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Diaconamur

N° 49                       Bulletin trimestriel                       Avril 2007                

FBI : portés disparus

On attend encore l’accord de l’évêque avant que le conseil diaconal signe un accord avec le FBI. Objet de cet accord : retrouver les diacres disparus, je veux parler de ceux que l’on ne voit jamais : ni aux récollections ni à la retraite annuelle, ni aux journées de formation ni à l’Assemblée générale de juin.

Bien entendu, il y a des diacres âgés ou malades qui ne peuvent participer à ces activités diaconales. Souvent, ils ne manquent pas de s’excuser d’être absents. D’autres vivent dans un autre diocèse belge. Étant incardinés à Namur, ne serait-il pas normal qu’ils participent au moins à l’Assemblée générale ?

Les dossiers dont le FBI sera chargé donc concernent ceux qui, en bonne santé et en activité, ne donnent plus signe de vie.

Que ce soit au conseil diaconal ou même au conseil interdiocésain francophone, on se perd en conjecctures sur les raisons de ces absences. Les enquêteurs pourront peut-être tirer au clair les cas de ces “portés disparus”.

Toutefois, il est possible d’imaginer certaines  raisons de ces disparitions, même si l’on ne les approuve pas. Certains diacres sont tellement pris par leurs activités pastorales qu’ils n’ont pas le temps ni de faire retraite, ni d’assurer leur formation permanente, encore moins de discuter avec leurs confrères. D’autres reprochent au conseil diaconal de ne pas prendre de leurs nouvelles. Mais ne serait-ce pas à eux d’en donner ? D’autres encore éprouvent des craintes, adressent des reproches, ont des griefs contre le conseil... Et voilà pourquoi votre fille est muette !

Remarquez que nous ne parlons pas ici des membres de l’Ordre de buveurs de trappistes de Rochefort où la disparition de l’un ou l’autre membre ne porterait pas à conséquence, mais de l’ordre des diacres où l’absence de fraternité entre ses membres est d’un autre... Ordre.

Jacques DESSAUCY

Journée de formation permanente

Le samedi 27 janvier, s'est tenue à Marche une journée de formation permanente pour notre communauté diaconale.

Au matin

L'abbé Michel Vincent nous a entretenu sur le rôle de chacun dans la transmission de la religion et de la foi : qui, légalement, dans notre pays, peut (doit !) donner le cours de religion, de culture religieuse ? Où se vit la foi, la liturgie ?

L'instruction et le savoir touchant à la religion se vit dans le cadre du cours de religion qui n'est pas et ne peut pas être un lieu de pastorale. Pour faire simple: le Ministère paye les professeurs pour enseigner une culture et non pour vivre un culte.

Tout ce qui est pastorale se vit en dehors des cours : à l'école mais dans des moments extérieurs aux leçons et pour les élèves volontaires et, évidemment, dans les paroisses. Restons simplistes ! Les curés sont payés pour cela !

En fin de matinée, l’abbé Solot a présenté la dernière campagne menée par nos Evêques: "Devenir adulte dans la foi", la catéchèse destinée aux adultes.

L’après-midi

L’abbé Marchand, aumônier du MOC/Namur  nous a entretenu de l’histoire du Mouvement Ouvrier Chrétien, mouvement indépendant, progressiste et pluraliste.

La naissance du MOC est à situer dans la longue histoire du mouvement ouvrier chrétien. Le MOC est créé après la dernière Guerre. C’est la fédération de différentes organisations :

- la Centrale des Syndicats Chrétiens (8 centrales professionnelles) ;

- les Mutualités Chrétiennes ;

- l’Association Chrétienne des Invalides et Handicapés (ACIH) ;

- le Mouvement des Aînés ;

  - les Équipes Populaires >      Vie féminine ;

   - La JOC.

  Le MOC est organisé sur base provinciale. Le     thème de l’année pour Namur est Précarité et      emploi.

Ses options :

- Œuvrer avec toutes les forces politiques et sociales qui partagent son projet ;

- Former à l’éducation permanente : voir ce qui peut changer ;

- Former à la politique les cadres et les citoyens ;

- Promouvoir l’associatif ;

- Animer des Clubs politiques.

Menée en 2003, une enquête dans la province de Namur révèle que 42 % des gens font partie d’une des organisations qui composent le MOC.

