Accueil Retour à la page diaconamur papier.

Diaconamur

N° 48                                                                    Janvier 2007

Qu’on oublie pas la diaconie !

Bonne année aux diacres et à leur famille ! Bonne année aux candidats et à leur famille ! Bonne année à tous ceux et celles qui ont la chance de collaborer avec les diacres dans les mouvements, dans les milieux professionnels, dans les paroisses ! Bonne année aussi à tous ceux et celles qui sont engagés dans la diaconie de l'Eglise.

Tu as dit "diaconie" ?

En tant que curé de paroisse, je me rends compte que la place prise par les célébrations (notamment celle des sacrements) est énorme. D'autant plus si l'on cherche à préparer ces temps forts avec les gens et si l'on est attentif au suivi. Par ailleurs, aujourd'hui, dans l'Eglise de Belgique, s'ouvre un autre chantier, celui de la catéchèse dans tous ses états. Chantier ô combien important lui aussi. Et la diaconie ? Elle risque de passer à la trappe ! Alors, je rêve que dans chaque secteur pastoral existe un groupe de la diaconie, à côté des groupes de caté et des groupes liturgiques.

Un groupe de la diaconie pour quoi faire ?

Pour éviter l'isolement : des paroissiens expriment parfois leur désarroi face aux dérives d'une société qui engendre une misère grandissante et ils se sentent démunis et impuissants. Mais si deux ou trois se réunissent, ne sont-ils pas plus forts et plus habiles pour trouver des actions à mener là où l'on vit, des mouvements à rejoindre qui travaillent à un changement de société ?


Pour confirmer l'engagement des baptisés dans les rouages de la société : n'a-t-on pas intérêt à écouter ce que les gens vivent dans leur milieu, à  comprendre ce qui s'y passe, à les aider lorsqu'ils assument des choix risqués ?

Pour rappeler aux paroissiens pratiquants de la messe que la vie évangélique dépasse les frontières du culte. Sans doute le prêtre, dans l'homélie, rappelle-t-il souvent la place de l'engagement mais si c'est un groupe qui porte cette dimension de la foi, l'impact n'en sera que plus fort.

Pour découvrir ce que d'autres (qui ne partagent pas la foi chrétienne) font de beau et de bien tant dans des groupes qu'au niveau institutionnel… Le découvrir et s'en réjouir.

Pour fédérer des initiatives souvent dispersées : quelle chance si des membres de la Conférence de Saint-Vincent de Paul rencontrent Vie Féminine , l'ACRF ou des représentants du CPAS ! Quelle chance si les visiteurs de malades rencontrent un service de soins à domicile !

Pour enraciner la diaconie dans l'écoute de la Parole de Dieu et la prière : il s'agit bien d'exercer la diaconie au Nom du Serviteur de Dieu, pour que grandisse le Royaume.

Notre diocèse semble s'orienter vers un réajustement de l'habit paroissial. Et si c'était l'occasion de réserver explicitement dans l'organigramme des paroisses une place à la diaconie ! N'y a-t-il pas là, à côté d'autres lieux, un chantier intéressant pour un ministère diaconal ? Ne serait-ce pas aussi un lieu à partir duquel pourraient surgir de nouvelles vocations diaconales ?

Diaconalement vôtre

Jules SOLOT

Diaconamur électronique

A côté de ce numéro de Diaconamur, il existe maintenant un complément électronique : un site web Diaconamur

www.diacresnamur.net

Voilà quelques semaines qu’il se prépare, se pomponne, se réfléchit, se mature pour se présenter à vous aujourd’hui.

Pour l’équipe de rédaction du bulletin des diacres permanents, il est un outil complémentaire qui répond à l’évolution du monde de la communication d’aujourd’hui.

Comme indiqué à l’orée du site, ces quelques pages (électroniques) n'ont que la prétention

9 de créer des liens entre diacres du diocèse de Namur ;

9 de donner un outil de communication au sein de cette communauté diaconale ;

9 d'expliquer aux visiteurs, qui ne connaissent pas le diaconat, ce qu'est ce ministère à travers le vécu des diacres namurois ;

9 de partager avec des diacres de partout...

