Diaconamur
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Coutumier pour le Diaconat Permanent dans le diocèse de Namur Un mot de notre Evêque Le début de la révision de notre coutumier me donne l'occasion de redire brièvement toute l'espérance que je place dans le diaconat permanent. Si le coutumier est sujet à révision, c'est, notamment, parce que le diaconat, au fil des années, a évolué. Et il a évolué en progressant. Il commence à être mieux connu, mieux apprécié, pour ce qu'il est en vérité, à savoir une dimension essentielle du sacrement de l'ordre par lequel se prolonge le ministère apostolique. Le diacre n'est pas un laïc amélioré. Il n'est pas un prêtre a rabais. Il est le serviteur qui, par la grâce et la mission de son ordination, représente réellement et symboliquement la dimension de service inhérente au ministère apostolique. Sans le diaconat permanent, l'Eglise serait privée de l'une des facettes de sa réalité profonde. C'est bien pourquoi le diaconat permanent fut restauré par le Concile Vatican Il Dans son volet liturgique et paroissial comme dans les aspects familiaux, professionnels ou sociaux de son ministère, le diacre est sacramentellement témoin du Christ Serviteur, venu pour servir et non pour être servi. L'Église diocésaine doit accueillir davantage encore et promouvoir cette grâce du Seigneur pour l'Église de ce temps. J'attends beaucoup, à cet effet, de l'attitude plus volontariste qui consiste à appeler au diaconat des hommes qui semblent aptes à ce ministère, sans se limiter à accueillir, avec discernement, ceux qui en manifestent spontanément le désir. Il me semble également que l'engagement professionnel et paroissial exemplaire de nombreux diacres du diocèse aidera, par son rayonnement, à élargir encore le recrutement de nouveaux diacres. Je souhaite bon vent de l'Esprit au diaconat dans notre diocèse. + André-Mutien évêque de Namur. Première partie: avant l'ordination diaconale Chapitre 1 IntroductionLe Concile rénove le Diaconat comme Ordre permanentLe 30 septembre 1964, les Pères du Concile Vatican Il approuvaient à une forte majorité le rétablissement du diaconat comme ordre permanent. En approuvant, le 21 novembre de la même année, la Constitution sur l'Église, Paul VI donnait force de loi à cette restauration et Mgr Charue, Evêque de Namur, ordonnait le premier diacre permanent en 1969. Les documents post-conciliairesLe 18 juin 1967, Paul VI signait le Motu Proprio Sacrum Diaconatus Ordinem, sur la restauration du diaconat permanent dans l'Église latine. Après avoir rappelé les textes conciliaires qui rendent hommage au diaconat, qui reconnaissent que l'accomplissement des fonctions diaconales est extrêmement nécessaire à la vie de l'Église et qui décrètent que le diaconat pourra être rétabli en tant que degré propre et permanent de la hiérarchie, le Motu Proprio expose les normes bien précises à respecter pour la préparation des candidats et pour l'exercice du ministère diaconat. Ce Motu Proprio doit être considéré comme la Charte fondamentale et normative du diaconat permanent. Dans la Lettre apostolique Ad Pascendum (15 août 1972) Paul VI précise les conditions à remplir pour l'admission et l'ordination des candidats au diaconat. Le 25 janvier 1983, Jean-Paul Il publiait le nouveau Code de droit canonique, qui tient compte de la restauration du diaconat permanent. Il envisage ce qui concerne l'admission à la formation, la durée de celle-ci, les qualités requises (intention droite, science nécessaire, bonne réputation, mœurs intègres, vertus éprouvées, qualités physiques et psychiques en rapport avec le ministère envisagé), les lettres à écrire à l'Évêque, les intervalles requis entre les ministères et l'ordination diaconale, l'ultime préparation à l'ordination par une retraite de cinq jours. Le 22 février 1998, le Saint-Siège publiait deux documents. Le premier - émanant de la Congrégation pour l'Éducation catholique - est intitulé Normes fondamentales pour la formation des diacres. Il détaille avec beaucoup plus de précision que les documents précédents les procédures pour la sélection des candidats et les normes de la formation pour le diaconat. Le second document - publié en même temps par la Congrégation pour le Clergé - a pour titre Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents. Il détaille le statut juridique du diacre, les fonctions diaconales, la spiritualité diaconale. Enfin, un long chapitre insiste sur la formation permanente du diacre. Le Coutumier du diocèse de NamurComme chacun n'a pas nécessairement sous la main ces différents documents post-conciliaires et le Droit Canon, ce Coutumier a été rédigé, sorte de vade-mecum et d'aide-mémoire, qui ne prend valeur que par sa fidélité aux textes cités. Ce Coutumier est la traduction concrète au niveau de notre diocèse des dispositions prises pour '"Église Universelle. Chapitre II Le Conseil diaconal1. L'organe responsable du diaconat est le Conseil diaconat. 