Le lien avec l’Église se fait par l’aumônier - ce pourrait aussi être un diacre - qui pose la question du sens..

Récollection de carême

Nous étions 25 le samedi 10 mars à Warnach pour nous imprégner encore un peu plus du carême. La météo était au brouillard à notre arrivée et le soleil haut dans le ciel lors de notre départ.

Un peu comme notre cœur, rempli de la lumière des médiations de l’abbé Patrice Moline, curé de Libin et professeur au Séminaire de Namur qui nous avait amené un série d’objets-mystères pour soutenir l’attention des participants.

Ceux qui ont participé se souviendront du robinet, source de l’eau qui donne la Vie (cf. la Samaritaine), le qui nous renvoie à l’Espérance, la Croix

qui nous montre l’Amour de Dieu et des autres, la couronne qu’il faut pouvoir déposer pour se mettre au service des plus petits.

Nous avons été magnifiquement reçus par les membres de la communauté des Frênes qui nous a ainsi permis de vivre un bon moment de réflexions et de prières.

Si ces journées sont riches pour leur apport spirituel, elles le sont aussi pour la convivialité de la communauté diaconale.

« Il n’est pas bon que le diacre soit seul. Faisons-lui un confrère qui puisse l’accompagner. » Non, ce n’est pas dans la Genèse que j’ai lu cette phrase. Mais on peut l’imaginer, non ?

Jacques DELCOURT

La fabrique d’église

Il est utile pour un diacre de connaître le pourquoi et le comment des fabriques d’église.

La Révolution française a nationalisé les biens de l’Église. En compensation, le concordat de Napoléon signé le 30 décembre 1809 a accordé le financement du culte et du clergé. Et amené la création des fabriques d’église. En Belgique, après l’Indépendance en 1830, le concordat est resté en vigueur. L’idée était que la religion est bienfaisante pour la moralité publique : ne disait-on pas qu’un curé valait trois gendarmes ? Le pouvoir a aussi reconnu d’autres cultes : l’aide financière a été étendue à ces autres cultes et à la laïcité.

Auparavant, le curé collectait la dîme : un tiers de l’argent récolté servait à entretenir le bâtiment, un tiers revenait au curé et le dernier tiers était destiné aux pauvres.

La fabrique d’église est à la fois sous la tutelle de la province et de l’évêché. Elle peut posséder certains biens : bien communaux ou biens propres (legs, terrains ou bâtiments restitués).

Le conseil de fabrique est composé de 5 ou de 9 membres. Ce doit être des notables (sages), catholiques et résidant dans la commune. Il comporte deux membres de droit : le curé ou son remplaçant, le bourgmestre ou un échevin (si le bourgmestre n’est pas catholique). Son président et son secrétaire sont élus chaque année. Le conseil de fabrique tient au minimum quatre réunions par an.

Le bureau des marguilliers est composé du curé et de 3 membres.

La question qui se pose actuellement est de savoir si l’on va maintenir l’actuel système de financement du clergé ou instituer un impôt philosophique que chacun pourrait dédier à un culte, à la laïcité ou à une œuvre humanitaire.

Un autre projet de réforme : il est question de fusion des fabriques (comme celle des communes. Dans ce cas, le secrétaire du conseil pourrait être payé par l’État.

Et le diaconat ?

Le conseil de fabrique finance notamment les dépenses liées au culte : électricité, chauffage, bougies, ornements liturgiques.... À ce titre, il peut financer l’achat de l’aube, de l’étole d’un diacre.

Sur le chemin de la canonisation

Le procès en béatification de Jean-Paul II remet à l’ordre du jour le processus de canonisation. De quoi s’agit-il ?

Essentiellement, il s’agit pour l’Église de proposer en exemple un de ses membres défunts (un Serviteur de Dieu) et d’autoriser en conséquence un culte public à son égard. Ceci se traduira par l’attribution d’un jour de fête au calendrier.

En réalité, après l’enquête diocésaine,le processus comprend deux étapes : la béatification d’abord, et ensuite la canonisation.  Avec la possibilité d’exposer des reliques ou des images dans les lieux de culte.

