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Guy KAISIN

Homélie prononcée le 14 décembre

samedi 22 décembre 2018, par Jacques Delcourt

Is 25,6a ; 7-9 ; 1 Cor 15, 51 ; 54-57 et Jn 6, 34-40
« …exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » Is
« Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. » 1 Cor
« Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » Jn
En lisant et relisant les lectures que Guy a choisies pour la célébration de ses funérailles, je me suis demandé pourquoi il avait choisi ces lectures-là et, donc, ce qu’elles pouvaient bien nous dire de lui. Et quel message, il souhaitait nous partager à travers ces extraits-là.
Je vous avoue que j’aurais préféré qu’il nous donne d’entendre les dernières péripéties de Toto ou une autre blague de son réservoir inépuisable.
Cela dit, il me semble d’abord, que ces lectures, comme l’humour que Guy maniait si bien, nous entraînent dans une bonne ambiance, un peu plus chaleureuse qu’à des funérailles.
Car Guy nous emmène, grâce à ces lectures, dans l’ambiance de la foi et de l’espérance.
« Dieu détruira la mort pour toujours ; il essuiera les lames sur les visages ; en lui nous, nous espérions, il nous a sauvé, réjouissons-nous ; les morts ressusciteront, en un clin d’œil, nous serons transformés ; ce qui est périssable en nous deviendra impérissable ; la mort est engloutie dans la victoire. La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
Voilà les quelques paroles que Guy a choisies de nous faire entendre. Des paroles qui était au cœur de sa vie et de sa foi, des paroles qui ont orienté ses choix et motivé ses engagements, des paroles qui sont le cœur de la foi chrétienne.
Pourtant des paroles que Guy aurait pu, maintes fois, mettre de côtés à cause des interminables ennuis de santé qu’il a rencontrés depuis sa pension en 94.
Il aurait pu se plaindre et tourner le dos à Dieu mais que du contraire, sa foi et son espérance, lui ont donné de se relever de nombreuses fois jusqu’à ne plus en avoir la force. Des paroles, une foi et une espérance qu’il a « sakan côp » été amené à réfléchir avec des jeunes parents lorsqu’il était responsable à Auvelais de la pastorale des baptêmes.
Une réflexion et une mission qu’il a mené en équipe dans une ambiance chaleureuse et simple.
Il en témoignait dans une interview en 98 pour le journal Dimanche à la journaliste stagiaire Agnès Leboutte. Elle écrit : « Guy avoue se réjouir de la charge qui lui était confiée. Il est particulièrement bien placé pour s’occuper de la pastorale des baptêmes. Étant papa et grand-père, son expérience l’aide à comprendre les petits et les gros soucis qu’éprouvent les parents pour leurs enfants. D’autre part les diacres sont ordonnés pour aller à la rencontre des « chrétiens du seuil », ceux qui ont perdu contact avec l’Église, ceux qui n’entretiennent pas leur foi ! Et donc, en rencontrant ces gens-là, nul doute que Guy a été bousculé de temps en temps par l’un ou l’autre qui lui aura dit : « Rastreins, Valet ! La résurrection C’est « nin auji à avaler ».
Rien n’y fit pour déstabiliser Guy : sa foi et son espérance restaient intactes. Sans doute parce qu’il se nourrissait de la parole de Dieu ; tellement bien nourri que ces homélies en étaient remarquables : bien centrées sur la parole biblique du jour, en lien avec le vécu et l’expérience des auditeurs, agrémentées de traits d’humour, quand elle n’était pas prononcées en wallon à certaines occasions.
Alors merci à Guy, aujourd’hui encore de nous insuffler une telle foi et une si bienfaisantes espérance.
En partant à la rencontre du père, Il a de quoi lui raconter ce qu’il a fait pour faire sa volonté.
Si sa santé lui avait permis, il en aurait fait plus encore.
Au nom de sa foi et de son espérance, j’ai envie de dire que Guy est aller au charbon !
Sa foi l’a mis en route.
Sur le terrain de de son travail à la centrale électrique d’Amercoeur où il exerça la fonction de brigadier de manutention des combustibles. Donc du charbon, il a vu passer !
Et puis, Madeleine passa dans son cœur, un passage de 57 ans d’amour.
Leur amour les a fait s’engager à former d’autres couples dans un projet de mariage .
Guy et Madeleine allaient ensemble « au charbon » pour construire et accompagner une famille : deux filles, Agnès et Catherine, six petits-enfants et Mélissa l’arrière-petite-fille.
Guy aimait les contacts avec les gens, pour parler avec eux, les rencontrer.
Ce qui lui fit mettre les pieds aussi dans le MOC, dans la confrérie de l’ « Auveloise », dans une chorale à Auvelais, et puis son humour et ses talents d’acteur l’ont naturellement dirigé vers le théâtre où pendant 24 ans Guy se produisait dans des spectacles réalisés par la dramatique paroissiale « Saint-Joseph ».
De bon augure pour enfiler en 84 son aube et son étole et monter sur les podiums et les scènes des liturgies y jouer brillamment son rôle de diacre.
Une fonction dans l’église qu’il était un des premiers à accepter dans notre diocèse de Namur, fonction où, à l’époque, l’épouse et la famille n’avaient pas autant de considération de la part responsable diocésain qu’on veut en donner aujourd’hui à ceux qui voudraient aussi se lancer dans ce beau service d’Église.
Je voudrais terminer en disant merci à Madeleine et à sa famille pour ce qu’ils ont partagé, bon gré mal gré, dans ce ministère de Guy.
Merci aussi à elle et eux, pour la générosité d’amour qu’ils ont donné à Guy dans ces moments les plus heureux et dans les nombreux moments plus éprouvants qu’ils ont dû traverser.
Merci aussi à l’abbé René Forthomme pour les notes qu’il m’a passée sur Guy, disant surtout la fierté, la joie, le bonheur et la complicité d’avoir pu collaborer dans la pastorale avec un homme comme Guy « venu du ciel faire la volonté de celui qui l’a envoyé ».
Francis LALLEMAND