Concrètement, vous y trouverez :

9 un agenda des activités concernant le monde du diaconat ;

9 des petits reportages sur ce que vit la communauté diaconale de Namur. Un des intérêts du site, ce sont les photos qui illustrent ces comptes rendus ;

9 des documents qui peuvent constituer une sorte de bibliothèque pour les uns et les autres…

9 et tant d’autres choses que vous découvrirez en parcourant le site.

Ne craignez pas d’apporter vos suggestions, remarques et propositions concrètes en écrivant à diacres@diacresnamur.net

Jacques DELCOURT, route de Durbuy 40 - 6940 BARVAUX

F 086 32 17 28 et 0477 18 24 63

La Journée de Gentinnes

Le 7 octobre s’est tenue au Mémorial Kongolo à Gentinnes, une Journée de réflexion organisée par la Commission Interdiocésaine du diaconat permanent sur le thème L’interpellation : Qui ? Comment ? En présence de Mgr Léonard, y participaient des diacres et candidats ainsi que leurs épouses, des prêtres.

L’essentiel de la Journée a consisté en interventions de diacres exerçant leur ministère dans trois milieux différents : monde des prisons, monde de la santé et monde des médias.

Le monde des prisons

«J’étais en prison et vous êtes venus à moi.» (Mt 25, 36)

«Aller en prison !» voici une mission superbement diaconale…

En tant qu’aumônier ou visiteur, il y a là une place pour une diaconie particulière, bien décrite avec le cœur et beaucoup d’intelligence par les trois intervenants à Gentinnes (Mme Mordant, MM. Ruelle et Pirotte), une diaconie très évangélique et parfaitement sacrement du Christ serviteur des plus pauvres, des plus rejetés.

Impossible de relater ici en un texte continu la teneur des témoignages tant l’émotion était présente. Glanons de-ci de-là, des extraits significatifs, interpellants qui pourraient peut-être inciter certains à franchir le pas, ou mieux, franchir la porte (de la prison).

/ La vie avec les prisonniers : une passion, une vie amoureuse …

/ Il est bon de se savoir aimé de Dieu pour aimer (tant pour le prisonnier que pour le diacre).


/ Que fait le diacre en prison ? Il écoute. Il partage avec la «racaille» à qui il montre que Dieu pardonne et aime. Il n’est pas qu’à la chapelle, il accompagne dans bien des domaines concrets, notamment après sa sotie de prison.

/ Importance du savoir ÊTRE : être celui qui est le signe de l’amour dont Dieu est la source ; être celui qui signifie que Dieu est le Père de tous, que l’amour ne peut se vivre seul, qu’aimer Dieu, c’est aimer son prochain (de tous, sans exclusive).

/ Le diacre est aussi à la chapelle pour les sacrements qu’il peut célébrer : baptême et mariage.

/ Il applique le règlement mais il le fait en étant dynamisé par sa foi.

/ Tout l’être, toutes les actions de l’aumônier sont marqués par la PRIÈRE.

/ L’aumônier entre dans toutes les cellules, même celles des «pires», et sa venue est une fête qui se vit parfois autour d’un repas préparé par le prisonnier.

/ L’aumônier est objet de scandale : sa visite interpelle, choque certains (les gardiens, le monde extérieur) et pourtant, il ne fait «que» ce que demande Jésus.

/ Il ouvre des portes d’espérance, de résurrection (ceci est particulièrement sensible quand quelqu’un arrête une grève de la faim).

/ Il donne un prénom et non pas un numéro (de cellule), il fait ainsi que l’interlocuteur existe, a du prix aux yeux de quelqu’un.

/ Il montre la fidélité de Dieu par sa propre fidélité.

/ Il fait que le « taulard » ne meurt pas comme un chien. Il est parfois le seul à donner une dignité à la mort, au mort, à la famille du défunt.

Dans toutes les missions des diacres permanents, le lavement des pieds prend son sens mais ici ce signe de Jésus atteint une grande profondeur.

