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Envoyés pour servir : les diacres permanents

mardi 20 septembre 2011, par Jacques Delcourt

Article de Mgr Léonard paru le 30 avril 2003 dans "Vers l’Avenir"
et "L’Avenir du Luxembourg" à l’occasion de la Journée des Vocations.

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Envoyés pour servir : les diacres permanents

À l¹occasion de la Journée mondiale de prière pour les vocations, le
Service des vocations organise, à travers nos deux provinces, du 11 au 17
mai, une semaine de rencontres et de prière pour les vocations dont l¹Église
a besoin. Le programme sera communiqué par diverses voies. Parmi ces
vocations, il y a celle de diacre permanent. Elle commence à être bien
connue et appréciée.

Le diacre est un "ministre ordonné". Il reçoit le premier degré du
sacrement dit "de l¹ordre", parce qu¹il "organise" la hiérarchie de l¹Église
en faisant participer à la mission des Apôtres. Les deux autres degrés sont
ceux de prêtre et d¹évêque. "Diacre" signifie "serviteur". Le diacre est
ainsi ordonné, par un sacrement, pour incarner une dimension du ministère
apostolique, celle du service. On ne pourra donc pas le jauger uniquement
aux prestations qu¹il accomplit, mais à ce qu¹il est par son ordination, une
icône vivante du Christ Serviteur, venu "non pour être servi, mais pour
servir".

Le diacre n¹est pas un laïc amélioré ou un prêtre au rabais. Il est tout
simplement "diacre". Ce ministère est si important que le Concile Vatican II
l¹a rétabli comme un ministère qui a son sens en lui-même et non seulement
comme étape vers le sacerdoce. D¹où l¹expression de "diaconat permanent". Le
diaconat se déploie dans une triple direction : le service de la charité, le
service de la liturgie et le service de la parole de Dieu. Mais c¹est le
premier qui colore les deux autres.

Le service de la charité se traduit de multiples façons : pauvres d¹ici
ou du Tiers-Monde, malades, marginaux de l¹Église ou de la société,
prisonniers, étrangers. Il s¹agit d¹un ministère du seuil, fait d¹attention
et d¹accueil, spécialement pour ceux qui ne sont pas ou plus dans le giron
de l¹Église, comme, par exemple, nombre de jeunes. Son insertion
professionnelle lui facilitera cette proximité. Le diacre a ainsi sa place
dans la préparation aux baptêmes et aux mariages. Il est aussi le délégué
tout indiqué de la communauté auprès des personnes touchées par la dureté de
la mort.

Le service de la liturgie s¹exprime par la présence à l¹autel lors de la
messe, de la célébration ou de la concélébration des baptêmes, mariages ou
funérailles, ainsi que par la participation à la prière de l¹Église dans la
Liturgie des Heures. Le diacre y rend présents à la communauté ceux qu¹il a
rencontrés dans son ministère et qui sont souvent absents de l¹église. Il
interpelle aussi la communauté sur son souci d¹ouverture à ceux du dehors.
Sa présence doit être une mise en garde contre le danger de repli sur soi
qui guette tout groupe humain, spécialement en période de crise.
Le service de la Parole s¹exerce dans l¹homélie, la catéchèse, les cours
de religion, l¹animation de groupes de réflexion. Ici encore, le diacre
veille à vivre lui-même, au sein de sa famille et de son milieu
professionnel, ce qu¹il pourra proposer aux autres. Il ne peut proclamer la
Parole sans se laisser interpeller par elle. L¹étude et la méditation font
donc partie de son service.

Jadis, les prêtres assumaient souvent des tâches spécifiquement
diaconales, notamment certaines aumôneries. C¹est aux diacres qu¹il revient
souvent aujourd¹hui de les assumer. Par là, ils ne remplacent pas les
prêtres. Car on ne remplace un prêtre que par un prêtre ! Mais, en communion
avec les prêtres de la paroisse, du secteur ou du doyenné, ils assument les
tâches diaconales qui leur reviennent. Ils entraînent ainsi la communauté
sur le chemin du service, afin que l¹Église entière soit diaconale. C¹est un
beau ministère, porteur d¹espérance, duquel j¹attends beaucoup pour le
diocèse.

Le diaconat est porté, en communion avec moi, par le Conseil diaconal,
composé de diacres et de deux prêtres. Au sein de ce Conseil, l¹abbé Solot
(rue de Behogne 45, 5580 Rochefort ; 084/21.12.77) est surtout chargé de
l¹accueil et de la formation des futurs diacres, tandis que l¹abbé Kauffmann
("Les Frênes" 43, 6637 Warnach ; 063/60.12.13) est surtout responsable des
diacres après leur ordination (près de 60 actuellement). Documents etrenseignements peuvent être obtenus à ces adresses. À noter que le
cheminement vers le diaconat se fait durant une période d¹au moins 4 années
dont la première est consacrée au discernement de la vocation et les 3
autres à la formation théologique. Je souhaite bon vent au diaconat dans
notre diocèse !

+ André-Mutien, évêque de Namur.