa démission d’éventuelles responsabilités dirigeantes.

Fin 1978, plusieurs diacres connaissent visiblement une période de découragement parce que l’image diaconale n’est pas encore bien perçue. Pour les soutenir, l’abbé Dejaifve, alors Responsable, leur livre notamment une méditation de Jean-Paul II, où le Pape dit que chaque diacre est appelé et envoyé en mission pour donner un témoignage total et permanent ; il porte, par sa vie d’abord, le témoignage de l’Evangile. Ce témoignage a deux directions : un mouvement partant de l’Evêque[29], qui choisit le diacre et l’envoie en priorité vers les pauvres ; un autre mouvement va des pauvres vers l’Evêque : le diacre se rend où personne ne va, il entend les joies et les peines des pauvres, et joue donc un rôle de lien entre les pauvres et l’Eglise ; son regard est double, tourné vers le Christ et vers les pauvres. On comprend dès lors pourquoi le diaconat permanent a été restauré. Le centre du ministère diaconal ne consiste donc pas à officier le dimanche.

Un dialogue et une collaboration doivent s’engager avec les prêtres du secteur pastoral, et les diacres doivent discuter avec eux en fonction du travail apostolique et pas de leurs propres désirs, c’est-à-dire être des collaborateurs généreux et discrets.

La réflexion s’enrichit encore, comme l’atteste le compte rendu de la réunion générale annuelle du diaconat permanent namurois, en 1982. Le diacre est un chrétien PRIS dans le peuple de Dieu, APPELE par l’Evêque, ORDONNE pour un ministère, DONNE par le Seigneur à l’Eglise. Il est ordonné pour être le signe permanent de la mission de service, avant tout des pauvres et des malades.

Son premier lieu de service est sa famille.

Le diaconat ne peut se concevoir que dans le cadre diocésain, et pas national, alors que dans les débuts, certains avaient tenté de le « nationaliser » ; à la lumière de Vatican II, on peut affirmer que l’ordination ne rattache pas quelqu’un à une communauté nationale, mais à un Evêque et, par lui, à un diocèse. 

L’Eglise, jusque dans la liturgie eucharistique, prie pour les diacres ; ceux-ci, particulièrement par la Liturgie des heures, prient pour l’Eglise.

Ce lien avec l’Eglise est fondamental, ainsi que le rappelle Monseigneur Mathen en 1983. L’Evêque appelle le diacre à s’engager dans l’Eglise. La liberté se trouve pour une part limitée, puisque les choix que l’on prend se font en fonction de cet engagement, de service[30], d’une part, apostolique[31], d’autre part.

Le diacre évolue dans deux espaces qui s’interpénètrent : le monde (vie conjugale et familiale pour beaucoup, vie professionnelle[32], civique, syndicale, etc. Il est dans tous ces lieux un stimulant de la charité divine) et l’Eglise (ministre de la Parole, des sacrements, organisation de la vie des communautés chrétiennes, de leur cohésion). Là où il se trouve, il va évangéliser, rencontrer l’incroyance et la pauvreté, rappeler que les hommes sont appelés à des rapports humains fraternels, dont la source est l’amour du Seigneur : en cela, son ministère est prophétique.

En 1986, Albert Delacharlerie livre sa pensée sur la nature du diaconat. Celui-ci n’a pas été rétabli pour combler le vide de prêtres, ni pour mettre en place un « super-laïcat », mais pour être le signe d’« une Eglise missionnaire, au service du monde, et dont la vocation de service doit être signifiée par un ministère vivant sacramentellement le charisme du Serviteur par excellence, Jésus-Christ. » Dans cette mesure, les tâches du diacre ne sont pas avant tout liturgiques et pastorales ; elles consistent à rester présents dans la vie quotidienne et à mettre leurs contemporains en état de service à autrui et au Tout-Autre.