2. Le Conseil compte des prêtres nommés par l'Évêque et six diacres permanents. Trois d'entre eux sont élus pour quatre ans par l'ensemble des diacres, parmi ceux qui acceptent de se présenter. (N.B. : La première élection a eu lieu en 1996.) En accord avec l'Évêque, trois autres diacres sont remplacés par cooptation, deux ans plus tard, pour un mandat de quatre ans. 3. L'Évêque désigne le prêtre ou le diacre responsable du diaconat ainsi que le prêtre ou le diacre responsable de la formation 4. Le Conseil diaconal est un service ecclésial mandaté par l'Evêque. L'acceptation du mandat n'entraîne pour le conseiller aucun privilège au sein de la communauté diaconale. 5. La mission du Conseil est de :
Les membres du Conseil diaconal se répartissent les diverses tâches, notamment la responsabilité de la formation spirituelle et de la formation théologique. Chapitre III Préalables à l'admission1. Le postulant adresse, par écrit, une demande personnelle à l'Évêque de Namur. Par cette lettre, le postulant se fait connaître ainsi que sa situation familiale, professionnelle, ses engagements d'Église et autres, les motifs qui le poussent à introduire sa demande, les conseils qu'il a reçus et demandés, et par qui. 2. Certaines conditions préalables à l'ordination sont requises du candidat. Elles lui seront rappelées:
2. Le prêtre ou le diacre responsable de la formation prend ensuite contact avec le candidat et les prêtres, diacres et laïcs qui le connaissent bien (responsables de doyen né, secteur pastoral ou de paroisses, aumôniers d'oeuvres caritatives, sociales ou autres, responsables de mouvements divers. et équipes d'Église, etc.). En même temps, un membre du Conseil et son épouse rencontrent le candidat et son épouse en vue d'une première information. Chapitre IV Le précheminement1. L'ordination diaconale ne concerne pas seulement un individu et sa famille mais l'Église locale et plus particulièrement un doyenné, un secteur pastoral, une paroisse, un service diocésain ou un milieu de vie. 2. La perspective éventuelle d'un ministère diaconal réclame un vrai discernement, tant de la part du postulant que des responsables pastoraux. Ce discernement doit mettre en lumière les capacités du candidat à s'ouvrir progressivement à une attention active et à une collaboration effective avec les responsables locaux. Le candidat sera invité à faire une retraite afin de réfléchir à son éventuelle vocation diaconale. Si les premiers contacts y amènent, le Conseil diaconal proposera à l'Évêque d'admettre le postulant à une année de précheminement. Par ailleurs, le candidat sera invité à choisir - s'il n'en a pas déjà - un directeur spirituel. Il lui sera adjoint un diacre tuteur, nommé par le Conseil diaconal, si possible membre de ce dernier, qui sera chargé de suivre le candidat au cours de son précheminement, de sa formation et lors de ses débuts comme diacre ordonné. 3. Est alors constitué un groupe de précheminement destiné, comme son nom l'indique, à accompagner l'aspirant au cours de cette année. CompositionLe groupe de précheminement est composé habituellement de: - l'aspirant et de son épouse, - plusieurs laïcs, hommes et femmes, issus de la paroisse ou du secteur et de l'entourage de l'aspirant, notamment des groupements d'animation pastorale dont il fait partie et aussi, si possible, un représentant de son milieu professionnel, - un diacre tuteur et son épouse, - un prêtre: ce peut être le curé de la paroisse et/ou le prêtre responsable du secteur; un prêtre proche de l'aspirant, concerné par ses activités... ; ce prêtre aura le souci particulier de l'insertion pastorale du candidat. - éventuellement un(e) religieux (se) impliqué(e) dans la pastorale de la paroisse ou du secteur ou encore de l'entourage de l'aspirant. Le groupe sera constitué d'une majorité de laïcs. Lors de la composition de ce groupe, on veillera à équilibrer les diverses sensibilités religieuses. Il ne faut pas hésiter à y inclure l'une ou l'autre personne qui a manifesté des réticences