Il convient d’avoir beaucoup d’humilité pour se mettre à genoux devant les plus rejetés de la société. Mais si le diacre se fait petit c’est afin que celui qui est servi puisse être grand aux yeux des hommes et aux yeux de Dieu.


La prison terre d’évangélisation, terre d’humanisation.

Le monde de la santé

Pierre Merlin, médecin généraliste et diacre de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles donne son témoignage de la santé. Il commence par préciser qu’il n’est pas un diacre qui est médecin, mais un médecin qui est diacre.

Selon la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, la santé est définie comme un bien-être physique, psychique et social. Et donc la souffrance peut être physique, psychique et sociale. La science met à notre disposition les moyens de la combattre.

Il y a aussi la souffrance spirituelle. Elle peut être le résultat de l’indifférence, du rejet, du manque d’amour. Cela nous renvoie au Christ souffrant. Les remèdes : la prière, la Parole de Dieu.

Il faut dès l’abord renoncer à explique la souffrance. Relire Job.

Dieu est démuni devant le mal. Comme écrivait le professeur Gesché : “Dieu est surpris par le mal”. Il faut accepter le mal, ne pas hésiter à se plaindre devant Dieu, comme le Christ l’a fait sur la croix : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?”

Face à la souffrance, opposer la sérénité : je refuse de me poser des questions.

Dieu appelle et comble les diacres de ses dons.

Être médecin est une vocation. L’appel vient de l’humain. Le médecin chrétien est un témoin de la Vie. Comme le dit Deus caritas est, il est “au service des personnes qui souffrent”.

Jacques Gérardy est infirmier au Cliniques Universitaires de Mont-Godinne et diacre du diocèse de Namur.

Il est coordinateur responsable des 130 volontaires des cliniques, qui se mettent à la disposition des patients.

Le mardi, ils ont un groupe d’évangile avec l’aumônier, des infirmières, etc.


Il faut témoigner comme diacre. Il cite Mgr Sanon, évêque de Bobo-Dioulasso, qui a écrit une sorte de poème : “L’arbre à vocations” :

Où est-il
L’arbre des prêtres ?
Dans quel champ
Trouver l’arbre à religieuses ?
Dans quelle forêt, ces arbres rares
Qui produisent prêtres, religieux et religieuses,
Catéchistes et évangélistes, Mamans et Papas catéchistes ?
L’avez-vous jamais vu ? Jamais rencontré ?

Il insiste sur la visibilité du ministère du diacre. Malgré certaines oppositions, il porte une croix bien visible. L’expérience lui a montré que ce signe le faisait reconnaître par des malades qui, autrement, ne se seraient pas adressés à lui pour parler de choses spirituelles.

Yvon Senger est diacre du diocèse de Liège et aumônier dans un centre psychiatrique.

Du point de vue de la santé, on est dans un état de bien-être ou de mal-être; on a une image de soi qui est bonne ou mauvaise ; le rapport à autrui existe ou n’existe que peu. Il y a aussi un rapport au temps présent effectif ou absent qui joue un rôle crucial.

Du point de vue de la souffrance, dans le centre psychiatrique, on soigne et l’on remet debout.

Le mal, c’est un plaisir un plaisir immédiat qui est suivi d’un cortège de remords. Au contraire, le bien, c’est une souffrance au départ, suivie du bonheur.

L’orateur donne des exemples de malades : le schizophrène, le maniaco-dépressif... Souvent, le patient est assommé par les médicaments.

Il faut aider le patient à refaire sa vie, à aimer d’être aimé. Il faut éviter des expressions du genre “Comment ça va ?”. Lors de la communion, renoncer au “Je ne suis pas digne” pour un “Je suis digne”. Ou dans le Notre Père, évitez  : “Ne nous soumets pas à la tentation”. Suite à la lecture de l’Évangile, dit l’orateur, je les provoque au questionnement.


Avec les gens qui souffrent, on n’apprend pas Dieu, on le rencontre.

“Je ne te pousse nulle part, dit Dieu, je t’accompagne partout.”

Le monde des médias

Luc TIELEMANS : Webmaster du site catho.be + RTCB + Cathobel

Les médias, un défi pour l’Eglise !