Les membres du Conseil diaconal relèvent, en 1994, que le ministère diaconal est un ministère du seuil avant d’être paroissial, et ne doit donc pas être cléricalisé. Deux ans plus tard, ils précisent à leur tour la spécificité du diaconat, selon trois axes : le ministère diaconal n’est pas une histoire individuelle mais se vit en Eglise ; il est présence sacramentelle de l’Eglise dans les milieux qui ne la fréquentent plus ; le sacrement reçu confère un plus, mais qui n’est pas de l’ordre de la quantité ni du pouvoir. En 1998, ils envisagent un rôle pour les diacres dans les paroisses sans prêtres : non pas remplacer ceux-ci, mais se charger des laïcs qui constitueront une structure communautaire minimale chargée d’assumer les grands pôles de la paroisse.

Le 13 novembre 2004 a lieu une journée de colloque dans le cadre du 40e anniversaire de la restauration du diaconat permanent. Divers points de réflexion sont soumis à l’auditoire, parmi lesquels nous pouvons retenir l’intervention de l’abbé Haquin[33] ; ce dernier rappelle que les trois pôles du ministère diaconal sont la Parole, la liturgie et la charité.

Didier Gonneaud[34] rappelle que les perspectives développées par Vatican II remettent en mouvement l’équilibre global du sacrement de l’ordre, qu’il faut penser à la fois dans son unité et dans la diversité de ses ministères ; cette problématique a des applications concrètes : si l’on insiste davantage sur la diversité, on donnera plus facilement leur place aux épouses de diacres, et l’on pourra éventuellement envisager l’ordination des femmes au diaconat. Pour D. Gonneaud, « la vraie question, ce n’est donc pas : à quelle identité particulière du Christ – par exemple, le Christ serviteur – le diacre serait-il configuré ? Elle est plutôt : en vue de quoi le diacre est-il sacramentellement configuré au Christ lui-même ? » Il lance également un appel à ce que l’ « ordo » diaconal acquière une visibilité au sein de l’Eglise locale.

La conclusion[35] de la journée est donnée par l’Evêque référendaire, Monseigneur Léonard, qui insiste sur quatre points. D’une part l’union et la distinction entre les trois degrés (épiscopat, presbytérat, diaconat) ; si l’accent est trop mis sur l’union, le risque encouru est d’accentuer le ministère paroissial et liturgique du diacre. Egalement l’union et la distinction entre les diacres et les autres baptisés, notamment les assistants paroissiaux. Ensuite l’importance de revaloriser le caractère sacramentel du diaconat : de passer du « faire » à « l’être ». Enfin, la spécificité du diaconat dans son rapport au Christ, par un ministère voué de manière primordiale à la charité.

Au fil des années, les grandes intuitions de départ s’approfondissent et s’affermissent, et en même temps, sont toujours l’objet d’un questionnement et d’une incompréhension pour certains, comme nous allons le voir.

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6. Les questions, les difficultés

L’une des grandes difficultés rencontrées par les diacres dès les débuts et jusqu’à aujourd’hui, ce sont les attentes à leur égard face au manque de prêtres. On les laisse peu s’épanouir dans leur vocation propre, car on attend d’eux qu’ils remplissent les cures vacantes. En réalité, la solution à la crise des vocations sacerdotales ne consiste pas à transformer les diacres en « sous-prêtres » de remplacement.

Au cours des premières années apparaît la question du rapport des diacres avec l’Action catholique, alors bien active, et particulièrement avec les prêtres-ouvriers : la vocation sociale est-elle spécifiquement presbytérale ? Lors de l’évaluation de l’année 1977-78, certains diacres disent se sentir « la cinquième roue du char », et souhaitent que soit définie leur mission, leur place au sein des mouvements d’Action catholique. Grand est le risque, en effet, que les diacres ne soient cantonnés à des tâches comme la prédication durant la journée paroissiale d’adoration. Pour définir les rôles des diacres, les Conseils diaconal et épiscopal, en réunion le 30/06/95, suggèrent de poser cette hypothèse de base : quel rôle donnerait-on aux diacres s’il y avait encore des prêtres dans toutes les paroisses ?