Pour aboutir à une béatification ou une canonisation, deux ordres de faits doivent être prouvés :

- le rayonnement spirituel du candidat saint après sa mort : celui-ci montre qu’il participe à la sainteté de Dieu et que son exemple est accessible et bienfaisant pour le peuple chrétien.

- son martyre ou ses vertus chrétiennes. Le martyre, c’est-à-dire la mort subie par fidélité à la foi, est le témoignage suprême du chrétien. Il fait du candidat un exemple, même si le reste de sa vie n’a pas été exemplaire. À défaut, les vertus chrétiennes démontrent la foi vivante et montrent que la sainteté n’est pas inaccessible à l’homme.

L’enquête diocésaine

Si un chrétien est estimé être décédé «en odeur de sainteté», il appartient à l’évêque de son diocèse (ou au Supérieur général de sa congrégation s’il est religieux) de lancer une enquête sur la vie, les vertus ou le martyre, les miracles présumés du «serviteur de Dieu» en question. Une requête pour que cette enquête soit entreprise peut émaner de n’importe qui : un groupe de fidèles ou de l’évêque diocésain ou encore du supérieur de la congrégation du «candidat». Il faut toutefois que celui-ci soit décédé depuis au moins 5 ans, question de disposer d’un peu de recul. Le délai a été ramené exceptionnellement à deux ans pour Jean-

La béatification

Paul II.

Cette enquête sera menée par le «postulateur» de la cause, nommé par l’Évêque ou le Supérieur général. Ce postulateur peut être n’importe quel membre du peuple de Dieu ou une association de fidèles reconnue par la hiérarchie, à condition d’être compétent en théologie, droit canon ou histoire... et de résider à Rome.

Si le «candidat» a laissé des écrits, ceux-ci seront examinés par des théologiens censeurs. Si, dans ces écrits, on ne trouve rien qui soit contraire à la foi et aux bonnes mœurs, l’évêque chargera alors des personnes compétentes de rechercher les autres écrits inédits (lettres, journal intime, etc.).

Si, arrivé à ce point, l’évêque juge en toute prudence que l’on peut passer à la suite des opérations, il donnera le feu vert à la constitution d’un tribunal qui entendra les témoins produits par le postulateur ou convoqués d’office. Une fois terminées les enquêtes, une copie de tous les rapports et les livres du serviteur de Dieu sont envoyés à Rome à la Congrégation pour les Causes des saints.

Le postulateur, résidant dans la Ville Éternelle, suit alors la préparation de la «Positio», un résumé de la documentation reçue, lequel prouve l’héroïcité des vertus du serviteur de Dieu. La «Positio» est examinée par neuf théologiens qui votent ensuite. Si le vote est positif, la cause est alors examinée par les cardinaux et évêques, membres de la Congrégation pour les Causes des saints. Si leur vote est favorable, le résultat des travaux est soumis au pape qui promulgue un décret qui déclare le serviteur de Dieu «Vénérable». C’est à ce stade que nous en sommes pour Jean-Paul

II. À ce moment, la voie est ouverte pour la béatification.

Pour obtenir la béatification, un miracle attribué au serviteur de Dieu (après sa mort) doit être reconnu. Le miracle en question est établi suite à une enquête canonique semblable à celle pour la reconnaissance de l’héroïcité des vertus. Si le miracle est reconnu (dans ce cas, celui de Soeur Marie-Simon-Pierre), le pape alors promulgue le décret de béatification qui autorise le culte du bienheureux, mais limité à un certain territoire (souvent : son diocèse) ou au cadre de sa famille religieuse. Le serviteur de Dieu obtient ainsi le titre de «bienheureux».

La canonisation

Ce qui distingue béatification et canonisation, c’est le degré d’extension du culte public. Dans le premier cas, il est limité : seulement là où le Saint-Siège le prévoit.  La canonisation étendra ce culte à l’Église universelle. Celle-ci est une sentence définitive et irréformable concernant la sainteté de la personne qui touche au dogme de l’infaillibilité pontificale.

Après sa béatification, pour obtenir la canonisation, un nouveau miracle attribué au bienheureux est requis. La procédure suivie est la même que pour la béatification. Ce nouveau miracle authentifié, la canonisation est proclamée par le pape (le bienheureux a désormais droit au titre de «saint»). Elle autorise et même recommande le culte du saint dans l’Église universelle.