quant à une éventuelle vocation diaconale de l'aspirant. Il revient au curé de la paroisse ou au prêtre responsable de secteur ou au prêtre attaché au service d'Eglise de son engagement de former ce groupe en collaboration avec le postulant et en accord avec le prêtre responsable de la formation. Le diacre tuteur est l'accompagnateur direct de chaque aspirant. Il est chargé de suivre de près son cheminement en offrant son soutien et son conseil pour la solution de problèmes éventuels et pour la personnalisation des divers moments de la formation. Un directeur spirituel approuvé est choisi par chaque aspirant ou candidat. Sa tâche est de discerner l'œuvre intérieure que l'Esprit accomplit dans l'âme de l'appelé et, en même temps, d'accompagner et de soutenir l'œuvre continuelle de sa conversion. MissionLa mission essentielle de ce groupe de précheminement - cellule d'Église - est d'accompagner le candidat dans le mûrissement de sa vocation, quelle qu'elle soit. Le groupe doit: 1) Mener une réflexion approfondie sur tous les appels de la mission (milieu familial et professionnel, quartier ou village, secteur pastoral, paroisse, etc.) 2) Choisir d'affecter le candidat diacre au service de certains de ces appels. 3) Ne jamais perdre de vue les charismes du candidat. Il s'agit en effet de les articuler avec les besoins d'une Église qui se veut servante. Une série de réunions mensuelles du groupe de précheminement est prévue sur base d'articles consacrés au diaconat. Ainsi le groupe - en particulier l'aspirant et son épouse - avancera dans la compréhension du diaconat, aidant ainsi au développement de la vocation de l'aspirant au plus grand bénéfice de l'Église. Parallèlement à cette formation, l'aspirant lira en profondeur l'Évangile de Marc et, si possible, d'autres écrits bibliques ainsi qu'un livre de synthèse de la foi, par exemple le 1er volume de « Croire » de Rey-Mennet consacré au Credo ou le Catéchisme de l'Église catholique. Il en parlera avec le diacre tuteur. FonctionnementLes membres du groupe désignent un animateur. Celui-ci ne doit pas nécessairement être le même à chaque réunion. Le groupe désigne un rapporteur qui rédige un rapport succinct de ce qui s'est dit et fait au cours de la réunion afin de garder une trace écrite. La réunion commence par un temps de prière (ce peut être la lecture d'un passage d'Évangile). L'ordre du jour comprend toujours au moins deux activités: l'aspirant fait le point sur ses engagements allant dans le sens de son futur projet diaconal, pose des questions, etc. Est ensuite abordé le thème du jour. Les membres du groupe sont tenus à la discrétion absolue en ce qui concerne ce que dit l'aspirant et tes réflexions du groupe à son sujet. ÉvaluationA la fin de cette année de précheminement, le postulant mettra par écrit son projet diaconal. En fin d'année, au cours d'une rencontre du groupe de précheminement à laquelle participera le responsable de la formation, en l'absence de l'aspirant et de son épouse, ce projet diaconal sera étudié. Ensuite, chacun des participants au groupe de précheminement se verra poser personnellement par le responsable du diaconat la question de savoir s'il estime en conscience que l'aspirant a la vocation diaconale. 1.- Si la majorité des membres du groupe répond oui, le Conseil diaconal pourra proposer la candidature de l'aspirant à l'Évêque et au Conseil épiscopal pour qu'il soit admis le mois de septembre suivant à la formation au diaconat. La décision de l'Évêque est souveraine. 2.- Si la majorité des membres du groupe répond non, le Conseil diaconal pourra proposer à l'Évêque et au Conseil épiscopal de ne pas admettre l'aspirant à la formation. La décision de l'Évêque est souveraine. 3. - Cependant, les membres du groupe peuvent -estimer que le processus de discernement n'est pas parvenu à son terme ou que l'aspirant doit poursuivre ses expériences de service avant qu'un avis définitif puisse être donné. Dans ce cas, le Conseil diaconal pourra proposer à l'Évêque et au Conseil épiscopal de poursuivre les réunions du groupe de précheminement pour une nouvelle et dernière année afin d'éclaircir les zones d'ombre. Si le candidat est finalement accepté à la formation par l'Évêque, l'avis favorable émis lors -de la dernière réunion du groupe de précheminement en juin peut se modifier au cours des trois années de formation. Rien n'est jamais acquis de façon définitive avant l'ordination. Rernarques importantesComme il est dit plus haut, la période