Au cours des années, les diacres ont du mal à faire passer d’eux une image positive ; les prêtres ne semblent pas avoir besoin d’eux[36], et les paroissiens n’acceptent pas facilement le ministère diaconal, particulièrement si le diacre et ses problèmes familiaux sont connus. Les diacres héritent des difficultés inhérentes au binôme prêtre/laïc qui prévaut depuis des siècles, et dans lequel les prêtres, se sentant menacés dans leur rôle, ont parfois du mal à introduire un troisième acteur. 

Cette méfiance s’enracine également dans une mauvaise connaissance de la vocation diaconale, ce à quoi les Responsables du diaconat sont attentifs. Ainsi, en 1976, face aux problèmes liés à l’accueil des diacres dans certaines paroisses, une campagne d’information est lancée dans les doyennés (réunions avec les doyens, les curés et les diacres) afin de donner des renseignements concrets sur le diaconat, notamment à partir de témoignages. En 1978, l’abbé Dejaifve s’inquiète du fait que les diacres permanents ne sont pas mentionnés, dans certains articles diocésains, comme appartenant aux forces vives du diocèse. En 1982, force est encore de constater la mise en place très lente de la collaboration, due aux difficultés d’expliquer aux prêtres l’originalité de la vocation et de la mission diaconale ; et de lancer un nouvel appel à poursuivre l’information, surtout pour la qualité de vie et de service des diacres. Les choses évoluent sans doute au cours des années, mais pas encore parfaitement, puisque, en 1996, l’Evêque invite l’abbé Solot, alors Responsable diocésain, à parler du diaconat aux doyens principaux et à la session des doyens. Cette œuvre de conscientisation est loin d’être achevée, comme l’atteste le rapport de l’Assemblée des diacres de 1997 : « Un candidat fait remarquer que, dans sa région, la connaissance du diaconat est nulle. Certains prêtres n’en veulent pas. »

Les Responsables du diaconat permanent vont aussi être confrontés à l’absence de certains diacres ordonnés lors des retraites, des assemblées générales, des ordinations diaconales, de journées de récollection. Ce problème est posé dès les années 1970 ; il est encore attesté en 1998, où seulement onze diacres ou candidats ainsi que deux épouses participent à la récollection de Pentecôte, au demeurant très profonde. Il en va de même pour leur investissement dans la formation permanente. En 1996, les membres du Conseil diaconal se répartissent la quinzaine de diacres que l’on ne voit plus, afin de les interpeller fraternellement. Et en 1998, le Conseil se demande s’il ne faut pas rappeler « l’obligation » de la retraite annuelle.

Des questions plus ponctuelles viennent également au jour. Ainsi, en 1976, les Responsables s’interrogent sur l’absence de diacres issus du monde ouvrier, et affirment dans un même temps que le diaconat ne peut être réservé à des « intellectuels ». Actuellement, les diacres proviennent de milieux divers. En 1998, se pose aussi la question de l’ordination de diacres divorcés. Jusqu’à présent, cela ne se fait pas.

Il y a aussi, bien sûr, toutes les questions relatives à la formation, qui doit être spécifique aux diacres. Elle le deviendra au cours des années 1980 et surtout 1990, mais auparavant, le profil des futurs diacres sera calqué sur celui des séminaristes, même s’il ne faut pas avoir la prétention de faire de tous les diacres des docteurs en théologie (1974). Et ce constat, fait en 1998, que la formation des candidats diacres ne répond pas à tout.

