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Retraite 2007

Retraite annuelle

 

Le 23 août dernier, l’abbaye d’Orval nous accueillait encore une fois pour notre retraite annuelle.

Tout d’abord, le cadre ! Quel bonheur que de se retrouver dans ce vaste lieu de prière, de calme, de ressourcement ! Les organisateurs avaient bien fait les choses au niveau de la météo : hormis une petite ondée, ils nous ont fait connaître un temps d’été (moments rares cette année). Merci Seigneur ! C’est plus facile et agréable de déambuler en méditation sous le soleil que sous le parapluie et la drache autochtone.

 

Par ailleurs, nous avions rendez-vous avec Guerric d’Igny qui nous a été présenté – avec une mæstria à nulle autre pareille – par frère Bernard-Joseph que tous les hôtes de la trappe connaissent bien. Guerric d'Igny [ vers 1080 - 1157 ] 11-12e siècles, chanoine de Tournay, Guerric d'Igny (1070/1085 [?] – 1157), entre à Clairvaux vers 1120 et devient abbé de Notre-Dame d'Igny en Champagne, vers 1138. Ce disciple de Saint Bernard nous a laissé 54 de ses sermons qui sont parvenus jusqu'à nous. Ces textes émaillent l’année liturgique

Comme son maître, il nous invite littéralement à manger la Parole et à la ruminer (vraiment comme les vaches avec leur bol alimentaire ! Cf. Fr. Bernard-Joseph et… Saint Bernard).

 

Nous avions deux points d’écoute pour « brouter » la parole de Guerric et la journée (la nuit) pour « ruminer ».

Il est impossible de faire passer ici le fruit de ces méditations de même qu’il est difficile de faire passer le fruit d’une lectio divina.

Guerric mêle intimement la parole de Dieu à sa pensée dans un style étrangement révolutionnaire, moderne et audacieux !

 

Voici quelques extraits dont le choix est absolument subjectif ;

 

  • Ô âme croyante, ouvre bien grand ton sein, dilate ton cœur, ne sois pas à l’étroit en tes propres entrailles, conçois celui qu’aucune créature ne peut contenir. Ouvre à la parole de Dieu ton oreille pour entendre. Car l’oreille est pour l’esprit à concevoir le chemin qui mène vers l’utérus de ton cœur ; et c’est de cette manière que prennent consistance les os du Christ — c’est-à-dire les vertus — dans le ventre de la femme enceinte (Qo 11, 5).
  • Le père, dit le texte, se jeta à son cou et l'embrassa. Lorsqu'il l'abordait ainsi, que cherchait-il par cette étreinte et ce baiser, sinon à introduire son fils en soi-même et à s'introduire soi-même en son fils. Il insufflait en lui son souffle, pour que son fils, en s'unissant à lui, forme avec lui un seul esprit (un seul souffle), comme en s'unissant aux prostituées il avait formé avec elles un seul corps (1 Co 6, 16-17).
  • … me voici, je suis prêt à être immolé pour que tu manges ma chair et boives mon sang (Jn 6, 53). Et ne va pas craindre que la mort de ton serviteur te prive des services qu’il te rend : même lorsque j’aurais été mangé et bu, je demeurerai, intact et vivant, à ta disposition et je te servirai comme auparavant.
  • Il ne faut donc pas, mon frère, trop épargner à tes pieds les chemins de l'obéissance et les allées et venues du travail, puisque Jésus pour toi n'a pas épargné à ses pieds la souffrance des clous, et maintenant ne refuse pas de récompenser et réparer les fatigues des tiens en te permettant d'étreindre et d'embrasser les siens.

Evidemment, il convient de lire l’entièreté des sermons et de voir ces lignes dans leur contexte.

 

Nous pourrions procurer ces extraits à ceux qui en font la demande mais vous les trouverez soit sur le site de l’abbaye d’Orval soit sur le site des cisterciens (cf. références de bas de page).

 

Nous avons fait également la connaissance de Guillevic et ses poèmes simples qui semblent même anecdotiques mais tellement profonds

 

Le matin

T’est donné,

 

Ne le prends pas

Comme un dû

 

Je tends ma sébile

Au soleil levant

 

Relisez ces quelques mots en imaginant le pauvre que nous sommes qui se tend, en demandeur, vers le Christ ressuscité, le Christ ressuscitant le matin de Pâques.

 

 

Nous avons également vécu ces jours dans le rythme des temps de prières des moines : que du bonheur.

 

C’est certain ! L’an prochain, je retourne en retraite avec mes confrères !

 

Jacques D.

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/ficheauteur.asp?n_aut=3130 13/09/2007

http://www.citeaux.net/collectanea/ 13/09/2007 Sermon 2 Pour l’Annonciation

Parabole du Fils Prodigue

http://www.orval.be/fr/spiritualite/careme.htm 13/09/2007

Sermon 1 pour les Rameaux (cf. document remis par Fr. Bernard Joseph)

http://www.orval.be/fr/spiritualite/resurrection.htm 13/09/2007

Eugène Guillevic (Carnac, Morbihan, 5 août 1907 - Paris, 19 mars 1997) est l'un des plus importants poètes français de la seconde moitié du XXe siècle. Il ne signa jamais ses nombreux recueils que de son seul nom, Guillevic.