Chacun peut le constater, lorsqu’elle canonise quelqu’un, l’Église ne le fait pas à la légère. On l’a vu : même si la procédure a été allégée, c’est suite à des enquêtes approfondies que le serviteur de Dieu est autorisé à accéder aux autels. La plupart des théologiens estiment qu’une canonisation est couverte par l’infaillibilité pontificale.

Jadis, béatification et canonisation avaient lieu bien longtemps (parfois plusieurs siècles) après le décès du saint. Aujourd’hui, la procédure a été simplifiée et accélérée : elle peut débuter cinq ans après son décès. Cependant, on peut regretter qu’en précipitant trop la procédure, des soupçons s’élèvent quant à la manière dont le procès a été mené ou qu’il ait laissé dans l’ombre des éléments défavorables à la cause du candidat.

Jacques DESSAUCY

Carrefours et perspectives

Tous ceux qui travaillent un tant soit peu sur le chantier que nous confie le Christ sentent bien le vent qui souffle sur les chemins qui se croisent, vent âpre de la fin de mars mais vent sur des routes génératrices d’inattendu. Tous ensemble, il nous faut retourner à l’école de la lecture des signes des temps : route qui conduit à l’hôpital ou à la demeure du malade que nous allons visiter, route d’où va partir en trompe le pompier appelé d’urgence (n’est-ce pas, Vincent ?), l’école, la route de nos quartiers, de nos rues.

Les rues de nos villages et de nos villes sont des nefs d’église confiées d’une façon particulière aux diacres que nous sommes ou nous serons. Nefs de vie, parfois trépidante où s’échangent les nouvelles : un ami prêtre va partir dans une autre région et laisse derrière lui, là où il a été le pasteur, des questions et des perspectives pastorales à construire. Ailleurs, un jeune vient de mourir et sa famille attend une présence d’Église qu’ils souhaitent silencieuse et pacifiante, temps fort du service de la Parole, car il faut aider les proches à trouver une tonalité pascale pour une célébration qui ouvre à l’espérance. Écoles, jeunes adultes rentrant fatigués de leur travail. Quelque part dans leur vie, ils nous demandent de les rejoindre.

Tout cela est-il au-dessus de nos forces ? Non, si nous acceptons de nous arrêter pour entendre de l’intérieur Celui qui connaissait si bien la route depuis Sa naissance.

Jean NICOLAS

Calendrier

Marche des vocations

Rappelons cette marche qui se déroule cette année dans notre diocèse. Elle aura lieu le 1er mai. Elle partira de Lavaux-Sainte-Anne pour se clôturer à Beauraing.

Assemblée générale

Notre assemblée générale annuelle se tiendra le samedi 23 juin à Waha.

En matinée, nous entendrons un exposé de l’abbé Dominique Jacquemin, aumônier à Mont Godinne sur le thème : Éthique, médecine et salut..

Rencontre des diacres français

Le Comité National du Diaconat (CND) français organise à Chartres, du 13 au 15 juillet 2007, une rencontre sur le thème : Le diacre, partenaire des autres acteurs de la mission de l’Église.

Renseignements : secretariat.cnd@wanadoo.fr

Retraite annuelle

La retraite annuelle des diacres se déroulera à Orval, du 23 au 26 août 2007. Elle sera animée par le Frère Benoît-Joseph Samain.

Le thème : Vivre en liturgie avec Guerric d’Igny (né vers 1080 - mort en 1157).

La famille cistercienne fête cette année le 850è anniversaire de l’une de ses plus belles figures en la personne de GUERRIC de Tournai (un “belge” donc, largement méconnu), devenu disciple de saint Bernard à Clairvaux, puis abbé du monastère d’Igny (près de Reims) de 1138 à sa mort en 1157.

Il nous a laissé une œuvre : une année liturgique formée de 54 sermons consacrés aux diverses fêtes de l’année.

Nous lirons ensemble des pages choisies, qui nous aideront à entrer dans sa sensibilité liturgique toute centrée sur la croissance en nous du Christ.

Notre méthode, une forme de lectio divina : lire des textes, les proposer à méditer en donnant son attention aux mots, aux images, à leurs harmoniques bibliques. Entrer dans l’intimité du texte pour entrer dans l’intimité du Christ.