Se posent aussi les difficultés inhérentes à l’interpellation prônée par Monseigneur Léonard vers 1995. Aller au-devant d’hommes estimés « diaconables » est une idée positive, déjà pratiquée en France. Elle repose toutefois sur le bon vouloir des doyens et des prêtres, qui ne sont pas tous favorables aux diacres permanents. Elle pose aussi la question des modalités : l’appel est-il individuel ? Fait par une communauté ? Pour un besoin d’Eglise ? Il faut éviter que quelqu’un ne soit interpellé par une seule personne. Plusieurs choses sont sûres, signale-t-on lors d’une rencontre interdiocésaine en 1997 : ce ne sont ni l’Evêque, ni le Conseil diaconal qui doivent se charger de l’interpellation, afin de garder leur indépendance en cas de refus ; de plus, la démarche ne coule pas de source dans des communautés chrétiennes qui sont le plus souvent consommatrices. Enfin, certaines attitudes suscitent un questionnement : une affiche a été réalisée pour promouvoir le diaconat, mais tous les prêtres ne l’ont pas reçue, vu les frais d’envoi…

Lors d’une rencontre interdiocésaine en 1997, certains soulèvent la question du diaconat féminin, à laquelle, à l’exception de Malines-Bruxelles, aucun diocèse ne semble sensibilisé. Il semble qu’avant tout, le diaconat masculin doive d’abord se préciser, et que soient levées les ambiguïtés le concernant.

En 1995, le Conseil diaconal souligne le risque de « schizophrénie » des diacres : considérés comme des hommes responsables dans leur famille et leur travail, ils peuvent être « infantilisés » au niveau du diaconat. Un appel est lancé à leur laisser la responsabilité de s’organiser, et de vivre en communion avec l’Evêque, mais dans la liberté et la créativité.

Un autre sujet délicat concerne les diacres célibataires, dont certains sont devenus prêtres. En 1994, le Conseil diaconal attire l’attention sur le risque que le diaconat ne devienne une route subsidiaire pour le presbytérat, et ne perde sa spécificité. Il préconise une période de dix ans avant que l’Evêque n’appelle éventuellement un diacre au sacerdoce. Cette question est résolue aujourd’hui puisque, comme le prévoit le Coutumier de 2002, préalablement à l’admission, « le diacre célibataire sera orienté vers la formation sacerdotale. Il ne sera reçu comme aspirant diacre que s’il est établi définitivement qu’il n’est pas appelé à la vocation presbytérale. Il devra se préparer à consacrer son célibat au cours de l’ordination diaconale. »[37]

Dans le rapport effectué en vue de la visite ad limina des Evêques belges à Rome, le Conseil diaconal relève des problèmes d’ordre théologique, tels que l’administration du sacrement des malades dans des situations extrêmes[38] ; d’ordre économique : le diacre marié est en effet soutien de famille et, s’il consacre beaucoup de temps à son ministère, ne reçoit pas pendant ce temps de quoi subvenir à ses besoins ; d’ordre pastoral : certains diacres ont un comportement de sacristain, de « curé manqué », alors que le ministère diaconal est un ministère du seuil, à ne pas cléricaliser.

Le colloque de novembre 2004 soulève, quant à lui, des questions d’ordre théologique, auxquelles ne sont fournis que des embryons de réponse. Pourquoi les diacres ne pourraient-ils constituer un ordo visible, un « diaconium » (comme il y a un presbyterium) ? Faut-il définir le diacre par une symétrie immédiate avec le Christ Serviteur ? Et enfin, deux questions, qui ont d’ailleurs jalonné les quarante dernières années : diacre, qui es-tu ? Quelle est ta mission à l’intérieur de l’Eglise ?

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7. La place des épouses de diacres[39]

Dès le début, le rôle des épouses apparaît central pour la vocation de leur mari. Celui-ci ne pourra vivre pleinement son ministère que s’il est soutenu par celle qui partage sa vie. Dès la fin des années 1960, les premières rencontres ont d’ailleurs lieu avec le couple, et actuellement, l’épouse fait partie de l’équipe de précheminement.

