Diaconamur


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Textes proposés lors de la retraite 2009

  Textes proposés par M l'abbé D. Procureur à la fin de chaque exposé.
  1. Un peu de temps pour l'essentiel
  2. Vers la paix profonde
  3. Seigneur, ouvre mon cœur
  4. Un laisser-faire
  5. L’ascèse et la diaconie de l’humour

Un peu de temps pour l’essentiel

Faire retraite, c’est s’asseoir, fermer un instant les yeux, non pour oublier, mais bien au contraire pour se retrouver, rassembler nos puissances, mettre de l’ordre en nos pensées, calmer notre agitation, mais il ne saurait s’agir d’un exercice d’autodiscipline qui aurait sa valeur en lui-même.
On fait retraite comme on va à un rendez-vous d’amour. On ne se met à l’écart que pour être bien certain de rencontrer le visage de Dieu.
La vie chrétienne est une marche à la boussole, il est bon, de temps en temps, de vérifier notre orientation. Elle est un pèlerinage, une longue marche la main dans la main de Dieu, du moins elle devrait l’être. Certes, nous savons où nous allons et vers qui nous marchons, mais que de mirages sur la route. Que de fois nous piétinons sur place sans même en être conscients. Pensant avancer, nous tournons en rond, nous nous replions sur nous-mêmes, lourds que nous sommes de nos soucis ou fascinés par des éclairs qui nous rejettent en notre nuit. Faire silence est de temps à autre, une nécessité vitale si nous voulons prendre conscience de ce mouvement giratoire qui nous ramène sans cesse à notre point de départ alors que nous estimons avoir parcouru un long chemin.
Cela dit, les retraites sont avant tout un esprit et non des moules dans lesquels il serait obligatoire de se couler.
Faire retraite n’est pas un exercice de haute voltige où l’on aurait chance de réussir en se dépouillant de soi-même ou du poids de l’humanité que nous portons en notre vie quotidienne. Qui entrerait dans le désert en laissant son chapeau au vestiaire risquerait l’insolation. Rêver d’un lieu de retraite aseptisé serait se condamner à vivre un rêve et à être désarmé au retour en notre lieu de vie quand le naturel fatalement reviendra au galop.

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Vers la paix profonde

Il ne faut pas vouloir prier selon un idéal préétabli : il faut prier comme on le peut momentanément. […] L’acceptation du fait que nous ne savons pas prier comme nous le voudrions, est présentement la seule manière de prier que Dieu nous demande. Etre satisfait du fait qu’on ne se sent pas satisfait. Celui qui a appris cela, a appris à vraiment prier. Et celui-là sait toujours prier.
Mais quand on est fidèle et qu’on recommence chaque jour, on éprouve parfois une paix profonde, très profonde. On se sent attiré au-dedans, au centre de son être. Un peu comme si une porte s’ouvrait tout à l’intérieur, et on entre dans un pays où règne un silence inconnu jusqu’ici, un pays nouveau et infiniment familier : notre pays natal. C’est à ses fruits qu’on reconnaît l’arbre. Si quelque chose de ce silence subsiste pendant le travail ; si nous restons plus à distance de nos occupations ; si nous restons-nous-mêmes dans tout ce qui arrive, et surtout, si nous devenons plus doux, plus indulgents, plus charitables envers nos frères et sœurs, alors il est clair que c’est Dieu qui travaille.

Wilfrid Stinissen, L’oraison contemplative, éd. du Carmel, pp. 92-93

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Seigneur, ouvre mon cœur

Où naît cette flamme qu’est la prière ?
Son point de jaillissement, ce n’est ni l’intelligence, ni les livres, c’est le cœur ; le lieu où je dis : « Moi », le lieu où je me décide, le point où naît en moi tout amour.
L’intelligence est avant la prière, comme le regard avant la rencontre des amis, avant la parole. Elle accompagne la prière, elle la porte comme elle est portée par elle.
La sensibilité est un écho de la prière, une résonnance normale, mais elle n’est pas la prière.
Dieu parle. Je le découvre dans sa parole. Je l’écoute. J’adhère à sa parole. Je la laisse pénétrer en moi. Je compte sur Dieu. Je sais qu’il m’entend, même si je ne parle pas. Il entend mon cœur… Je crois, j’aime.
L’Esprit du Christ dit en nous : « Abba, Père. » C’est le même Esprit, le même cri. N’attends pas pour prier ne plus avoir mal à la tête, de ne plus être accablé d’inquiétude. N’attends pas de ne plus être découragé, rancunier, pécheur.
Écoute simplement la prière qui jaillit de ton cœur.

Anonyme du XXe siècle

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Un laisser-faire

La prière, c’est accepter de se laisser faire par Dieu
(Madeleine Delbrel)

Se mettre dans de dispositions telles que Dieu puisse nous parler.
Ce n’est pas de la passivité. Au contraire, cette prière mobilise toutes nos énergies. Pour devenir accueillant, il faut effectivement mettre en œuvre toutes nos capacités et notre attention. Un peu comme l’agriculteur qui prépare la terre afin qu’elle soit accueillante à la semence.
« La prière, disait Louis Evely, c’est s’exposer à Dieu, comme on s’expose au feu, au soleil, à la lumière. C’est lui permettre d’avoir l’initiative dans notre vie, de nous appeler. Nous nous donnons une chance de ne pas programmer notre prière au point que Dieu s’y sentirait à l’étroit et ne pourrait plus manifester l’inattendu de son amour. »

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L’ascèse et la diaconie de l’humour

Cette facilité à sourire de tout ce qui n’importe pas, et d’abord de notre moi en ce qu’il a de restreint à nous-mêmes, est un don, un charisme : il faut le demander. C’est aussi une disposition qu’il faut acquérir, cultiver : en ce sens, il y a, sinon une vertu, du moins une ascèse de l’humour. Et puis, c’est un bien qu’il nous faut partager ; il faut le mettre – c’est-à-dire nous mettre – au service de tous ceux qui l’ont ou qui en manquent : il y a aussi une diaconie de l’humour. Ce ministère est une authentique façon de participer à cette joie de Dieu que Jésus Christ est venu partager avec nous, d’en témoigner, d’aider nos frères à garder du courage dans la lutte contre toute souffrance que l’homme peut infliger à l’homme.

(Dom Jean Leclercq, O.S.B.)

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