de précheminement est essentiellement une période de développement, de mûrissement de la vocation du candidat (que cette vocation soit diaconale ou celle d'un laïc). Car la vocation est au départ une tendance latente qui doit être développée, enrichie, concrétisée. En un an - stimulé par le groupe - un candidat peut fortement évoluer. En particulier si, au départ, l'un ou l'autre membre du groupe estime que l'aspirant n'est pas fait pour le diaconat, il lui est demandé de suspendre momentanément son jugement et de coopérer loyalement à ce mûrissement de la vocation de l'aspirant. En fin d'année, en fonction de l'évolution du Cheminement et au vu des fruits de celui-ci, il lui sera demandé de participer au discernement final. Au cas où la décision finale serait de ne pas admettre le candidat à la formation diaconale, cela ne doit pas être considéré comme un échec. Avoir découvert que son aspiration au service était réelle est un point positif. Le travail effectué par le groupe n'est donc pas perdu: il a permis d'y voir clair et chaque participant - en particulier l'aspirant et son épouse - a été enrichi de quelque manière. En cas de réponse négative, le groupe se réunira éventuellement encore afin d'encourager la personne à approfondir le projet de son insertion pastorale dans l'Église. Le Conseil diaconal, dont le rôle est achevé, demandera à un membre du groupe de suivre cette vocation laïque. L'ancien aspirant pourra se voir éventuellement confier une mission pastorale officielle par un prêtre. Chapitre V Admission à la formation1. Après avis des Conseils diaconal et épiscopal, l'Évêque décide de l'admission du postulant à la formation. 2. Le postulant à la formation en est averti par écrit. Sa lettre d'admission porte obligatoirement la mention: «L'admission à la formation inaugure une période probatoire et n'implique aucun droit automatique à l'ordination. Elle ne peut aucunement préjuger de l'avenir dont l'Evêque reste seul juge. De son côté, le postulant garde son entière liberté.». 3. Pour être admis liturgiquement, le postulant doit faire une demande d'inscription écrite. Le postulant doit se préparer à cette admission par une retraite spirituelle. 4. lorsque l'aspirant est admis à la formation, son diacre tuteur continuera sa mission de soutien et le groupe de précheminement - devenant groupe d'accompagnement - est appelé à le suivre tout au long des 3 années de la formation, à raison d'une réunion par trimestre. Les membres qui se désisteraient seront remplacés. Chapitre VI La formation1. Une fois admis à commencer sa formation, le candidat prend part fidèlement aux activités communes de formation doctrinale, de formation spécifique au diaconat et de formation spirituelle (retraites, récollections, etc.). 2. Le candidat doit acquérir avant son ordination, dans les domaines spirituel, doctrinal et pastoral, une formation suffisante au jugement de l'Évêque. Cette formation durera 3 ans. La durée de cette formation ne pourra en aucun cas être écourtée même si le postulant a suivi des études religieuses avant son admission à la formation diaconale. La raison en est qu'au cours de ses trois années de formation il doit pouvoir entrer en contact étroit avec ses frères candidats et les diacres ordonnés qui vont le suivre dans sa formation, contact qui leur permettra de mieux découvrir ce qu'est le diaconat. 3. En fin de chaque année, il enverra un rapport d'activité et d'évaluation au responsable de la formation. 4. La formation spirituelle vise à initier le futur diacre à la prière personnelle et liturgique. Cette formation spirituelle s'élaborera grâce à un effort personnel en lien avec le conseiller spirituel approuvé choisi par le candidat et par la participation aux journées de formation et récollections: 5. La formation comporte une initiation à la Bible, à l'histoire de l'Église et aux grands domaines de la théologie ainsi qu'à l’exercice du ministère diaconal et des services pastoraux et à l'ouverture aux sciences humaines. 6. Il est souhaité que l'épouse du candidat suive la formation diaconale avec son époux. 7. La communauté de formation au diaconat permanent pourra ainsi constituer, pour les candidats au diaconat, un précieux soutien dans le discernement de leur vocation. 8. Le diacre tuteur, chargé de l'accompagnement reste pendant ce temps attentif à la formation et sera le lien entre la formation locale et le Conseil diaconal. 