L’Eglise ne doit pas seulement utiliser les médias pour y diffuser l’Evangile, mais elle doit soutenir  des acteurs chrétiens au cœur de tous les médias, à tous les postes possibles.

Elle doit aussi veiller à utiliser un langage accessible, actuel, compréhensible par tous.

Le défi est important car les médias guident et inspirent tout le monde aujourd’hui ; ils forment les personnalités, les consciences, la culture de l’homme actuel. À cause de cela nous pouvons discerner l’enjeu éthique : les médias doivent donc rapporter les événements de façon précise et véridique, donner une voix à tous, souligner ce qui se fait de beau et de bien.

Pour ce faire, nous comprenons l’importance d’une présence chrétienne, pour apporter une parole d’espérance et de libération dans la vie du monde, pour unifier l’humanité en en faisant un “village global”dans une réelle fraternité ; pour promouvoir la justice, la solidarité et la paix. Dans la course à la surinformation, l’Eglise a une parole à apporter.

Le Web est semblable à une place de village » sur laquelle l’Eglise doit tenir sa place.

La vie de prière est aussi nécessaire pour survivre dans ce monde des médias ; elle apporte sérénité et force pour affronter les situations. Elle permet d’aborder tout événement, toute personne avec le regard de Dieu. Elle donne d’être ferme et aide à réagir devant les injustices. Elle invite à la compassion. Il est important de se recevoir d’un Autre qui nous a confié notre mission.

Enfin, il est essentiel de se tenir au courant des évolutions techniques pour les mettre au service de tous.

Jacques DESSAUCY : Membre fondateur de Télépro, journaliste indépendant.

Se rendre compte que, dans les médias, il ne s’agit plus d’une relation de personne à personne(s) mais d’une relation à une masse anonyme.

Les médias sont un enjeu essentiel pour l’Eglise, les chrétiens, donc pour les diacres. Il faut interpeller dans et pour le monde des médias.

Presse : Pas seulement les grands quotidiens, mais toutes les publications  innombrables ! pas seulement des chrétiens reporters-vedettes, ou éditorialistes…mais tous les autres : ceux qui choisissent les sujets traités, les rédacteurs des rubriques des « chiens écrasés », les chroniqueurs, les photographes, les caricaturistes…

Radio : ce sont les mêmes sujets que pour la presse, avec en sus le divertissement (le monde de la chanson). Là aussi de nombreux acteurs qui peuvent exercer une influence sur la valeur des programmations.

Y ajouter le cinéma, les romans, la B.D… où, dans la fiction, les mêmes influences pourraient être exercées.

Sain délassement ou abaissement moral ?

La télévision : cumule tout cela

Internet également, à l’échelle vraiment mondiale.

On devrait pouvoir faire la différence entre les médias chrétiens et les autres.

Soulignons cependant le rôle à jouer dans les médias non chrétiens : influence sur le contenu des programmes, évangélisation implicite. (Cfr : l’histoire du Bon Samaritain)

Conclusion : les médias, de multiples champs dans lesquels les communautés chrétiennes peuvent repérer d’éventuelles vocations diaconales.


Jérôme DUPREZ : diacre français, directeur chez Bayard pour la région de Lille.

Il y a deux types de médias : les chrétiens, les catholiques et les non-chrétiens.Les médias publics ne regarderont plus chez les chrétiens s’il n’existe plus de médias cathos car ils se « pigent » l’un l’autre. Les médias qui réfléchissent même si ils ne pensent pas comme nous, seront solidaires de ceux qui pensent «de l’autre côté».

Qui appeler pour les médias ?

Je visite ± 150 paroisses par an. Je distinguerais trois qualités pour un candidat diacre :

      1) des hommes persuadés que les petites choses de la vie quotidienne sont porteuses de beauté et appelées à être grandes aux yeux de Dieu ;

      2) des hommes courageux, prêts parfois à réagir à contre courant ;

      3) des hommes ? non de ceux de la sacristie mais des hommes du forum, de la place publique, persuadés qu’en tout homme, Dieu a déposé une graine de foi à faire grandir.