Ainsi, dès les réflexions de 1968, même si elle n’est pas obligée de suivre elle-même la formation, sa participation est souhaitée ; cet avis persistera jusqu’à aujourd’hui. Une garde d’enfants est mise en place pour permettre aux épouses de participer aux cours, aux récollections, etc.

Lors d’un week-end spirituel, en 1978, on met en avant le fait que l’époux, appelé, est donc plus favorisé que son épouse, qui « subit » les conséquences de la vocation de son conjoint. En réalité, elle doit trouver elle-même quel sens prend cet appel dans sa vie à elle. Cette difficulté justifie le fait que l’accord de l’épouse est indispensable pour que le candidat reçoive l’ordination. Le Coutumier le prévoit clairement, tant en 1988 qu’en 2002.

L’épouse et la famille demeurent d’ailleurs le premier engagement du diacre. En 1982, un rapport signale qu’il faut toujours préserver l’équilibre et la vie du foyer avant de servir à l’extérieur, sous peine d’être un contre-témoignage.

Les épouses font pleinement partie de la « fratrie », à tel point qu’elles sont loin d’être mises de côté lorsqu’elles perdent leur époux ; au cours des années, apparaît un souci constant d’entourer les veuves, surtout par le biais des équipes régionales.

Lors du colloque à Louvain-la-Neuve, en novembre 2004, Didier Gonneaud[40] évoque le lien entre la sacramentalité du diaconat et celle du mariage. En 1968, lors d’une session sur ce thème, les évêques de France posaient le problème en partant du statut des diacres : « La vie de l’épouse, comme éventuellement celle des enfants, sera telle qu’elle ne fasse pas “obstacle au ministère du diacre ou ne le déshonore pas”. En 2001, on ne compare plus les deux états de vie en se centrant sur leurs différences, mais on considère les deux sacrements comme ayant un statut égal, et on essaie de voir ce qu’a d’enrichissant le fait que le sacrement de mariage soit vécu par un nombre significatif de couples dont le mari est diacre. L’évolution est notoire.

Actuellement une épouse de diacre par diocèse fait partie de la Commission interdiocésaine du diaconat permanent ; pour Namur, il s’agit de Carine Peignois.

Les épouses de candidats et de diacres du diocèse avaient eu des rencontres entre elles. Après une interruption de seize ans, elles ont revécu une expérience semblable – très positive – en 2004.

Conclusion

« Les diacres pour le “service des tables” ». Au terme de ce parcours, nous pouvons attester cet élément de l’identité du diacre, qui revient comme une constante dès la fin des années 1960 : le diakonos est signe du Christ Serviteur et présence au monde d’une Eglise Servante, ordonné « non en vue du sacerdoce, mais du ministère [c’est-à-dire du service]. » (Lumen Gentium, n° 29).

« Ce dernier [l’évêque] était en outre assisté des diakonoi ». Derrière cette description du Ier siècle apparaît aussi une réalité profonde du lien actuel entre diacres, prêtres et évêque. Entre le sacerdoce presbytéral et le ministère diaconal, il y a une distinction de nature, pas de degré : aucun n’est supérieur à l’autre[41], mais chacun doit trouver la spécificité de son identité ; les prêtres ont deux mille ans de tradition derrière eux, mais la tâche est encore longue pour le diaconat tout récemment rétabli.

Prêtre et diacre se positionnent de manière égale vis-à-vis de l’évêque. Le diacre est d’ailleurs directement ordonné par l’évêque ; les prêtres ne lui imposent pas les mains.

« Parfois, des tensions internes entre les deux groupes. » Ce constat semble lui aussi d’actualité. Certains prêtres ont en effet du mal à accueillir la vocation des diacres, soient qu’ils n’en voient pas l’utilité, soit qu’ils les considèrent comme des « rivaux ». Cela ne favorise pas la promotion du diaconat au sein du diocèse.