9. En temps opportun, la communauté paroissiale, le secteur et/ou la communauté ecclésiale à laquelle appartient le candidat seront informées de son cheminement et initiées à la signification du diaconat. . Chapitre VII Du premier engagement et de l'institution au lectorat et à l'acolytat1. Au début de la formation, le candidat peut, par lettre adressée à l'Évêque, demander de pouvoir être admis au premier engagement. Par cette lettre, le candidat rend compte à l'Évêque de ce qu'il a vécu, découvert et acquis durant cette année de précheminement. Après quoi le Conseil diaconal donne obligatoirement son avis. 2. Le Responsable de la formation recueillera à ce moment l'accord ferme, écrit de l'épouse. 3. L'institution au lectorat (fin de première année de formation) et à l'acolytat (fin de deuxième année) se font au moment que l'Évêque jugera opportun. Cette institution sera précédée d'une formation et d'une pratique réelle. Le candidat doit formuler à chaque fois une demande écrite adressée à l'Evêque, après quoi le Conseil diaconal donne obligatoirement son avis. Chapitre VIII L’Ordination au Diaconat1. Le candidat adresse par écrit une demande personnelle à l'Évêque accompagnée de l'accord écrit de son épouse auxquels il joint son projet diaconal. Cette lettre est adressée à la fin du mois de juin précédant la date envisagée pour l'ordination. 2. Le candidat doit avoir rédigé son projet diaconal, approuvé et contre-signé par les responsables locaux et l'équipe d'accompagnement. Ce projet diaconal doit être l'expression d'une volonté intelligente et expérimentée de servir au niveau diaconal la pastorale diocésaine et locale dans l'obéissance à l'Evêque et en collaboration avec les prêtres. 3. Le Conseil diaconal et le Conseil épiscopal donnent ensuite obligatoirement leur avis à l'Évêque, après quoi seulement, s'il est admis à l'ordination, le candidat fixe, en accord avec l'Évêque, la date de l'ordination. 4. Avant son ordination, le candidat fera une retraite spirituelle d'au moins cinq jours. Il en avertira le responsable du diaconat. p. L'ordination diaconale ne constitue jamais un droit. Même après l'avoir institué aux ministères du lectorat et de l'acolytat, l'Évêque peut refuser l'accession d'un candidat au diaconat permanent. 6. L'appel par l'Évêque d'un homme, non marié ou veuf, au diaconat permanent ne constitue pas une étape vers le presbytérat, que le diacre permanent s'interdit de solliciter lui-même, sauf dans le cas où sa vocation initiale était une vocation au sacerdoce. Par ailleurs, l'Évêque reste toujours libre d'appeler au sacerdoce, en cas de besoin, un diacre célibataire ou veuf, si celui-ci y est disposé. Deuxième partie: après l'ordination diaconale Chapitre IX La mission du diacre1. À l'occasion de l'ordination, l'Évêque enverra au nouveau diacre une lettre de mission, rédigée sur la base de son projet diaconal, le mandatant officiellement pour cet apostolat. L'Évêque assignera au diacre des tâches correspondant à ses capacités personnelles, à son état de célibataire ou à sa situation de famille, à sa formation, à son âge, à ses aspirations reconnues spirituellement légitimes. Seront également définis le cadre territorial ou personnel dans lequel s'exercera son service apostolique, le temps qu'il consacrera à son office et le prêtre responsable de la "cura animarum" dans le milieu où il exercera son office. 2. Le premier champ d'apostolat du diacre est son milieu professionnel. L'activité professionnelle des diacres a un sens différent de celui qu'elle a pour les fidèles laïcs: chez les diacres permanents, le travail reste lié au ministère; ils sont porteurs d'une présence d'Église, signes vivants du Christ serviteur et de l'Église servante, du Royaume dans -le monde en étant, avec les laïcs, mais à leur façon, le sel de la terre. S. Le diacre est en priorité au service de la charité. Il importe donc que soit indiqué clairement dans sa lettre de mission quelles sont ses activités de charité et d'assistance. 4. D'une manière générale, l'Évêque veillera à ce que les missions diaconales soient confiées prioritairement à des diacres en précisant que chaque mission doit être assurée dans le cadre de la pastorale, en communion avec les prêtres avec lesquels les diacres sont appelés à servir le Peuple de Dieu. Chapitre X La fraternité diaconale1. Les diacres et candidats diacres forment une fraternité dont le{s) prêtre{s) et le{s) diacre{s) désigné(s) par l'Évêque porte(nt) la responsabilité. Cette fraternité se rassemble et se rencontre essentiellement en vue de créer des liens de communion et d'amitié, de partage des espérances, des soucis et des préoccupations communes. La prière communautaire y tient une place importante. L'Évêque réunit tous les diacres une fois par an en « Assemblée générale ». Cette réunion est obligatoire pour tous les diacres et candidats diacres. 4. L'Évêque a regroupé les diacres et candidats diacres en équipes régionales: - le grand Namur - L'Entre-Sambre-et-Meuse - Le Condroz-Famenne - l'Ardenne-lorraine La mission de ces équipes est triple: .