Critères :

      - l’âge : pour rejoindre le seuil, des 20-50 ans ;

- 6-8 ans de mariage, jeunes parents (si plus vieux, moins disponibles) ;

- Caractère ouvert sur les autres, ouvert au travail en équipe ;

- Repérer un candidat parmi les quelques jeunes qui restent dans nos églises, quelle que soit sa profession mais qu’il ait le « beau » regard ; il pourra se faire aider par des spécialistes ;

- Des hommes simples, qui serrent les mains, qui écoutent, sourient, encouragent... Appeler des chrétiens fervents qui réussissent dans leur profession en toute simplicité.

      Adapter, avancer avec ce qui existe. Appeler large…

      Accompagner les malades

      Belle convergence que celle qui peut se profiler entre l’exposé de la théologienne Jacqueline Sauté, visiteuse de malades, et la mission diaconale. Certes le public qu’elle a rassemblé n’était pas composé exclusivement de diacres mais que de profondeur dans ses propos dont nous pouvons profiter. Jugez vous-mêmes, je me glisse un peu dans ses réflexions.

      Visiter des malades signifie en fait les accompagner, c’est-à-dire marcher avec eux pour partager le pain de souffrance, de solitude, de révolte ou de paix qu’ils nous proposent. Pain de douleur souvent. Mais aussi quelque part, parfois de façon diffuse, espérance de vie. Il n’y a pas à la question de la souffrance une réponse aussi facile que deux fois deux font quatre.

      Mais il y a l’exemple que donne le Christ lui-même quand il accompagne les découragés comme ces hommes qui sont sur le chemin d’Emmaüs. Il s’agit bien de deux personnes découragées qui tournent le dos à Jérusalem. Le Christ les rejoint, marche avec eux, dans le même sens, à leur rythme. Il commence par les laisser dire. Il ne plaque pas une théorie religieuse, il ouvre la porte à un échange où ils peuvent exprimer leurs peurs, leurs révoltes, peut-être leur agressivité et leur colère. Dieu n’est pas la cible de cette colère, il est Celui à qui elle peut être dite. Et elle doit être écoutée. Ceci, dans nos rencontres, prend du temps,  car chaque malade est unique.

      Jésus en arrive à poser la question avec discrétion : qu’est-ce qui ne va pas ? Nous aussi nous sommes là pour entendre ce que l’autre veut bien dire et certainement pas pour devenir la gazette du village. Tout cela demande patience et finesse d’âme. L’autre peut relire sa vie, son handicap, sa maladie, sa solitude. Il dit l’image qu’il a de lui-même ou il se tait. Il n’a pas besoin de nos conseils, il a besoin de notre présence.

      Les malades que nous visitons sont sur le chemin d’Emmaüs. Ils attendent que nous nous mettions à la hauteur de leur vie. (Ah, ces visiteurs debout devant des malades alités !). Le moment vient peut-être alors de laisser notre mais main sous la leur afin que le cœur de nos chers malades puisse prendre son envol.


      Sachons aussi rester en silence, être ainsi le signe discret du Christ qui ne s’impose jamais. Si tu veux... Ce Christ qui nous envoie sur ces chemins de traverse. Notre Père y trouve des hommes et des femmes uniques où tout son amour s’exprime.


Jean NICOLAS

      Témoignage

L’expérience particulière qui m’a été donnée à vivre récemment à l’hôpital m’a amené à réfléchir longuement sur la problématique  de la souffrance, de la mort, du suicide, du sens de la vie, de la vieillesse, de l’euthanasie, et même de l’alcoolisme, de la drogue, de couples séparés qui se disputent les enfants, des enfants placés par le juge, de parents perdus face au devenir de leur enfant… Pendant  ces « 40 jours » d’hospitalisation,  on m’en a confié des misères !

Quand on prie, l’Esprit vous rend attentif, on entend, on est à l’écoute de ce qui se passe à côté de vous. J’ai entendu un voisin de chambre marmonner une bonne partie des nuits : « Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça ? ».

La souffrance est-elle une fatalité, une punition divine ?

Un autre voisin de chambre, Monsieur P. (84 ans), lui, lit sa Bible du matin au soir et est persuadé de la bonté de Dieu, il se sait sauvé !