Nous pouvons tirer d’autres conclusions de notre approche. Par exemple, le dynamisme de la Communauté diaconale namuroise ; au long des années, une réflexion constante a permis d’aboutir à la situation actuelle, qui fournit un modèle de vie en Eglise, depuis les premiers pas du futur candidat jusqu’aux contacts fraternels qui continuent d’unir les diacres ordonnés.

Cette réflexion, ce souci d’évoluer sont attestés depuis le rétablissement du diaconat en 1968. Certaines dates ressortent, bien sûr : le début d’une systématisation en 1974, lors de l’institution de l’Equipe d’animation par Monseigneur Mathen ; l’ouverture du Sénevé en 1982 ; le premier Coutumier en 1988 ; la formation qui prend son visage actuel au début des années 1990 ; la seconde version du Coutumier en 2002. En même temps, on ne peut pas réduire l’évolution du diaconat à ces moments clés, dans la mesure où les changements ont été préparés par les échanges multiples d’année en année. Les rapports de réunion des responsables reflètent bien ce souci constant de remise en question.

Force est aussi de constater combien le chantier de la réflexion est loin d’être épuisé ! Certaines questions posées dès les débuts sont encore évoquées quarante ans plus tard ; elles pourraient être résumées par ces interrogations d’André Haquin au colloque de Louvain-la-Neuve : « Diacre, qui es-tu ? Quelle est ta mission à l’intérieur de l’Eglise ? »[42]

En tentant de décrire l’évolution du diaconat permanent dans le diocèse de Namur, nous nous sommes posé d’autres questions, d’ordre plus général : quels sont tous les points de liaison qui unissent le diaconat de l’Eglise primitive avec le diaconat permanent actuel ? Pourquoi le diaconat s’est-il finalement éteint et, au contraire, pourquoi la flamme s’est-elle rallumée : qu’est-ce qui a présidé à la décision des Pères du Concile de restaurer le diaconat permanent ? Le sujet est donc loin d’être épuisé !

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Bibliographie

Documents directement relatifs au diaconat permanent dans le diocèse

Coutumier pour le Diaconat Permanent dans le Diocèse de Namur, 18 juin 1988. Editeur responsable : abbé Ernest Dejaifve.

Coutumier pour le diaconat permanent dans le diocèse de Namur, 13 juin 2002. Editeur responsable : Jacques Dessaucy.

Diaconamur, n° 41, avril 2005.

Documents relatifs à la vie du diaconat : listes de diacres et de candidats ; rapports de réunion de l’Equipe d’animation et du Conseil diaconal (22/09/70, 24/11/73, 08/12/73, 08/11/74, 23/11/74, 02/10/76, 06/11/76, 16/10/76, 01/06/93, 23/02/94, 18/04/94, 01/06/94, 30/06/95, 09/05/96, 14/06/96, 09/08/96, 06/11/96, 11/12/96, 24/11/97, 29/12/97, 23/03/98, 20/04/98, 25/05/98, 24/08/98, 02/10/98, 04/12/98, 16/01/99) ; rapports de rencontres interdiocésaines (23/08/70, 09/07/74, 16/09/74, 22/02/97) ; lettres (21/01/86, mai 93, 1995, 1999) ; renseignements pratiques envoyés aux diacres sur la formation, les retraites (nov. 70, 22/09/72, 05/08/73, 12/02/80), réflexions (23/11/68, 12/07/70, 11/03/78, 20/12/78, oct. 94, 16/02/99), rapports d’assemblée générale (25/09/82, 25/06/83, 28/08/97).

De nombreux autres documents ont été parcourus, mais nous ne reprenons ici que ceux dont nous avons extrait des renseignements pertinents pour notre travail.

Témoignages oraux recueillis auprès de l’abbé Jules Solot et des diacres Jacques Dessaucy et Christian Goffinet, que nous tenons à remercier tout particulièrement.