Les réunions d'équipes régionales ont lieu suivant un rythme régulier d'au maximum une fois par mois et au minimum d'une fois par trimestre. Les équipes se choisissent un animateur qui tiendra le(s) prêtres et diacre(s) responsable(s) informé(s) de la vie de l'équipe. Chapitre XI La vie spirituelle du diacreLe diacre est appelé à devenir, à travers tous les domaines de sa vie et de son ministère, une vivante «icône du Christ serviteur». Puisant dans la grâce sacramentelle de son ordination, il tend à réaliser ce que Jésus a déclaré au sujet de sa mission: «Le Fils de l'Homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude» . Tout homme, surtout le plus fragile et Ie plus pauvre, devrait pouvoir pressentir dans la vie et la parole du diacre cette «Charité» qui s'est donnée toute à tous. Une vie spirituelle solide et assidue permettra au diacre de réaliser l'unité intérieure entre tous les aspects si divers de son apostolat: vie familiale et professionnelle, service du frère, témoignage dans le monde, service de la Parole, célébration de la liturgie et des sacrements. Cette vie spirituelle s'adaptera nécessairement à l'état de vie de chacun (mariage, célibat, veuvage) mais devra toujours tenter d'être en adéquation avec ses engagements multiples et variés, et avec la culture, les aspirations et les problèmes de son temps. La vie spirituelle du diacre se nourrira d'abord de la Parole de Dieu à laquelle il confrontera sans cesse son vécu et celui de son milieu de vie; il en fera sa nourriture personnelle; il tentera de la vivre avant même de l'enseigner et de la proclamer. Ceci suppose de Ia part du diacre une étude de ses milieux de vie afin d'être capable de «scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l'Évangile». La formation permanente des diacres prévue au niveau diocésain s'inscrit dans cette double perspective. L'étude de la Parole de Dieu se prolongera naturellement dans la «Lectio divina», l'oraison et la prière personnelle. Une retraite annuelle s'impose à tous comme temps fort de ce ressourcement. Les journées de récollection vont dans le même sens. La «Liturgie des Heures» récitée selon les modalités propres du diocèse (...) permettra au diacre de rejoindre la prière de l'Église au nom de toute l'humanité. De manière plus spécifique, il portera dans sa louange et sa supplication les joies, les espérances et les cris de ses frères et sœurs en humanité et particulièrement de ceux dont il partage concrètement les conditions de vie et de travail. L'exercice même de son ministère sera pour le diacre le lieu de développement de sa vie spirituelle. Sa célébration de la liturgie et des sacrements manifestera son identité propre dans la vie de l'Église. Cette célébration ne se limitera donc pas à un simple fonctionnement liturgique, mais sera participation à la célébration du mystère du Christ. En lien avec son Évêque et le presbyterium, le diacre mettra tout en œuvre pour manifester que l'Église est d'abord un mystère de communion. La fraternité vécue avec les autres diacres du diocèse sera pour lui un lieu privilégié pour l'exercice de cette communion. Les rencontres organisées tant au niveau régional que diocésain feront l'objet de toute son attention. Enfin une direction spirituelle régulière permettra au diacre de trouver auprès d'un frère à la sagesse éprouvée le nécessaire discernement pour réaliser l'unité intérieure de sa vie et prendre les orientations qui en découlent. Cette direction spirituelle pourra, en outre, être un lieu idéal pour vivre Ie sacrement du pardon. La contemplation de Marie, l'humble servante du Seigneur, donnera au ministère diaconal cette dimension mariale si proche de sa propre vocation faite de disponibilité, de don de soi et de confiance en Dieu et en l'homme. Chapitre XII Exercice de la mission du diacreLors de son ordination, le diacre a reçu une lettre de mission. Il s'efforcera d'en mettre avec zèle tous Ies aspects en pratique. Lors d'une