Ce vieil homme n’a plus mis les pieds dans une église depuis l’âge de 12 ans, suite à l’intervention maladroite d’un sacristain l’ayant attrapé par l’oreille et  jeté dehors de la cathédrale de Tournai. Il était occupé de confier à Dieu sa détresse. Enfant battu et crevant de faim, il s’est senti traité avec le même mépris par l’Eglise.

      Depuis ma rencontre avec ce monsieur, j’ai avec lui de nombreux contacts téléphoniques. Il me demande de lui expliquer la Bible, une expérience super diaconale.


      Dans la vie, on est un jour ou l’autre confronté à la mort, à la souffrance.  Il y a 20 ans déjà, on nous annonçait la mort prochaine de maman, un cancer du foie et du pancréas. Maman nous demanda de prier. Cette demande fut pour mon épouse et moi ce qui provoqua notre conversion et notre découverte de l’Eglise. Nous avons reçu les sacrements de l’eucharistie et de la confirmation par Monseigneur Mathen à Namur ainsi que le sacrement du mariage huit jours plus tard à Beauraing. Ce temps d’épreuve fut pour nous rempli de grâces et de bénédictions. Mais pour nos proches, nos parents, nos frères et sœurs, ils vécurent ce temps dans l’incompréhension  totale de ce que nous vivions.

Pourquoi avons-nous vécu cette conversion, alors que notre famille a plutôt rejeté Dieu et l’Eglise ?  Telle est  ma question.

Eric Monticolo

Du vécu !  Humour !

      Beau séjour au centre hospitalier régional du Vqsal de Sambre à Auvelais,

Au 2 B on était bien !

Télévision jusque 1 h du matin. Des visiteurs, mon voisin en avait tout le temps, parfois jusque 23 h. C’était quand Monsieur C.  (24 ans), a regardé avec ses potes ce match de foot, dans notre chambre, en mangeant des frites !

A la mi-temps, on a même eu droit à quelques belles sonneries de GSM…

C’était encore quand ? Ah oui, c’était le lendemain de mon opération. Dommage que mon voisin et moi n’étions pas en état pour entrer dans l’ambiance.

Mon autre voisin (94 ans) aimait beaucoup jouer la nuit avec sa sonde urinaire, son lange et ce qu’il contenait… Mais il a fallu que ça tourne mal, il a arraché le tout et s’est retrouvé aux soins intensifs. Mais son lit (plein de caca), il est resté là ! Avec les odeurs, cela faisait un peu vacance à la ferme.

      Enfin il ne faut pas être médisant : on est quand même venu nettoyer la chambre, le lendemain  matin avant l’arrivée du patient suivant.

En tout cas, il était temps que je rentre, les vacances à l’hôpital… ce n’est pas très reposant !

Eric Monticolo


      Petites nouvelles


      Marche des Vocations

Cette année, la Marche des Vocations aura lieu dans notre diocèse. Le 1er mai, elle partira de Lavaux-Sainte-Anne pour se clôturer à Beauraing.

      Retraite annuelle

La retraite annuelle des diacres du diocèse de Namur se tiendra du 23 au 26 août 2007 à Orval.   Des précisions suivront concernant le thème et le prédicateur.

Pour l’année 2008, le conseil diaconal envisage de tenir la retraite à l’abbaye de Clairvaux (Grand-Duché). Lieu et dates à confirmer.

      Récollection de Carême

      La récollection de carême aura lieu le 10 mars.

      Les indications précises vous parviendront ultérieurement.

      Les Catholiques dans le monde

      ! En 1900, il y avait 459 millions de Catholiques dans le monde dont 392 millions vivaient en Europe et en Amérique.

      ! En l’an 2000, on comptait 1,1 milliard de Catholiques dont seulement 380 millions en Europe et en Amérique du Nord, et le reste - 720 millions dans le Tiers Monde.

      ! L’Afrique qui ne comptait que 1,9 million de Catholiques en 1900 en avait 130 millions en 2000, soit un accroissement de 7.000 % !

DIACOMAMUR

N° 48 - Janvier 2007