Ouvrages généraux

Théo. L’Encyclopédie catholique pour tous, Paris, Droguet-Ardant/Fayard, 1992.

Vatican II. Les seize documents conciliaires, Canada, Fides.

P. Christophe, 2000 ans d’histoire de l’Eglise, Paris, Droguet & Ardant, 2000.


[21] A la réunion de l’Equipe diaconale du 2 octobre 1976 : il faut vivre les rencontres comme une réponse à l’appel du Seigneur.

[22] Il est actuellement question de remettre cela sur pied.

[23] Ils sont actuellement intégrés à toutes les activités propres au diaconat. Cette ouverture s’est faite au cours des ans ; en 1978, par exemple, la communauté diaconale ne désigne que les diacres permanents.

[24] L’Allemagne est le premier pays européen à avoir ordonné des diacres permanents : cinq en 1968.

[25] Actuellement, seules l’Asie et l’Afrique sont moins représentées. En Afrique, notamment, le diaconat permanent suscite peu d’engouement, car la vocation y est souvent vue comme une promotion sociale, ce qui n’est pas le cas du diaconat, non rétribué.

[26] Mais le risque, maintes fois signalé, au cours des années, est de faire des diacres permanents de nouveaux prêtres, chargés de combler les vides dans les cures.

[27] Cette expression, formulée à l’époque, peut introduire une fausse idée hiérarchique. Comme le curé, le diacre est directement rattaché à l’évêque ; s’il doit donc évidemment collaborer avec le prêtre, il n’est pas pour autant « sous ses ordres ».

[28] Ils relèvent qu’on parle aux Etats-Unis de « diacre laïc », ce qui constitue une grave erreur théologique, puisque le diacre est ordonné.

[29] Il n’y a pas de « diacre indépendant ». La vocation diaconale se vit dans l’Eglise ; pour cette raison, le diacre doit se demander ce que son Evêque attend de lui, d’où l’importance d’un entretien annuel avec lui. 

[30] A la manière de Jésus-Christ, le diacre est serviteur dans une Eglise servante et pauvre.

[31] Cet engagement dérive des apôtres, qui ont choisi les premiers diacres. Par l’ordination, le diacre entre dans la structure hiérarchique de l’Eglise, à la différence des agents pastoraux.

[32] Dans le diocèse de Namur, on accorde une grande importance au témoignage dans le milieu professionnel, qui vient aussitôt après l’

[33] Diaconamur n° 41, avril 2005, p. 4.

[34] Ibid., pp. 5-9.

[35] Ibid., pp. 10-11.

[36] Des membres du doyenné de Fosses déclarent, en 1974, que les diacres permanents ne sont d’aucune utilité pour les curés de petites paroisses.

[37] Coutumier de 2002, p. 3.

[38] L’idée selon laquelle l’administration de ce sacrement relève des prêtres repose sur un passage de l’Epître de Jacques : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Eglise et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. » (Jc 5, 14). A la différence de cette traduction de la Bible de Jérusalem, la TOB utilise au lieu de « presbytres » le terme « anciens », qui semble désigner, dans le Nouveau Testament, les responsables des communautés chrétiennes locales. Dans sa spécification des sacrements, le Concile de Trente a décidé d’entendre « prêtres » derrière le mot « presbytres », et de réserver à ceux-ci le sacrement des malades, notamment parce que celui-ci est lié à la pénitence, acte sacerdotal. La question est donc bien délicate…

[39] Un colloque très intéressant a eu lieu à leur sujet il y a quelques années, dont il vaudrait la peine de lire le compte rendu.

[40] Diaconamur, n° 41, avril 2005, p. 6.

[41] On pourrait dire la même chose de l’évêque et des laïcs. Entre tous ces états de vie et ces vocations, aucun n’a plus de valeur que les autres ; Dieu donne quelque chose de spécifique au monde à travers chacun d’eux.

[42] Diaconamur, op. cit., p. 5.

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