rencontre, au moins annuelle, avec le prêtre ou le diacre responsable du diaconat, le diacre rendra compte de la manière dont il a exercé sa mission ainsi que que les obstacles qu'il a rencontrés. Sous l'effet des appels, des circonstances, de sa santé ou de son âge, le diacre peut être amené à modifier son apostolat, soit en prenant des initiatives nouvelles, soit en abandonnant certaines tâches. Lors de la rencontre avec le prêtre responsable du diaconat, sa lettre de mission sera modifiée en conséquence. Dès que le diacre décidera ou subira un changement dans sa vie (changement de profession, retraite, déménagement, etc.), il ne manquera pas d'en avertir le responsable du diaconat. Devenu veuf - l'engagement dans le diaconat « permanent » étant en principe un engagement permanent -le diacre ne pourra qu'exceptionnellement être ordonné prêtre. Chapitre XIII La formation permanenteLa formation initiale du diacre doit être constamment élargie, approfondie et actualisée par la formation permanente. Celle-ci fait partie intégrante du ministère du diacre. Elle a donc son fondement propre et sa raison particulière dans le dynamisme même de l'ordination reçue. Cette formation permanente est par conséquent obligatoire. Formation initiale et formation permanente sont à considérer comme un unique parcours de vie chrétienne et diaconale. (Voir le document romain Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents, Chap. IV Formation permanente du diacre.) Le diacre est le premier responsable et le premier acteur de sa formation permanente. Elle s'inscrit dans une démarche de conversion évangélique.. Le diacre s'efforcera de profiter des cours, des journées d'études, etc. qui lui sont offerts par le conseil diaconal, sans négliger des formations proposées par ailleurs. Il prendra soin de lire des livres religieux et de suivre un périodique rendant compte de l'actualité religieuse. Parallèlement, il ne manquera pas de se tenir informé de l'évolution du monde. L'application et l'engagement personnel dans la formation permanente sont des signes sans équivoque d'une réponse cohérente à la vocation divine, d'un amour sincère pour l'Église et d'une préoccupation pastorale authentique. La formation permanente doit englober toutes les dimensions de la vie et du ministère du diacre: humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale. Chapitre XIV Cessation du ministère diaconalDes raisons de santé ou d'âge, un éloignement temporaire mais relativement long pour motifs professionnels ou personnels, un veuvage précoce avec charge d'enfants ou d'autres raisons dont jugera l'Évêque, peuvent amener un diacre à ne plus exercer temporairement ou définitivement son ministère actif. L'Évêque pourra le mettre en disponibilité ou lui permettre de se retirer définitivement. Il garde toutefois l'état diaconal et les obligations qui en découlent. Chapitre XV Décès d'un diacre et ses funérailles1. Chaque diacre est invité à rédiger en temps opportun ses dernières volontés concernant la célébration de ses funérailles. 2. Lors du décès d'un diacre, l'Évêque et les responsables du conseil diaconal en seront avertis dans Ies plus brefs délais. 3. Les funérailles d'un diacre ne constituent pas une "affaire privée". L'épouse, les enfants ou le plus proche parent s'entendront avec le responsable du diaconat ou un diacre délégué pour l'organisation de la célébration religieuse selon le rituel prévu pour un ministre ordonné. 4. L'annonce nécrologique mentionnera "L'Évêque de Namur, les prêtres et les diacres du diocèse". 5. Le responsable du diaconat chargera quelqu'un de vérifier les comptes du défunt relatifs à sa mission diaconale ainsi que les biens et documents proprement diaconaux. Chapitre XVI La charité fraternelleLe diaconat permanent doit être caractérisé par une authentique charité fraternelle. Le nombre de diacres augmentant, tous auront à cœur de garder le contact avec leurs frères diacres et de garder vis-à-vis d'eux une charité vivante. C'est le devoir des diacres de : -. vivre unis par le lien de la fraternité et de la prière, en s'engageant à collaborer entre eux et avec leur Évêque; -. de reconnaître et de promouvoir la mission des chrétiens laïcs dans l'Église et dans le monde; - d'adopter un style de vie sobre et simple, qui s'ouvre à la "culture du don" et favorise un partage fraternel généreux. Coutumier approuvé par Mgr André Léonard, évêque de Namur le 13 juin 2002 |
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