“Du dedans des mots, recueillez l’esprit” dit Guerric.

Petite  nouvelle

A travers le monde, le nombre de diacres ne cesse de s’accroître. Certains diocèses, comme celui de Chicago, compte plus de diacres actifs (632) que de prêtres diocésains actifs (551).

Le foyer d’Éric Monticolo a accueilli son dixième enfant : la petite Louange.

Un soi-disant conseil diaconal avait été prévu le 12 avril à Waha. Jules Solot fut guidé vers l’église du village où l’attendaient les membres du conseil et les épouses des diacres. C’était certes la Saint Jules, mais il s’agissait surtout de fêter le 20 ans de Jules comme responsable du diaconat.

Ensuite, tous se sont retrouvés au restaurant La Gloriette à Marche pour fêter l’événement par un succulent repas.

Créationnisme contre Évolutionnisme

Avant les vacances de Pâques, nous avons accueilli un groupe d’étudiants new-yorkais avec qui notre école de Barvaux entretient des relations épistolaires.

Lors d’une leçon, avec les rhétoriciens belges, nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec ces correspondants de par-delà l’Atlantique. Le dialogue était d’autant plus facile qu’ils ont choisi chez eux l’option « français ». Dans ce groupe : des juifs, des catholiques, des épiscopaliens (anglicans des Etats-Unis), des protestants. Tous aussi pratiquants que nos jeunes. Mais New York, ce n’est pas toute l’Amérique : en effet, en discutant sur la religion chez nous et chez eux, ils ont souligné l’énorme lobby que constituent les groupes religieux dans la vie politique, économique et sociale. C’est surtout dans les états du centre que l’on retrouve le plus cette présence envahissante de fondamentalistes de tous genres.

Pour une fois, j’ai pu entendre de mes propres oreilles que le débat créationniste – évolutionniste animait bien les esprits et, que ne sont pas rares, les professeurs de sciences qui veulent enseigner l’origine de l’univers avec la Bible comme livre de sciences. Certains apprennent aux jeunes que la terre est plate : un comble dans un pays où l’on envoie des satellites autour de la terre.

Je me trompe peut-être mais ce genre de débat n’a pas cette virulence dans notre vieille Europe. Personnellement, je n’ai jamais rencontré de créationnistes catholiques purs et durs.

Ceux-ci affirment que Dieu a créé le monde il y a presque 6000 ans (5768 ans exactement) tel que décrit dans la Genèse. Les fossiles des dinosaures auraient été placés par le Créateur lui-même. Ces adeptes de la Création (que l’on retrouve également dans une frange de l’Islam et dans le judaïsme le plus religieux), estiment que l’homme ne peut pas être le fruit d’un hasard, d’une évolution comme Darwin l’a découvert.

Aujourd’hui, certains développent la thématique très actuelle – et contestée – du « Dessein intelligent ». Cette théorie, issue de certains milieux scientifiques américains, laisse entendre que la théorie de l’évolution contiendrait, en germe, les traces d’une évolution dirigée. Elle contredit ainsi la place du hasard comme moteur préliminaire aux phénomènes de sélection naturelle, décrits par la théorie darwinienne [1].

Lors d’un colloque de théologien qui s’est tenu en Autriche et dont les actes[2] viennent de paraître, notre pape Benoît XVI a cherché à redonner une place cohérente à une théologie de la création qui sache dialoguer avec la science. Le pape souligne aussi la violence présente dans le monde de la nature, qui invite les chrétiens à se garder d’une vision simpliste de la théorie de l’évolution. Benoît XVI, filant la métaphore darwinienne, rappelle que la mort et la résurrection du Christ constituent, aux yeux des chrétiens, l’ultime «saut évolutif»[3].

Il revient aux diacres, ministres de la Parole de se situer dans ce débat et de se dire que il ne faut pas choisir la Bible OU la science mais que le chrétien a la Bible pour explique le « pourquoi » ET la science qui éclaire le « comment ».

Jacques DELCOURT
diacre, professeur de religion

[1] La Croix 12/4/07

[2] Schöpfung und Evolution. Eine Tagung mit Papst Benedikt XVI in Castel Gandolfo. Préface du cardinal Christoph Schönborn. Sankt Ulrich Verlag, 2007, 161 p.

[3] La Croix 12/4/07

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